AUBERTIN Augustine [AUBERTIN Marie, Joséphine, Augustine]

Par Henri Dubief, Jean-Pierre Kintz

Née le 19 février 1876 à Strasbourg (Allemagne), morte le 17 avril 1945 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; employée de magasin ; une des principales militantes et dirigeantes du syndicalisme catholique de son époque.

Augustine Aubertin, employée de commerce, se mit au service du syndicalisme catholique en 1903 en adhérant au « Cercle des Demoiselles de Magasins » créé à Strasbourg par Mlle Berthe Berret*. En 1911, ce Cercle donna naissance au syndicat d’employés de Sainte-Odile affilié au Verband katholischer kaufmannischer Gehilfinnen dont le siège était à Cologne. Augustine Aubertin animait alors le Service de placement, le Service d’épargne, la Caisse d’assurance maladie.
Après la Grande Guerre qui en avait dispersé les membres, le syndicat se regroupa autour de Mlle Berret, présidente et de Mme Aubertin secrétaire. Il s’affilia à la Fédération des syndicats du boulevard des Capucines puis à la CFTC lors de sa formation. Augustine Aubertin géra la « Caisse de Mutualité Sainte-Odile » jusqu’en 1921 lorsque fut créée la Caisse libre pour l’assurance-maladie obligatoire, « La Prévoyance » — elle en fut la vice-présidente — par la fusion de la Mutualité Sainte-Odile et celle de l’Argentina (Union Fraternelle du Commerce et de l’Industrie). Ayant abandonné sa fonction d’employée auprès d’une société de transport (Sotrapo) où elle avait travaillé pendant quinze ans, elle accepta le poste de « secrétaire gérante » de la Prévoyance.
Le syndicalisme féminin s’étendit en Alsace après 1930 à l’époque de la crise économique mondiale. Des sections du Syndicat des employées Sainte-Odile furent ouvertes dans les principales villes de la région. L’action syndicale parmi les ouvrières du vêtement et le personnel hospitalier et chez les employées aboutit en 1934 à la constitution de la Fédération des syndicats chrétiens féminins d’Alsace dont Mme Aubertin assuma la présidence. Au mois de novembre 1934 fut lancé l’organe de liaison des syndicats féminins, Unir.
Augustine Aubertin encourageait la formation syndicale et sociale lors des réunions mensuelles ou dans les Cercles d’études permanents et dans les Écoles normales ouvrières : Strasbourg 1937, Thannenkirch 1939. Elle ouvrit en 1936, avec le soutien du Secrétariat social d’Alsace un foyer de vacances à Kirchberg-Wegscheid au pied du Ballon d’Alsace « Foyer Marguerite Sinclair » et, en 1936 également, la Fédération des syndicats féminins d’Alsace acquit le « Foyer de la Travailleuse » à Strasbourg (Bld. d’Anvers) où elle s’installa ainsi que le Syndicat des employées Sainte-Odile et la JOCF. En 1939 elle s’établit rue de l’Arc-en-Ciel,
En 1938 la CFTC avait accordé à Mme Aubertin le « prix Maria Bardot * » destiné à la propagandiste la plus méritante et l’évêque de Strasbourg lui avait décerné la « Médaille de la Reconnaissance diocésaine ».
Repliée à Périgueux en 1939, elle réorganisa les principaux services des syndicats chrétiens féminins, relança le périodique Unir et ouvrit en collaboration avec l’Office catholique des évacués d’Alsace, des foyers à Périgueux, Bergerac, Mussidan (Dordogne).
Augustine Aubertin rentra à Strasbourg après la guerre et garda des liens étroits avec les anciennes syndicalistes. Elle ressuscita le syndicalisme féminin et réunit les responsables le 16 avril 1945. Elle mourut le lendemain. Son appel à la reconstruction parut à titre posthume dans le Syndicaliste organe des syndicats chrétiens d’Alsace et de Lorraine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10368, notice AUBERTIN Augustine [AUBERTIN Marie, Joséphine, Augustine] par Henri Dubief, Jean-Pierre Kintz, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 25 avril 2016.

Par Henri Dubief, Jean-Pierre Kintz

SOURCES : J. Billing, Augustine Aubertin, inspiratrice du syndicalisme chrétien féminin en Alsace, Strasbourg, Édition du Secrétariat social d’Alsace, 1945, 1947. — Le Syndicaliste chrétien, organe de l’Union régionale d’Alsace et de Lorraine de la CFTC, n° 2, 31 mai 1945.

ICONOGRAPHIE : J. Billing, Augustine Aubertin, op. cit.

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