ASTRUC Marcel, Jean

Par Jacques Girault, Gérard Leidet

Né le 11 août 1913 à La Grand Combe (Gard), mort le 6 mars 1984 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; instituteur ; secrétaire de la section des Bouches-du-Rhône de la Fédération de l’éducation nationale (début des années 1950).

Plus jeune fils d’un maçon et tailleur de pierres, devenu entrepreneur de travaux publics qui avait un garçon et deux filles, Marcel Astruc, après une scolarité à l’école Saint-Eloi d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), prépara aussi l’école des Arts et Métiers. Il entra à l’Ecole normale d’instituteurs de la ville et participa aux manifestations des élèves contre l’autoritarisme du directeur, en relation avec la Fédération CGTU de l’enseignement, le SNI et l’Internationale des travailleurs de l’enseignement au début des années 1930. À partir de 1934, il exerça comme instituteur dans divers postes dans le département et effectua son service militaire (octobre 1936-octobre 1937). Syndiqué, il participa aux diverses actions, dont la grève du 30 novembre 1938, ce qui lui valut des rappels à l’ordre de l’inspecteur d’Académie et une retenue de salaires. Mobilisé en septembre 1939 dans un régiment de l’infanterie alpine, affecté spécial comme instituteur en octobre 1939, rappelé sous les drapeaux en mai 1940, envoyé au front dans le Génie, il fut démobilisé en juillet 1940 et reprit son poste d’instituteur dans le quartier Saint-Loup à Marseille, en octobre 1940.
Astruc, membre d’un réseau de résistance à Marseille, participa à diverses actions (réception de matériel et de résistants parachutés). Sa maison, « Les lauriers roses », dans le quartier de Saint-Loup, abritait un lieu d’émission radio. Arrêté le 7 septembre 1943 avec d’autres membres du réseau, il fut interrogé jusqu’en novembre au siège de la Gestapo, rue Paradis. Déporté vers l’Allemagne en novembre 1943, il s’évada du train vers Montélimar et rejoignit le maquis FTPF du mont Gerbier de Joncs en Ardèche où, intégré dans les FFI, il participa aux combats jusqu’à la Libération.
Marié en avril 1936 à Rognac (Bouches-du-Rhône), divorcé, Astruc épousa une institutrice Antoinette Allamel en juin 1945 à Marseille. Ils eurent trois enfants.
Ayant retrouvé son poste d’instituteur à l’école de Saint-Loup, Astruc participa aux activités de l’équipe de direction de la section départementale du SNI, dominée par les militants du courant "cégétiste". Secrétaire général adjoint chargé des liaisons avec la FEN, il était le responsable du bulletin départemental du SNI. Il intervint notamment lors du congrès de la Fédération des œuvres laïques, le 9 mars 1950, et fut membre du comité d’action contre le réarmement allemand créé à Marseille en février 1952. Membre du Parti communiste, il prit part aux luttes politiques locales, notamment aux journées de novembre 1947. Par la suite, il partagea les analyses de Jean Christofol dans les débats internes du parti à Marseille.
A la fin de l’année 1951, Astruc devint le secrétaire général de la section départementale du SNI et fut désigné pour faire partie de la commission des conflits du SNI lors de la réunion du conseil national du SNI, le 27 décembre 1951. L’année suivante, il devint secrétaire de la section départementale de la FEN, qualifiée comme "cégétiste" sur le plan national par ses propositions de résolution dite "Bouches-du-Rhône". Toutefois en 1952, il ralentit ses activités en raison de son mauvais état de santé et des tensions internes au bureau départemental de la FEN. Remplacé pendant sa convalescence, il ne retrouva pas ses responsabilités d’autant qu’il affichait son hostilité au durcissement des positions du PCF et de la CGT en matière syndicale et se montrait partisan d’un « syndicalisme ouvert » à la recherche de l’unité. Dans ces conditions, il cessa d’adhérer au PCF sans se désintéresser de la vie politique et syndicale.
Astruc enseigna en cours complémentaire de Saint-Louis dans les quartiers Nord de Marseille avant de devenir directeur du collège d’enseignement général de la Belle de Mai où il termina sa carrière en 1969.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10324, notice ASTRUC Marcel, Jean par Jacques Girault, Gérard Leidet, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 4 janvier 2018.

Par Jacques Girault, Gérard Leidet

SOURCES : Presse syndicale. — Renseignements fournis par le fils de l’intéressé. — Sources orales. — Robert Mencherini, Guerre froide, grèves rouges. Parti communiste, stalinisme et luttes sociales en France. Les grèves insurrectionnelles de 1947-1948, Éditions Syllepse, 1998, 307 p.

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