AUBERT Victor, Julien

Né le 13 janvier 1902 à Tunis, mort le 7 janvier 1993 à Grenoble (Isère) ; syndicaliste et communiste de Tunisie.

Victor Aubert
Victor Aubert
Cliché communiqué par sa fille, Éliane Aubert-Azzopardi

Les parents de Victor Aubert étaient : Henriette Laugier née en 1864 à Graveson (B. du Rh.), lingère et Firmin Henri Aubert, instituteur, né en 1862 à Jausiers (Alpes de Haute Provence). Tous deux étaient de sensibilité de gauche. Le père de Victor l’initiait à l’observation du monde qui l’entourait en l’aidant à développer son esprit critique.

Victor Aubert entra comme aide-électricien à l’arsenal de Sidi-Abdallah en 1919, puis après son service militaire y est intégré comme ouvrier électricien. Le 12 octobre 1929 il épousa à Ferryville (Menzelbourghiba) (Tunisie) Odette Cros, veuve Tronche, mère de deux jeunes enfants. Le 8 octobre 1932 naquit leur fille Eliane Aubert.

Membre de l’association sportive de l’arsenal de Sidi-Abdallah Victor Aubert y rencontra des syndicalistes et adhéra au syndicat CGTU Il participa alors aux luttes revendicatives ce qui lui valut plusieurs mises à pied suite à des distributions de tracts dans l’enceinte de l’arsenal. En 1925 il adhéra au Parti Communiste Tunisien dont il devint un membre actif. Il fut élu au secrétariat de son Parti au congrès de l’Ariana de mai 1939. Il fut mobilisé en 1939 mais fut arrêté le 4 octobre et congédié de l’arsenal par ordre préfectoral à compter du 5 octobre. Dans la foulée sa femme et la fille aînée de celle-ci , secrétaires sténo dactylos, furent congédiées à leur tour, alors qu’elles n’avaient aucune activité syndicale ou politique.

Victor Aubert fut d’abord emprisonné à Téboursouk, avec plusieurs de ses camarades ferryvilois, En 1940 il fut placé au camp de concentration du Kef. Rapidement avec ses camarades, sous l’égide du professeur P. Salmon, éminent professeur de philosophie et polyglotte (arrêté pour s’être rendu en URSS avant la guerre), ils organisaient à leur manière une vie un peu plus supportable dans le camp. C’est ainsi qu’ils furent initiés à la philosophie et apprirent l’arabe littéraire.

En 1941 Victor Aubert fut transféré à Bou-Arada en résidence surveillée où il devint boulanger.

En 1942, le front n’était qu’à 10 km du village, celui-ci est occupé par les Allemands et la situation de Victor Aubert devint très précaire vue sa mise en résidence, mais le chef de Gendarmerie, un gaulliste de la première heure, lui demanda de rester au village pour continuer à assurer l’alimentation en pain des villageois et Il l’assura qu’il a détruit tous les papiers permettant de retrouver son appartenance communiste. Rapidement les Allemands furent chassés du village par les troupes anglaises.

À la libération en 1943 Victor Aubert quitta Bou Arada et rejoint Tunis où il reprit ses activités de militant communiste en attendant sa réintégration à l’arsenal de Sidi Abdallah le 5 septembre 1944. Il accèda aussi rapidement à des responsabilités à a direction du Parti.

En 1950 il fut élu au Grand Conseil de Tunisie sur la liste d’Union démocratique.
A Ferryville il milita sans relâche au syndicat et à la section du Parti communiste où il fut de toutes les luttes.

En 1952 il prit sa retraite et quitta la Tunisie pour la France où il s’installa dans la banlieue de Marseille, dans la commune de Plan de Cuques, il adhéra aussitôt au Parti communiste français. En 1962 il déménagea à Six-Fours dans le Var, continua son activité militante et participa activement aux luttes contre la fermeture des chantiers navals de la Seyne-sur-Mer.

En 1987, après le décès de son épouse, il vint vivre à Saint-Martin d’Hères dans l’Isère où habita sa fille. Il fut membre de sa cellule de quartier où il continua à militer activement. Il mourut le 7 janvier 1993, entouré de sa famille et de ses camarades communistes. Un article parut dans Le Petit Varois/La Marseillaise : « Adieu Victor » lui vaut aussi le salut des camarades de la Seyne-sur-Mer .

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10363, notice AUBERT Victor, Julien , version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 15 août 2022.
Victor Aubert
Victor Aubert
Cliché communiqué par sa fille, Éliane Aubert-Azzopardi

SOURCES : Archives de l’Arsenal de Sidi Abdallah. — Presse locale. — Paul Sebag, Communistes de Tunisie, éd. l’Harmattan. — Renseignements communiqués par sa fille, Éliane Aubert-Azzopardi,qui a épousé 1954 à Marseille Marx Azzopardi, le fils de Louis Azzopardi.

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