BUISSON Henry

Par J. G.

Né le 2 décembre 1854 à Saint-Yrieix (Haute-Vienne) ; mort à Saint-Yrieix le 20 juillet 1935 ; ouvrier peintre ; syndicaliste ; coopérateur de production et de consommation.

Fils d’ouvrier, ouvrier peintre, Buisson vint travailler à Paris. Disciple de Fourier, c’est comme fouriériste qu’il adhéra à la coopération. En novembre 1881, il fonda, avec six camarades, l’association ouvrière de peinture « Le Travail », conçue sur le modèle fouriériste de la répartition des bénéfices au capital, au travail et au talent. Ce n’est guère que vers les années 1889-1900 que Buisson commença à connaître une assez large audience. Il était, en effet, devenu membre du conseil d’administration de la Chambre consultative des associations ouvrières de production, fondée à la fin de 1884. Édouard de Boyve lui ouvrit les colonnes de l’Émancipation, le journal de l’École de Nîmes, où Buisson défendit ses idées fouriéristes sur la participation aux bénéfices. En 1893, la Chambre consultative fonda simultanément son journal l’Association ouvrière, puis, grâce aux libéralités d’un vieux disciple de Fourier, Faustin Moigneu, ami de Buisson, la Banque des associations ouvrières dont Buisson fut le premier directeur.

Buisson appartint aussi à une petite coopérative de consommation du quartier de Montmartre, « les Solidaires », 78, rue Marcadet, XVIIIe arr. ; il devint alors le correspondant officiel de la Chambre consultative au comité central de l’Union coopérative de la rue Christine. À ce titre, il participa en 1893, à Grenoble, au congrès des sociétés de consommation ; en 1894, il était un des délégués permanents de la Chambre consultative aux séances du Comité central qui vivra durant dix ans grâce au don de 50 000 f obtenu par Henry Buisson de la générosité de son ami Moigneu. Lorsque Charles Robert devint directeur du Musée social, Buisson fut désigné pour diriger la propagande et les services du secrétariat général de la rue Christine ; il occupa ces fonctions de 1894 à 1897.

D’autre part, il restait l’un des chefs des associations de production et le directeur de leur banque. À la tête du comité central, il tenta, à l’aide de sa banque, de sauver de la faillite le premier Magasin de Gros qu’il dut liquider en 1895. Il fut encore élu en 1896 au comité directeur de l’Alliance coopérative internationale et membre du comité d’organisation du congrès international. À ce congrès, il fut rapporteur sur la question du « Rôle de la coopération et de ses applications pratiques ». Le comité central auquel il fit adopter la création d’un Conseil du Travail coopératif pour prévenir et arbitrer les différends entre coopératives de production et de consommation d’une part, et leurs ouvriers et employés d’autre part, préconisa et fit voter en outre à la demande de Buisson l’organisation de congrès mixtes de la consommation et de la production. Buisson représenta le comité central en 1896, au congrès des syndicats agricoles de la région de Limoges. Il était alors l’une des figures les plus marquantes de la coopération en France.

L’évolution qui s’accomplit à partir des années 1899-1900 ne tarda pas à l’écarter du premier plan. Toutefois, on le retrouve encore à divers congrès nationaux et internationaux. En 1897, il fut remplacé au secrétariat par son adjoint Soria. Il quitta en 1901 le comité central et ne milita plus désormais que dans les coopératives de production dont il demeura l’un des chefs. Élu membre du conseil supérieur de la coopération à sa fondation en 1918, il assista encore, en 1925, aux premières Journées parlementaires de la coopération au Musée social. Buisson fut l’un des derniers représentants de la pensée fouriériste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article102986, notice BUISSON Henry par J. G., version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par J. G.

ŒUVRE : Les Associations ouvrières de production, Paris, 1894, in-16, 32 p. (Bibl. Nat. 8° R. Pièce 5 763). — Le Rôle de la coopération et son application pratique, Paris, 1897, in-16, 48 p. (Bibl. Nat. 8° R Pièce 7 259).

SOURCES : État civil de Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne). — J. Gaumont, Histoire de la coopération, op. cit., t. II.

ICONOGRAPHIE : J. Gaumont, Histoire de la coopération, op. cit., t. II. — Almanach de la coopération française, 1897, p. 49.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément