BURGUET Joseph

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 24 juin 1900 à Saint-Yrieix-le-Perche (Haute-Vienne), mort le 7 juin 1944 ; journaliste et correcteur ; militant communiste puis communiste oppositionnel.

Fils de Pierre Burget, cantonnier, et de Maria Chatufaud, sans profession, Joseph Burguet, apprenti pâtissier à Paris, fut appelé au service militaire, après la Première Guerre mondiale, dans un régiment de tirailleurs algériens. Il participa à l’occupation de la Syrie et, nommé sous-officier, apprit la langue berbère que parlaient ses compagnons. À son retour il se maria le 12 mai 1923 à Paris (XXe arr.) avec Marie Zélie Bournas et ouvrit un petit commerce à Paris avant de revenir au pays natal en 1926.

C’est alors qu’il adhéra au Parti communiste et devint rédacteur du Travailleur du Centre. Ses qualités d’orateur et d’entraîneur d’hommes le firent désigner comme candidat aux élections législatives du 22 avril 1928. Quelle fut son attitude entre les deux tours ? Selon un rapport intérieur il aurait refusé les directives du Parti qui lui demandaient de maintenir sa candidature. Il fut exclu en septembre 1928 (Institut Maurice Thorez, bobine 74). En fait, selon le témoignage de Marcel Body, Burguet n’avait pas attendu cette décision pour démissionner du PC.

Avec Body, il fonda le journal communiste oppositionnel la Vérité de Limoges. Après la disparition de cet hebdomadaire, il continua son action dans la région limousine en créant le journal La Trique (en principe hebdomadaire) et en adhérant au Parti socialiste communiste de Paul Louis.

Arrêté le 7 juin 1929 après les violents incidents qui suivirent le verdict du procès Barataud, assassin d’un chauffeur de taxi limousin et d’un autre homme, Burguet fut accusé d’être l’instigateur de cette manifestation. Le témoignage du commissaire central de Limoges qui affirmait avoir vu le « géant Burguet » jeter des « briques » sur le service d’ordre, permit sa condamnation à six mois de prison par le tribunal correctionnel de Limoges. Dans une lettre du 8 mai 1981, Marcel Body nous a affirmé : « Ce témoignage, par ordre, était faux. Joseph Burguet se trouvait ce soir-là chez un ami, Félix Aubrun, haut fonctionnaire auprès de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans, mais pour ne pas le compromettre, il ne voulut pas le dire. »

Après sa libération, Burguet partit pour Paris où il obtint une place de correcteur d’imprimerie à Paris-Soir. Il fut admis au syndicat des correcteurs le 13 avril 1931 (et à la FFTL le 14 mars 1931) et siégea au conseil syndical en 1935. Il poursuivit sa collaboration à Ça ira, journal du Parti d’unité prolétarienne (PUP) et, dès 1931, fut avec Amédée Dunois, secrétaire du syndicat des journalistes socialistes. En 1934, il participa à un meeting antifasciste à Bourganeuf (Creuse) où il déclara : « Bien que le Parlement ne réponde pas aux aspirations de la classe ouvrière, que ce n’est pas avec lui que l’on pourra faire la Révolution sociale, il faut le soutenir, car il représente un minimum de liberté démocratique » (déclaration rapportée par C. Laberche dans La Voix Libertaire). Joseph Burguet se rendit en Espagne en 1937, mais, les luttes entre antifranquistes le déçurent et il revint à Paris pessimiste. Il appartenait depuis 1933 à la section socialiste du Pré-Saint-Gervais.

Replié à Toulouse avec le journal Paris-Soir, il fit plusieurs séjours en Corrèze où vivaient sa femme et ses filles. Lors d’un passage à Tulle en juin 1944, il rencontra la division Das Reich en pleine opération de représailles : il fut abattu avant d’avoir pu montrer ses papiers en règle. Son corps fut ramené à Paris et incinéré au Colombarium du Père-Lachaise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article103069, notice BURGUET Joseph par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 27 avril 2015, dernière modification le 28 mai 2020.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

SOURCES : I.M. Th., bobine 74. — Ça ira, n° 37, 10 janvier 1931. — La Vérité (Limoges), 1928. — Renseignements fournis par Y. Blondeau. — Témoignage écrit de Marcel Body, Chatou, le 8 mai 1981, trois pages. — État civil.

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