ASSALIT Daniel, Émile

Par Axelle Brodiez

Né le 10 mai 1931 à Castres (Tarn), mort le 21 mars 1993 à Castres ; ouvrier du textile ; secrétaire national du Secours populaire français ; militant du Parti communiste français et adhérent de la CGT.

Originaire de Castres, où il resta jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans, Daniel Assalit était issu d’un milieu modeste : son père était ouvrier dans le textile et sa mère, femme au foyer, élevait les cinq enfants.
Si ses parents étaient des sympathisants du Parti communiste, Daniel Assalit concrétisa lui, adolescent, ses convictions politiques, en entrant dans les Jeunesses communistes, où il semble avoir milité activement aux niveaux local et départemental, puis, rapidement après, en adhérant au Parti en 1949 et en y exerçant des responsabilités dans sa section.
Ayant quitté l’école à quatorze ans, il fit son apprentissage chez Renault. Il entra ensuite quelques années comme ouvrier dans le textile, puis fit son service militaire, et trouva à son retour un travail dans le bâtiment. Parallèlement, il adhéra à la CGT à son retour de l’armée. En 1955, il se maria et devint, en tant que correspondant local, salarié du journal communiste régional Le Patriote.
L’année 1956 constitua un tournant dans sa vie militante. Lors d’une manifestation organisée en gare de Castres par le Parti communiste contre le rappel du contingent en Algérie, il descendit, avec d’autres, sur la voie pour empêcher le départ d’un train de rappelés. Arrêté, il fut emprisonné de juin à décembre 1956 au Fort du Hâ à Bordeaux. C’est à cette occasion que Julien Lauprêtre*, secrétaire général du Secours populaire français (SPF), qui assurait la défense des inculpés et emprisonnés, et recherchait un successeur pour la direction du journal de l’association, repéra dans les listes de noms le « journaliste ». Parallèlement, la femme de Daniel Assalit s’impliqua dans les meetings organisés en faveur des emprisonnés, ce qui contribua à faire naître le Secours populaire dans la région castraise.
À sa sortie, dès le début de l’année 1957, Daniel Assalit accepta le poste qu’on lui avait proposé et devint rédacteur en chef de La Défense, le journal mensuel du SPF. Quittant Castres, il dut s’installer à Aubervilliers, où il reprit parallèlement ses activités de militant du Parti communiste local. Dès 1957, il fut élu secrétaire national du SPF, mandat qu’il conservera sans discontinuer jusqu’en 1991, date à laquelle il tomba gravement malade.
Rédacteur en chef de La Défense de 1957 à 1963, il fut ensuite secrétaire général de la fédération de la Seine jusqu’à sa décentralisation administrative (1963-1965). Il lança dès 1964 les sollicitations larges de personnalités du monde des arts ou du sport, pour les « campagnes vacances » de l’association ; ceci contribua à ouvrir considérablement, voire à casser progressivement, l’image jusque-là très politique de « l’organisation de masse ». Il inaugura également l’attention systématique portée au recrutement via la constitution des fichiers des donateurs.
De 1965 à la fin des années soixante-dix, il fut responsable de l’organisation de l’association. Il systématisa alors au plan national la sollicitation de personnalités pour le parrainage des campagnes. Il poussa d’autre part les fédérations et comités à remettre systématiquement la carte de membre aux nouveaux donateurs ; à développer leur fichier d’adhérents ; à acquérir des structures et infrastructures garantissant leur efficacité et leur pérennité ; à développer le nombre d’implantations locales ; à recourir aux mailings. Cette politique efficace contribua à un essor rapide, tant financier qu’humain, du Secours populaire.
Il fut enfin responsable du secteur « solidarité mondiale », du début des années quatre-vingt à 1991. Alors que l’association était, jusqu’aux années soixante-dix, avant tout tournée vers une solidarité d’urgence, Daniel Assalit s’attacha particulièrement, avec Gilbert Avril*, à développer et coordonner l’aide au développement - qui constitua un des nouveaux axes majeurs de la croissance et de la mutation de l’association.
Il mourut des suites d’une maladie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10303, notice ASSALIT Daniel, Émile par Axelle Brodiez, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 10 octobre 2008.

Par Axelle Brodiez

SOURCES : Arch. Secours populaire français. — Témoignages de son épouse Alfreda Assalit, de Julien Lauprêtre et de Gilbert Avril.

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