ARNAUD Eugène

Par Nicolas Palluau

Né le 19 avril 1905 à Albertville (Savoie), mort le 24 août 1988 à La Gaude (Alpes maritimes) ; ingénieur chimiste ; cadre des Éclaireurs de France.

Le grand-père Antoine Arnaud, républicain, est tué en 1870, lui valant un enterrement célébré par Gambetta et une place du commandant Arnaud à Lyon sur la colline de la Croix-Rousse. Le père, polytechnicien et officier du génie mort au front le 4 juin 1915, avait épousé une barcelonaise qui lui a donné onze enfants dont Eugène est le dernier. Le garçon reçoit une éducation bourgeoise qui mêle le catholicisme de sa mère au patriotisme républicain de la lignée paternelle. Après ses deux baccalauréats, Eugène Arnaud entre à l’École de Chimie de Lyon d’où il sort ingénieur chimiste et travaille à partir de 1929 chez Rhône-Poulenc. Il découvre le scoutisme à vingt-deux ans à Lyon auprès de la famille François, dont il reste proche de leurs deux garçons, Louis et plus encore Pierre. Eugène Arnaud situe le moment décisif de son engagement chez les Éclaireurs de France à partir de sa rencontre avec leur commissaire général André Lefèvre au camp-école de Cappy en 1927. Dans l’équipe lyonnaise du commissaire régional René Waltz, latiniste à l’université, le commissaire de district Arnaud progresse rapidement dans l’appareil de la fédération. Il organise en 1932 le camp-école préparatoire de la Quarantaine, installé sur une île du Rhône près de Valence, accueillant le degré préparatoire de la formation des chefs éclaireurs. Il représente en 1935 les Éclaireurs de France aux obsèques du philosophe Edmond Goblot. En 1936, André Lefèvre lui demande de succéder à Robert Laffitte au poste de commissaire national aux Routiers. Il s’installe à Paris 82, rue Mouffetard dans le Ve arrondissement, dans l’immeuble d’André Lefèvre, près de la Maison pour Tous. Arnaud épouse Marie-Elisabeth Fischbacher, cadre de la Fédération française des Éclaireuses rencontré dans un camp-école. Ils s’installent 15, rue Vineuse dans le XVIe arrondissement. Arnaud organise le premier camp national des Routiers EDF au Lac de Laffrey en août 1938 puis il est chef de délégation au rover-moot de Crieff en Ecosse dans l’été 1939.

Mobilisé en août 1939, Arnaud est prisonnier de guerre en 1940 à l’offlag IVD d’Hoyerswerda en Silésie. Parmi 6 000 prisonniers inoccupés, il s’investit dans l’université du camp, mobilisant les compétences des prisonniers puis dans des activités scoutes, rassemblant 400 cadres à la fin de la guerre. À son retour de captivité en 1943, Eugène Arnaud reprend son activité de commissaire national Route des EDF à Vichy, confié entre-temps par le commissaire général Pierre François à Etienne Peyre. En 1945, père de bientôt cinq enfants, il est nommé commissaire général adjoint des EDF. Il est le chef de camp au jamboree scout mondial de Moisson près de Mantes-la-Jolie dans l’été 1947 qui accueille 40 000 jeunes de tous les continents. Sous la direction du commissaire général Henri Van Effenterre, Eugène Arnaud met en place les services du jamboree. Chouette sympathique accueille le général Koenig qui apporte la logistique militaire au rassemblement et le comte Bernadotte, président de la Croix-Rouge internationale. Il retrouve son poste à Rhône-Poulenc après le Jamboree, d’abord au siège social, puis comme directeur administratif de l’usine de Vitry. Élu au comité directeur des Éclaireurs de France en 1949, Eugène Arnaud est vice-président de 1955 à 1957, puis président de 1957 à 1960, ayant à ses cotés les deux vice-présidents, Jeanne Déjean, proviseur du Lycée de jeunes filles de Saint-Quentin et le recteur d’académie Maurice Bayen. Le scoutisme constitue l’engagement sur lequel il bâti sa vie et ses amitiés. Sous sa présidence, le mouvement, animé par le commissaire général René Duphil, reste marqué par l’essor des camps de vacances pour jeunes apprentis, la question des troupes raiders et la décolonisation des associations scoutes de l’empire. Eugène Arnaud est un des partisans du retrait des EDF de la commission Armée-Jeunesse en septembre 1959. À Bourg-la-Reine où elle habite, la famille Arnaud voisine avec la famille Leclerc, encourageant le jeune Paul-Alain, camarade de jeu des enfants Arnaud et futur Julien Clerc, à rejoindre les EDF dans la troupe Montaigne du Ve arrondissement. La carrière d’Eugène Arnaud se poursuit en 1960 au siège social de Rhone-Poulenc où il prend en charge la formation professionnelle permanente des cadres. Après sa retraite en 1970, il reste actif au sein de l’Association des anciens Éclaireurs et Éclaireuses (AAEE).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10233, notice ARNAUD Eugène par Nicolas Palluau, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 16 novembre 2020.

Par Nicolas Palluau

ŒUVRE : La Route, manuel du chef de clan, Paris, EDF, 1945, 168 p. — « Le catholicisme », par Eugène Arnaud, chef Éclaireur de France, La vie spirituelle chez les Éclaireurs de France, Paris, EDF, 1945, 2e édition, p. 36-42. — Articles dans les périodiques des Éclaireurs de France et des Éclaireuses Éclaireurs de France.

SOURCES : Annuaire EDF, Le Chef, n° 195, mars 1939, n° 225, mai 1942. — Jamboree France, quotidien officiel du jamboree mondial de la paix Moisson France 1947. — Pierre François, Pierre Kergomard, Histoire des Éclaireurs de France de 1911 à 1951, Paris EEDF, 1983. — Bertrand Silvestre, Les Éclaireurs de France à Lyon 1911-1947, mémoire de maîtrise d’histoire (sous la dir. d’Étienne Fouilloux, Université Lumière Lyon 2, 2000.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément