BOUVIER Félix, Henri, Alfred, Désiré [Seine-Maritime]

Par Jean-Jacques Doré

Né le 8 août 1897 à Mée (Mayenne), mort le 21 décembre 1943 à Picauville (Manche) ; ouvrier agricole, cheminot, employé à l’octroi puis livreur ; secrétaire du groupe communiste du Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) en 1922.

Fils d’un domestique, Félix Bouvier, blond aux yeux bleus d’1m59, était ouvrier agricole à Mée lors de sa mobilisation dans l’infanterie le 7 janvier 1916. Fait prisonnier dans l’Aisne le 27 mai 1918, il s’évada le 7 juillet "pour reprendre le combat". Deux fois décoré de la croix de guerre, démobilisé le 26 septembre 1919, il s’installa au Havre où il avait été embauché par la Compagnie des chemins de fer de l’État, il prit aussitôt sa carte au Parti socialiste SFIO (un rapport de police le donnait membre de la commission administrative fédérale - CAF - dès cette époque). Affecté comme nettoyeur au dépôt du Havre le 5 juillet 1920, il succéda à Gustave Lenormand au secrétariat de la section de l’ARAC (association républicaine des anciens combattants) au mois d’août.

Proche d’Henri Pigeon, jeune cheminot comme lui, les deux hommes rejoignirent le syndicat CGT, amputé de ses principaux militants révoqués lors des grèves de mai. Persuadés que l’action révolutionnaire devait se réaliser autrement, ils rejoignirent l’équipe à l’origine de la fondation du Comité syndicaliste révolutionnaire du Havre le 28 décembre 1920. Au lendemain du congrès confédéral de Lyon (septembre 1919), les minoritaires de la CGT, prônant l’adhésion à la IIIe Internationale, organisèrent les CSR dont l’objectif était de conquérir les directions des Unions, Fédérations et syndicats. Début 1921, la direction élue par 60 militants était composée d’Achille Berceron secrétaire, Marcel Coursolle secrétaire adjoint, Louis Prunier trésorier et Henri Masson trésorier adjoint ; le bureau était assisté d’une commission administrative composée de Joseph Perrault, Henri Pigeon, Félix Bouvier, Alphonse Charron et Edmond Dumontier.

Communiste de la première heure en 1921, il résilia son engagement (?) aux chemins de fer de l’État le 5 avril et prit un emploi à l’octroi du Havre. En janvier 1922, il accéda au secrétariat du groupe communiste du Havre et fut renvoyé de l’octroi en mars. Un temps livreur, il participa activement à la grande grève des métallos. Repéré par la police lors de l’échauffourée du 26 août 1922, il fut arrêté le 30.

À nouveau chômeur après sa libération, il quitta Le Havre pour Paris en mai 1923 après avoir été inscrit au carnet B de la Seine-Inférieure le 7 février.

Mobilisé dans l’infanterie en octobre 1939, il fut à nouveau fait prisonnier à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 16 juin 1940, mais était de retour à Paris le 10 décembre 1940.

Félix Bouvier se maria avec Berthe Thomas à Paris (XXe arr.) le 26 juillet 1924 puis le 17 avril 1943 à Montgeron ( Seine, Essonne) avec Lucile Papin. Il habitait 48 rue Héleine au Havre en 1919, 17bis passage Hébrard à Paris (XVIIe arr.) en 1925 puis 6 avenue Ruhlière au Blanc-Mesnil (Seine, Seine-Saint-Denis) dans les années 1930.
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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article102053, notice BOUVIER Félix, Henri, Alfred, Désiré [Seine-Maritime] par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 15 octobre 2022, dernière modification le 4 octobre 2022.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Maritime, 1 MP 285 Radiation du carnet B pour départ, 4 MP 1810 Réunions syndicales au Havre 1919-1925, 2 Z 182 et 2 Z 183 Les CSR. Arch. dép. Mayenne État civil, Matricule militaire.

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