ARNAUD Henri, Pierre, Fortuné [« Le barbu », pseudonyme de résistance].

Par Olivier Dedieu

Né le 11 octobre 1905 à Montpellier (Hérault), mort le 22 avril 1944 à Castries (Hérault) (Allemagne), en déportation ; tonnelier puis garde-champêtre et buraliste ; militant socialiste ; résistant.

Fils d’un tonnelier, Henri Arnaud suivit, professionnellement les voies de son père. Durant l’entre-deux-guerres, il installa son atelier d’artisan foudrier à Lunel-Viel (Hérault) après avoir débuté comme ouvrier. Il fit son service militaire de 1925 à 1927 et participa à la campagne du Maroc. Habitant Mauguio, en périphérie de Montpellier, il était alors aussi membre de la section SFIO de Mauguio. Militant actif, il fut secrétaire adjoint de la section locale jusqu’à la guerre mais aussi conseiller fédéral en 1936 et 1937. IIl siéger aussi au CA des jeunesses laïques et républicaines de la commune en 1933.

Dès la fin de l’année 1940, il adhéra au mouvement de résistance Liberté (future composante de Combat) avec Louis Cauvet* et Jacques Renouvin. Dès le printemps 1941, les autorités le suspectèrent d’appartenir à « des mouvements antinationaux ». Une partie des forces de police, constatant ses rapports avec d’anciens militants communistes, pensèrent alors qu’il était alors devenu proche de ce parti. Surveillé, il fut surpris, dans la nuit du 9 au 10 octobre 1942 par un contrôle de gendarmerie alors qu’il rentrait à Mauguio. Trouvé en possession de tracts gaullistes, il fut arrêté puis interné à Saint-Paul-d’Eyjaux le 11 novembre 1942 pour activités gaullistes. Le 31 mars 1943, il fut finalement jugé et condamné à deux ans de prison. Le lendemain, il réussit à s’évader et partit se réfugier au Maquis Jean-Pierre dans le Puy-de-Dôme le 15 janvier 1943. Membre des Groupes francs de l’AS, les Allemands le reprirent le 13 janvier 1944. Dès le 22 du même mois, il fut déporté à Buchenwald puis le 26 février de la même année à Mauthausen. C’est dans ce dernier camp qu’il fut libéré avant d’être rapatrié à Montpellier le 19 mai 1945.

Revenu à la vie civile et à peine rétabli, Henri Arnaud revint rapidement à la vie politique. Dès novembre 1945, il fut investi par la SFIO pour figurer en 5e position sur la liste SFIO lors des élections législatives et fut secrétaire de section de Mauguio. Il ne semble pas avoir eu, après cette date, d’autres engagements politiques autres que locaux. Après avoir été garde-champêtre à Lunel-Viel, Il s’installa à Castries, commune où il fut receveur-buraliste. Il fut par ailleurs adhérent de la FNDIR et de l’union des résistants déportés internés et familles des morts de l’Hérault dont il fut vice-président dans les années 1960.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10237, notice ARNAUD Henri, Pierre, Fortuné [« Le barbu », pseudonyme de résistance]. par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 29 octobre 2022.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 9 M 380, 1 R 1383, 181 J 20, 13 W 182, 137 W 7, 320 W 10, 1000 W 216, 1000 W 263, 1043 W 47.. — L’Aube Sociale, 1935-1937. — Mémorial de Buchenwald, Dora et Kommandos, édité par l’Association française Buchenwald Dora et Kommandos, 1999. — Note de Jean-Pierre Besse. — Notes d’André Balent.

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