ARGIOLAS Paul, Joseph

Par Claude Pennetier

Né le 7 juin 1922 à Marseille (Bouches-du-Rhône)), mort en novembre 2016 ; docker puis journaliste ; militant communiste des Bouches-du-Rhône puis du Var ; secrétaire de la fédération communiste du Var.

Paul Argiolas en 1944
Paul Argiolas en 1944

Fils d’un ouvrier du BTP, communiste, originaire de Sardaigne (Angelo Argiolas), arrivé en France en 1920, militant communiste, et d’une mère sans profession, également Sarde et également communiste, Frère aîné de Jean-Marie Argiolas et de Pascaline Argiolas (employée de de bureau, militante de l’UJRF), Paul Argiolas fit des études jusqu’au niveau du brevet élémentaire. Il avait un frère docker et une sœur employée de bureau. Il travailla comme chanfreineur, riveur, métallurgiste, grutier, employé et docker aux chantiers navals de Port-de-Bouc. Il se maria le 23 juillet 1949 à Port-de-Bouc. Le couple eut deux enfants.

Argiolas adhéra à la CGT en avril 1937. Son domicile fut perquisitionné en 1940, et il fut accusé de propos défaitistes, ce qui ne l’empêcha pas de rejoindre les Jeunesses communistes et le Parti communiste en novembre 1943. Il milita sous le pseudonyme de « Jacques ». Nommé « polo » (politique) de cellule, membre d’un triangle de section, il distribua des tracts, diffusa la presse clandestine et fit des inscriptions murales. En 1944, on lui demanda de participer au tirage du matériel de propagande à son domicile. Responsable syndical au triangle de direction de Port-de-Bouc, il participa à l’organisation d’une grève des métallurgistes le 25 mai 1944. Il eut des responsabilités aux FUJP (Front uni de la jeunesse patriote) comme chef de trentaine. Pour son action de résistant, il obtint un diplôme décerné par le comité militaire national des Francs tireurs et partisans français, signé par Charles Tillon, ayant droit ainsi « à la reconnaissance de la patrie libérée ». Engagé volontaire le 1er septembre 1944, il obtint le grade de sergent avant d’être démobilisé le 22 décembre 1945.

En 1947, un responsable politique notait : « Bon travail dans la clandestinité. Éducation politique assez poussée. Bon travail au sein du Parti, responsable de l’UJRF (Union des jeunesses républicaines françaises). Peut devenir un cadre de notre Parti. » Le Parti communiste français lui fit suivre une école centrale de quatre mois de novembre 1948 à mars 1949, expérience difficile en raison de son faible bagage théorique de départ et de sa faible expérience.

Paul Argiolas devint rédacteur en chef de La Marseillaise dans les années 1950 puis fut le directeur du Petit Varois de 1956 à 1966. Pendant cette période, Il fut en tant que journaliste interdit de séjour en Algérie, et dut faire face à Toulon aux menaces de l’OAS.

Paul Argiolas fit l’essentiel de sa carrière politique dans le Var, comme membre du bureau fédéral (1957-1982) et secrétaire fédéral à la propagande (1965-1976). Il siégea au bureau fédéral jusqu’en 1982 et fut membre de la commission fédérale de contrôle financier jusqu¹en 1990. Il dirigea et organisa des écoles fédérales du PCF dans les années 1970 et fut candidat du PCF aux élections cantonales de 1973 à Toulon.

Il fut notamment un des organisateurs, dans les années 1960, des fêtes de la fédération à la “Terre promise“ à Toulon puis à Fabrégas à La Seyne. Il fut un des coordinateurs des actions clandestines du réseau d’exfiltrations des militants communistes grecs au moment du gouvernement des colonels en Grèce (1967-1974) et des missions de communistes français en Grèce à la même époque.

Paul Argiolas était par ailleurs membre du bureau du conseil d’administration d’une coopérative de construction d’HLM, « La Prolétarienne ».

Dans son carnet, l’Humanité des 10-13 novembre 2016 lui rendit hommage.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10205, notice ARGIOLAS Paul, Joseph par Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 3 juillet 2020.

Par Claude Pennetier

Paul Argiolas en 1944
Paul Argiolas en 1944
En 1951
En 1951
En 1973
En 1973
Jean-Marie Argiolas et son frère Paul

SOURCES : Arch. comité national PCF. – Renseignements fournis par l’intéressé transmis par son fils et par Jacques Girault. — Notes de Macco Argiolas.

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