ASTRUC Jacques

Par Samuel Boussion

Né le 8 avril 1903 à Paris, mort le 21 octobre 1959 ; Commissaire général adjoint des Scouts de France ; fondateur du groupement chrétien Arc-en-Ciel pour la formation des éducateurs de l’enfance inadaptée.

Jacques Astruc était issu d’une famille de la bourgeoisie catholique parisienne et descendant d’une lignée d’architectes, son grand-père comme son père et son frère l’étaient. Il était le dernier d’une fratrie composée d’un frère et de trois sœurs, dont s’occupait leur mère restée au foyer, dans l’immeuble familial de la rue Madame, au cœur du 6e arrondissement, où il a séjourné sa vie durant.
Jacques Astruc fréquenta l’école du quartier, l’école Bossuet. Il alla ensuite au lycée Louis-le-Grand. La guerre l’a obligé à finir son cursus secondaire à Evreux, au lycée Saint-François, où il décrocha un baccalauréat latin-sciences-philosophie. À partir de là, il put entamer des études de droit à la faculté de Paris, avant de terminer sa licence à Grenoble. Il effectua alors un stage comme avocat au Barreau de Paris. Ensuite, entre 1933 et 1936, Jacques Astruc fut attaché au Parquet de la Seine puis à la direction du personnel à la Chancellerie, poste qui semblait mieux lui correspondre que celui d’avocat. Malgré cela, il démissionna en 1936 et devint alors permanent au Quartier général des Scouts de France.
Son parcours scout débuta en 1924, à Versailles, aux côtés de l’abbé Richaud. Aiguillé par son aumônier, Jacques Astruc fonda et devint le chef d’une troupe de garçons à l’école Bossuet, affiliée aux Scouts de France en 1927. Dès 1928, il devint secrétaire du commissaire général de Macédo, et participa l’année suivante à l’organisation de la délégation Scouts de France au premier Jamboree mondial à Birkenhead. Entre 1926 et 1932, une de ses tâches fut plus précisément d’assurer rédaction, mise en page, parution, administration et publicité de la revue Le Scout de France, qui paraissait depuis 1923. Entre 1936 et 1940, il reprendra des responsabilités de rédaction et de publication à la revue, dont l’intitulé était devenu Scout depuis 1934.
Il ne sera pas mobilisé en 1940, exempté alors qu’il n’avait déjà pu effectuer son service militaire à cause d’une pleurésie. Lorsque la France s’effondra en mai-juin 1940, il était déjà Commissaire général adjoint des Scouts de France depuis janvier. Il le restera jusqu’en 1944. Il devait notamment effectuer les liaisons nord-sud, alors qu’en août 1940 le scoutisme fut interdit en zone occupée et que le Quartier général des Scouts de France dut déménager, d’abord à Bordeaux puis à Lyon en 1941. D’autre part, dès 1942, il prit la direction de stages annuels de scoutisme en milieu rural, ce qu’il fera jusqu’en 1951. Depuis octobre 1940, Jacques Astruc était devenu aussi secrétaire général adjoint du Scoutisme français, fédération des associations de scoutisme dirigée par le général Lafont, qui venait d’être fondée.
Après la guerre, il fut assistant du commissaire général des Scouts de France et son action s’orienta vers les relations avec les ministères et les organismes de culture (?) et de jeunesse, ainsi que vers le scoutisme en milieu populaire. À partir de 1949, Jacques Astruc dirigea le camp permanent de Lourdes ainsi que le clan des hospitaliers, pour lequel il se chargea de la rédaction du bulletin Le foulard blanc.
Jacques Astruc s’engagea aussi dès 1945 en faveur de l’enfance inadaptée. À cette date, il lança ainsi un stage annuel de perfectionnement pour les éducateurs, d’abord à Marly-le-Roi puis à Jambville (Seine-et-Oise). Il en assurera la direction des sessions jusqu’en 1959. Il fut aussi à l’origine du clan Arc-en-ciel, qui groupait les chefs et les routiers Scouts de France en service auprès de l’enfance inadaptée. En 1947, on le retrouva parmi les premiers membres de l’ANEJI (Association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés), notamment aux côtés de Jacques Rey, pour les Éclaireurs unionistes, et surtout d’Henri Joubrel pour les Éclaireurs de France, avec lesquels il avait aussi lancé des cycles de conférences, connues sous le nom de » conférences de Méridien », sous l’égide du Scoutisme français.
C’est dans les années 1950 à Fribourg, lors de journées de rencontre de ces professionnels, que Jacques Astruc rencontra celle qui allait devenir sa femme, Françoise Malleron, alors jeune assistante sociale responsable du service social auprès du tribunal pour enfants du Cher. C’est le père Doncœur, inspirateur de la Route et proche de Jacques Astruc, qui les maria à Troussures (Oise) le 8 septembre 1955. Leur engagement commun se concrétisa notamment à l’ANEF (Association nationale d’entr’aide féminine), association fondée en 1952. Françoise Malleron en devint la première permanente et Jacques Astruc y eut un siège au conseil d’administration.
En septembre 1959, il devait quitter le commissariat général des Scouts de France pour occuper un poste à la Sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence de Seine-et-Oise. Mais malade, il est hospitalisé en août à l’hôpital Pasteur et s’éteint en octobre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10301, notice ASTRUC Jacques par Samuel Boussion, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 19 février 2016.

Par Samuel Boussion

SOURCES : Entretien de Samuel Boussion avec Françoise Malleron-Astruc, le 15 décembre 2002.—Archives ANEJI (CAPEA, CAMT de Roubaix).—Laboratoire scout de Riaumont : base de données des troupes de Paris-Ile-de-France (1920-1964), www.riaumont.net.—Philippe Laneyrie, Les Scouts de France. L’évolution du mouvement des origines aux années quatre-vingt, Paris, éd. du Cerf, 1985, 456 p..—Christian Guérin, L’utopie Scouts de France, Paris, Fayard, 1997, 583 p. Mathias Gardet et Françoise Tétard (dir.), Le scoutisme et la rééducation dans l’immédiat après-guerre : lune de miel sans lendemain ?, Marly-le-Roi, Document de l’INJEP n° 21, juin 1995, 209 p.

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