CARBONE Jean-Baptiste

Par Jacques Girault

Né le 11 mars 1859 à Ajaccio (Corse) ; mort le 22 avril 1948 à Sanary (Var) ; principal de collège ;militant socialiste du Var.

Carbone était principal de collège en retraite au début des années 1930. Bon connaisseur des idées marxistes, il était, selon de nombreux témoignages, un des seuls socialistes marxistes de Toulon (Var). Îgé, aimable, ce Corse au fort esprit insulaire, militait à la gauche de la section socialiste SFIO de Toulon. En mai 1926, il luttait contre la participation ministérielle. Aussi, fut-il l’administrateur-gérant de l’hebdomadaire socialiste Le Réveil du Var, dès sa fondation, le 1er mai 1927, et le resta jusqu’au 15 septembre 1927. Il y signa le premier éditorial « Pourquoi sommes-nous socialistes. ». Par la suite, il y donna régulièrement des articles. À partir du 1er septembre 1927, il en devint membre du comité de rédaction. Il s’en prenait notamment à Renaudel. On pouvait lire notamment le 23 juin 1927 : « J’ai été de tout temps contre la politique de soutien, contre la participation ministérielle, pour une action résolument socialiste sur le terrain de la lutte des classes, pour la réconciliation des socialistes et des communistes par l’abandon par le Parti communiste de la tactique de violence [...]. Dans le conflit de Renaudel avec la CAP, je suis avec la CAP contre Renaudel. J’estime en outre que notre parti ne peut vivre que s’il est discipliné, soumis aux décisions de nos congrès. Je suis donc pour la répression de tous les actes d’indiscipline, quelque soit le coupable. »

Président du cercle corse E. Vaillant du Mourillon, il habitait pourtant le premier canton de la ville dans le quartier du Temple et se partageait avec Sanary où il possédait une maison. En 1928, il fut secrétaire du Comité central qui soutenait la candidature de Renaudel aux élections législatives.

Dans la préparation des élections municipales, le 7 mars 1929, dans une réunion de la section toulonnaise, il se prononça pour une liste socialiste homogène. Cette position fut mise en minorité. Il participa néanmoins à la campagne électorale et présida les meetings socialistes au Marché couvert. Il intervint à la veille du deuxième tour dans un meeting communiste et se prononça pour l’union des deux partis. En mai 1930, délégué au congrès départemental à Fréjus, il y présenta la motion sur le désarmement. En 1932, pour l’élection législative, il présidait le Comité central qui soutenait le candidat SFIO dans le premier canton.

Après la scission de 1933, resté à la SFIO, il fit partie de la commission fédérale d’études pour la parution d’un hebdomadaire qui devait être Le Populaire du Var. Toutefois il refusa d’y jouer un rôle important. À l’école socialiste créée en avril 1934, il donna la première leçon sur les principales doctrines économiques. En 1935, pour les élections municipales, il fut candidat sur la liste « socialiste et d’unité d’action » qui alliait SFIO et PSF, et obtint le 5 mai 2 724 voix, sur 29 381 inscrits. Il ne figurait plus sur la liste qui se réclamait du Front populaire au deuxième tour. Il se retira alors à Sanary (Var).

En novembre 1946, après la démission de Risterucci* de la présidence du conseil général, il lui écrivait une lettre très dure pour les adversaires socialistes de ce dernier. Il mourut à Sanary, le 22 avril 1948.

Son fils était décédé en déportation en Allemagne à Mauthausen.

Était-ce A. Carbone qui devint secrétaire de la section socialiste SFIO de Sanary en février 1935 ? le seul Carbone inscrit sur les listes électorales en 1938 était J.-B Carbone.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article103728, notice CARBONE Jean-Baptiste par Jacques Girault, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 11 janvier 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021, 13085. — Arch. Dép. Var, 2 M7, 35.4, 3 Z 2.23. — Presse locale. — Arch. privées. J. Risterucci. — Sources orales.

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