BOYER Irma

Par Claude Pennetier

Professeure à Bourges (Cher), mutée à Arras (Pas-de-Calais) ; syndicaliste ; socialiste puis communiste.

Irma Boyer dont la sœur habitait Nevers, était vraisemblablement originaire de la Nièvre. Elle était membre, avant la guerre 1914-1918, du Parti socialiste, du syndicat des enseignants du Cher, animé par Gaston Beauvois, et enseignait au collège de Bourges.

Pendant le conflit mondial, elle resta internationaliste et au lendemain de la guerre, elle affirma dans des réunions socialistes et syndicalistes des sympathies pour la Révolution russe ; elle militait alors sous le nom de Roberte. Le préfet obtint du ministre son déplacement à Arras en 1919. Les circonstances de cette sanction sont connues par les lettres qu’elle écrivit à Georges Beauvois, conservées dans les archives du syndicat unitaire de l’Enseignement du Cher. Le préfet du Cher l’accusait de vouloir troubler l’ordre public, d’entraîner les militaires à la désobéissance ; « un rôle aussi glorieux pourrait évidemment flatter la vanité d’une femme et ne pas lui faire regretter d’avoir été disgraciée de la nature » écrivit-elle au ministre. Elle pensait qu’il ne s’agissait que d’un prétexte et que le préfet du Cher incriminait surtout son action au sein du Parti socialiste. « Les « sages » du Parti lui ont parlé de moi, écrivait-elle, j’ai de l’influence sur les turbulents. Voici venir les élections, peut-être pourrai-je gêner certaines combinaisons électorales. » Beauvois partageait son point de vue et déclara à l’assemblée générale du syndicat de l’Enseignement du Cher : « il semble bien qu’elle n’a pas été seulement victime du gouvernement bourgeois, mais aussi d’une influence occulte ». I. Boyer pense que « la dénonciation à la Sûreté générale de Paris vient de Laudier ». Le Parti socialiste ne protesta pas contre la sanction prise contre une de ses adhérentes, ni Durand secrétaire de la section de Bourges, ni Guillot secrétaire fédéral ne répondirent à ses lettres. La Bourse du Travail et la Ligue des droits de l’Homme s’élevèrent contre la mutation d’office. [Albert Fedel-23936], président de l’Amicale des professeurs, protesta auprès du ministre. Irma Boyer déçue par les socialistes berruyers « ne désire pas revenir à Bourges ». Elle adhéra au Parti communiste à Arras et fut déléguée au congrès fédéral en 1922. Elle apprenait alors le russe et espérait être envoyée comme enseignante en Russie. Irma Boyer préparait depuis 1922 un livre sur Louise Michel qui fut publié en 1927.

Elle fut secrétaire pédagogique des conférences nationales tenues par L’Université syndicaliste à Marseille le 3 août 1930, à Limoges le 3 août 1931.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article102124, notice BOYER Irma par Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 7 août 2022.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Louise Michel, édition de la jeunesse, 32 pages, l’École émancipée. Saumur, octobre 1927. — La Vierge rouge Louise Michel, préface d’Henri Barbusse. Paris, A. Delpeuch, 1927, 247 pages.

SOURCES : Archives du Syndicat unitaire de l’Enseignement du Cher détenues par G. Beauvais, puis par Philippon C. — Dommanget, Serret, Bernard, Bouet, Le syndicalisme dans l’enseignement, op. cit., t. II. p. 158. — Claude Pennetier, thèse, op. cit.

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