CAPELLE Pierre, Édouard, Achille

Par Maurice Moissonnier

Né le 29 mai 1869 à Bordeaux (Gironde), mort en février 1943 ; comptable, représentant d’une firme cinématographique, commerçant ; coopérateur et militant communiste ; l’un des fondateurs du Parti communiste dans le Rhône où il joua un rôle dirigeant pendant près de trente ans.

Pierre Capelle avait fait des études secondaires aux lycées d’Angoulême puis de Bordeaux jusqu’en classe de rhétorique (1re), mais ne passa pas son baccalauréat car il avait des résultats insuffisants en grec. Il avait assez de connaissances en anglais et en espagnol pour pouvoir se « débrouiller seul » (« j’en ai fait l’expérience , affirmait-il en 1937). Il commença à travailler en 1889. Il fit son service militaire dans l’artillerie comme maréchal des logis. Marié à Juliette Rouillon, ils eurent deux enfants dont une fille, Marthe (Voir Marthe Capelle* qui épousa Élie Péju*.

Ami de Marcel Cachin*, Pierre Capelle adhéra au Parti socialiste unifié dès 1906 à Bègles (Gironde), où il fut conseiller municipal pendant huit ans. Entre 1908 et 1917, il vécut à Paris ; participant à une manifestation pour Francisco Ferrer, il reçu un coup de sabre sur la tête. Il vint, en octobre 1916, s’installer à Lyon comme représentant de la maison Aubert (cinématographe). Dans les rangs socialistes lyonnais il fit alors connaissance du secrétaire fédéral, Claude Calzan* et l’épaula dans la lutte qu’il menait contre la majorité « d’union sacrée ». Il devint trésorier du comité lyonnais pour la Troisième Internationale et participa à la campagne pour l’adhésion à l’Internationale communiste. Après le congrès de Tours, il figura tout naturellement dans le groupe dirigeant du Parti communiste à Lyon. Au congrès fédéral du 23 janvier 1921, il fut élu au comité directeur et, le 27 janvier, au bureau fédéral où il occupa le poste de secrétaire administratif. À cette époque, sa fille, Marthe Capelle fut désignée au collectif de direction de la 17e Entente des Jeunesses communistes.

Pierre Capelle était un coopérateur convaincu et il s’occupait en particulier de la coopérative d’ameublement « Le Confort moderne ». Il était partisan de la participation ès qualité des communistes au mouvement de coopération et se heurta aux conceptions d’un autre socialiste coopérateur, passé au communisme, Paul Cuminal*. En 1921, dans le numéro 23 du Cri du Peuple du Sud-Est, sous le titre « À nos camarades coopérateurs », il attaqua « le doux bolchevik Cuminal » et son argumentation contribua à la mise en accusation et à l’exclusion ultérieure de Cuminal. Le 24 avril 1921, au congrès fédéral du Rhône, il fut désigné comme délégué suppléant pour le 1er congrès national du Parti. Le 10 septembre 1921 il accepta une nouvelle responsabilité : les organisations du IIIe et VIe arrondissements, ayant créé rue Molière une Maison du Peuple et il devint le président du conseil d’administration de cette maison. Candidat aux élections cantonales de 1922 dans le VIIe arrondissement de lyon, il obtint 830 voix. La même année, il fut encore délégué au congrès national de Paris, les 15-18 octobre 1922 et il y présenta, le 15, une motion fédérale du Rhône qui réclamait la suppression des publications L’Ouvrière et L’Internationale au profit de la création d’une imprimerie communiste pour la presse du Parti. À la suite de ce congrès s’ouvrit la crise provoquée par la décision de considérer comme incompatible l’appartenance à la maçonnerie et au PC. Franc-maçon, Capelle se soumit et choisit le Parti.

Pierre Capelle fut, disait-il, « débarqué par l’équipe Soudeille-Bussière (Voir Jacques Soudeille* et Gervais Bussière*) et rétabli dans ses fonctions après leur départ

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article103661, notice CAPELLE Pierre, Édouard, Achille par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 23 janvier 2011.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : RGASPI : 495.270.3930. Autobiographie non datée (1937 ?). Une page et demi seulement. Aucune appréciation de la la Commission des Cadres. — Arch. Nat. F7/13093, F7/13095, F7/13256. — Le Cri du Peuple du Sud-Est, 1920-1921. — La Voix du Peuple, organe régional du PC, 1934-1939. — Presse locale (pour les consultations électorales) : Le Progrès et Lyon Républicain. — L’Humanité, 16 octobre 1922. — Rapport Chabert sur l’activité du PCF dans la clandestinité (1939-1940), région Rhône-Ain (archives privées). — Interview de Marthe Péju, fille de P. Capelle. — Notes de René Lemarquis.

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