BUSQUÈRE Victor, Marius

Par Jacques Girault

Né à Six-Fours (Var), le 13 novembre 1876, mort à Toulon (Var) le 15 octobre 1936 ; ouvrier à l’Arsenal maritime de Toulon ; militant anarchiste ; militant syndicaliste.

Fils d’un mineur originaire de la Haute-Loire qui serait devenu ouvrier de l’Arsenal maritime de Toulon, d’opinions anarchistes. Marié, père d’un garçon, il résidait à Toulon, au quartier du Pont-de-Bois. Il entra à l’Arsenal maritime dans l’atelier de la petite chaudronnerie, le 20 mars 1894 et fut titularisé en 1902. Après s’être engagé pour trois ans (1895-1898) dans l’artillerie de Marine, il fut admis à l’atelier des bâtiments en fer. Il passa dans celui de la grosse chaudronnerie en février 1902. Le personnel de cet atelier était connu pour ses opinions « avancées ». Il fut plusieurs fois sanctionné pour non-respect de la discipline intérieure.
Busquère était un des fondateurs du groupe antimilitariste de Toulon en 1904 et du groupe anarchiste de la « Jeunesse libre » en 1907. Il était secrétaire de la section locale de l’Association internationale antimilitariste en 1904. Il devint administrateur de l’Union des chambres syndicales ouvrières du Var (tendance Doria en 1907. Le 23 décembre 1907, il la représentait au défilé des ouvriers agricoles d’Hyères en grève. Le sous-préfet notait alors qu’il était un « antimilitariste de marque » et un « gréviculteur consommé ».
Busquère, aux élections législatives de 1910, fut candidat « libertaire » dans la circonscription de Draguignan contre le socialiste SFIO. Gustave Fourment. Le Cri du Var, hebdomadaire de la Fédération SFIO, indiquait le 3 mai 1910 qu’il avait été exclu, à la fin de 1909, du syndicat des ouvriers de l’Arsenal maritime. À nouveau candidat aux élections législatives de 1914, il obtint 406 voix sur 22 657 inscrits.
Busquère passa à l’atelier des réparations en janvier 1917. Il faisait partie, en juillet 1919, du comité d’action des non-démobilisés. Avait-il été envoyé sous les drapeaux ? Candidat à la commission administrative du syndicat, en août 1919, il ne fut pas élu. Gréviste les 6, 7 et 8 mai 1920, il subit vingt-quatre jours de retenue de salaire. Dès lors, il lutta dans le comité pour l’amnistie intégrale. On le vit dans de nombreuses réunions. Le 7 mars 1922, il devint secrétaire adjoint du syndicat CGTU. Le 17 mars 1922, il fut délégué comme titulaire à l’Union locale CGTU qui venait de se constituer. Il s’opposa dès lors à Toussaint Flandrin qui préconisait d’entretenir des rapports avec le Parti communiste. Il quitta l’arsenal dès qu’il le put, en 1922, avec 302 mois d’ancienneté (minimum requis : 300) et prit sa retraite, le 9 juillet 1922.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article103108, notice BUSQUÈRE Victor, Marius par Jacques Girault, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 2 septembre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021, 13165. — Arch. Dép. Var, 2 M 3 46 2 ; 4 M 49 4, 4 M 59 4 1 ; 3 Z 4 1, 3 Z 4 21, 3 Z 7 6. — Archives du port de Toulon : registre matricule des ouvriers de la direction des constructions, vol. 45, 3e sér. — Arch. Troisième Région mar. : C 45. — Notes de Jean Masse et Yves Rinaudo.

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