BRAY Alphonse

Par Frédéric Stévenot

Né le 17 mai 1892 à Guise (Aisne) ; mouleur, employé d’usine ; militant CGTU ; militant communiste de l’Aisne ; adjoint au maire de Guise.

Alphonse Louchez naquit au Familistère, où vivait sa mère, Pauline Julie Louchez, ouvrière de fonderie âgée de vingt-et-un ans, née le 11 janvier 1871. Il fut reconnu (« issu d’eux ») et légitimé par le mariage de sa mère avec Alphonse Louis Bray, à Guise le 29 juillet 1893. Celui-ci était un manouvrier âgé de vingt-trois ans, né à Guise, Pauline Julie Louchez était alors sans profession.
Alphonse Bray, employé domicilié à Paris au 7 rue Marie-Stuart ,se maria à Paris (mairie du Xe arr.) le 9 octobre 1920 avec Léa Susanne Lefort. Celle-ci naquit à Reims (Marne) le 22 juin 1895. Fleuriste, elle résidait alors à Paris avec sa mère (également fleuriste), au 208 de la rue Saint-Maur.

Au moment de son recensement militaire, Alphonse Bray était mouleur à Guise, où il résidait. Il fut incorporé le 8 octobre 1913. Le 31 juillet 1914, il fut versé au 161e régiment d’infanterie. Blessé le 25 septembre 1915 dans le secteur de Saint-Hilaire-le-Grand (Marne), Alphonse Bray souffrit d’une plaie au cuir chevelu par éclat d’obus. Il entra au dépôt le 24 novembre suivant, avant de regagner son unité le 4 février 1916. Il fut à nouveau blessé et évacué le 26 mars suivant, dans le secteur de Béthincourt (arrondissement de Verdun, Meuse), encore par un éclat d’obus. La gravité de son état fit qu’il fut proposé pour une pension de retraite de 3e classe par la commission spéciale de réforme du centre des Tourelles, le 3 janvier 1917, pour « amputation de la jambe droite au tiers moyen ». Il eut gain de cause par décret du 22 juin 1917. Il fut maintenu comme réformé définitivement par la commission de réforme de Lille du 4 novembre 1939.
Sa conduite lui valut une citation à l’ordre du régiment (n° 167), le 4 mai 1915 : « est allé le 2 mai chercher un blessé dans une tranchée éboulée et où il n’a pu accéder qu’en rampant en raison de l’intensité du feu ». Il le fut encore le 24 octobre 1915, à l’ordre de la division cette fois (n° 92) : « les 25 et 26 septembre 1915, sur un terrain découvert et soumis à un bombardement violent, a relevé et pansé sous le feu de nombreux blessés et a lui-même été blessé gravement ». Alphonse Bray fut à nouveau cité, à l’ordre du général de l’armée (n° 2729D) : « soldat d’une bravoure et d’un dévouement exemplaire, déjà cité deux fois à l’ordre pour sa belle conduite. A été blessé pour la deuxième fois très grièvement le 26 mars 1916 au cours de l’exécution de travaux de première ligne. Amputé d’une jambe ». Il obtint la croix de guerre avec étoile de bronze, étoile d’argent et palme, ainsi que la médaille militaire (pour prendre rang du 30 mars 1916).

Alphonse Bray revint à Guise après son mariage, à une date inconnue. Demeurant au Familistère, il fut secrétaire du rayon communiste de Guise (rayon n° 3 de l’Aisne), de 1929 à 1932 au moins. Il assurait également le secrétariat de la section ARAC de sa ville. Il était candidat aux élections municipales de 1925, sur la liste du Bloc ouvrier et paysan. Au premier tour, elle avait obtenu 658 suffrages en moyenne, contre 832 pour la « liste fasciste d’union administrative » et 248 pour le bloc des gauches ; aucune n’avait été en mesure de l’emporter. Les candidats ouvriers et paysan avaient obtenu :

  • Panchout Armand, employé révoqué, communiste, 664 voix ;
  • citoyenne Patat, des Femmes communistes, 622 ;
  • Lamart Émile, agent d’assurances, communiste, 691 ;
  • Patat André, ouvrier d’usine, , communiste, 662 ;
  • Dépreux [en réalité : Depreux] Lucien, ouvrier d’usine, communiste, 658 ;
  • Poirette Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Meurant Albert, ouvrier d’usine, communiste, 675 ;
  • Carette Arthur, ouvrier d’usine, sans parti, 665 ;
  • Bourgeois Léon, ouvrier d’usine, communiste, 671 ;
  • Bray Alphonse, employé d’usine, sans parti, 670 ;
  • Bossu Marcel, ouvrier d’usine, communiste, 652 ;
  • Compère Léon, ouvrier d’usine, sans parti, 661 ;
  • Hermann Fernand, cheminot, communiste, 658 ;
  • Roussel Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 654 ;
  • Paquet Émile, ouvrier d’usine, communiste, 657 ;
  • Noé Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 650 ;
  • Lebeau Émile, ouvrier d’usine, communiste, 650 ;
  • Régnier Maurice, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Patte Émile, ouvrier d’usine, communiste, 660 ;
  • Dupont Camille, ouvrier d’usine, sans parti, 652 ;
  • Baclet Clément, ouvrier d’usine, communiste, 656 ;
  • Florentin Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 653 ;
  • Pirot Marcel, menuisier, communiste, 657.

Au second tour, le 10 mai 1925, la liste obtint les résultats suivants, d’une moyenne de 746 voix :

  • Panchout Armand, employé révoqué, communiste, 755 voix ;
  • citoyenne Patat, des Femmes communistes, 690 ;
  • Lamart Émile, agent d’assurances, communiste, 821 ;
  • Patat André, ouvrier d’usine, , communiste, 753 ;
  • Dépreux [en réalité : Depreux] Lucien, ouvrier d’usine, communiste, 754 ;
  • Poirette Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 732 ;
  • Meurant Albert, ouvrier d’usine, communiste, 766 ;
  • Carette Arthur, ouvrier d’usine, sans parti, 756 ;
  • Bourgeois Léon, ouvrier d’usine, communiste, 762 ;
  • Bray Alphonse, employé d’usine, sans parti, 761 ;
  • Bossu Marcel, ouvrier d’usine, communiste, 737 ;
  • Compère Léon, ouvrier d’usine, sans parti, 754 ;
  • Hermann Fernand, cheminot, communiste, 743 ;
  • Roussel Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 735 ;
  • Paquet Émile, ouvrier d’usine, communiste, 751 ;
  • Noé Désiré, ouvrier d’usine, sans parti, 736 ;
  • Lebeau Émile, ouvrier d’usine, communiste, 728 ;
  • Régnier Maurice, ouvrier d’usine, sans parti, 735 ;
  • Patte Émile, ouvrier d’usine, communiste, 746 ;
  • Dupont Camille, ouvrier d’usine, sans parti, 734 ;
  • Baclet Clément, ouvrier d’usine, communiste, 734 ;
  • Florentin Alfred, ouvrier d’usine, sans parti, 741 ;
  • Pirot Marcel, menuisier, communiste, 740.

Cependant, le maintien de la liste du bloc des gauches empêchèrent les communistes d’obtenir des élus. Il leur fallut attendre 1929 pour remporter la mairie.
Alphonse Bray fut alors élu adjoint au maire. (Voir R. Boucher, Alfred Mette, Désiré Talon, Émile Lamart, maire, L. Jacquetin.)

Selon un rapport du préfet au ministère de l’Intérieur (10-12-1930), Alphonse Bray était toujours secrétaire du rayon communiste n° 3 de Guise, qui comptait alors 150 cotisants. Il était en même temps membre du syndicat unitaire des Métaux. Alphonse Bray devint membre du bureau du syndicat après la réunification de décembre 1935. Celui-ci comptait alors 158 adhérents et formait l’Union locale des syndicats CGTU de Guise avec le syndicat du Bâtiment et celui des Employés municipaux depuis le 25 mars 1935. L’UL était affiliée à l’Union régionale dont Alphonse Bray était le trésorier.

Alphonse Bray obtint la médaille d’honneur des ouvriers et employés en juillet-août 1936. Celle de vermeil lui fut décerné un an plus tard, alors qu’il était maçon au Familistère.
L’Écho de l’Aisne , dans son numéro du 9 novembre 1935, indique que dix employés du Familistère remportèrent un million de francs lors du tirage de la 11e tranche de la Loterie nationale : Alfred Mette, Georges Mette, Émilien Abraham, Alphonse Bray, Raymond Larive, Gaston Legrand, Eugène Magnier, Fernand Pennelier, Jean Cornu, ainsi que MM. Poulain et Leroux pour un dixième en commun.

On ignore ce qu’Alphonse Bray devint par la suite, et notamment s’il participa à la Résistance. La recherche d’une éventuelle homologation de ses services et de l’obtention de la médaille de la Résistance est restée vaine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article102261, notice BRAY Alphonse par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 8 avril 2021.

Par Frédéric Stévenot

SOURCE : Arch. Nat. F7/12970, F7/13108, Hirson, 25 avril 1927, F7/13120, F7/13130, rapport du 26 juillet 1932. — Arch. dép. Aisne, 1 M 15, 1 M 23, 11276 ; reg. matr. 1R2/556 (matr. 1714 au bureau de Saint-Quentin). — Journal officiel, 22 mai 1916, p. 4522.. La Voix paysanne, 2 mai 1925, p. 4 ; 9 mai 1925, p. 4 ; 16 mai 1925, p. 4. Le Grand Écho de l’Aisne, n° 1491, 9 nov. 1935, p. 1 ; n° 1561, 1er août 1936, p. 2 ; n° 1669, 25 août 1937, p. 4.— État civil de Guise, 5Mi561, 1892, acte n° 207 ; 5 Mi 1641, acte n° 298. Arch. de Paris, 10M 384, acte n° 2500.

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