AUBIN Camille [AUBIN Joseph, Camille]

Par Jacques Girault

Né le 7 mars 1889 à Bargemon (Var), mort le 2 janvier 1970 à Bargemon ; cordonnier ; militant communiste ; maire de Bargemon (1945-1953) ; conseiller général (1945).

Fils d’un cultivateur, Camille Aubin, orphelin de mère très jeune, reçut les premiers sacrements catholiques. Titulaire du certificat d’études primaires, il travailla comme serveur, cordonnier, puis s’engagea dans les Dragons à Montauban (Tarn-et-Garonne). Il se maria en août 1912. Le couple eut une fille. Il combattit sur le front pendant la Grande Guerre. Après la guerre, il installa un magasin de chaussures à Bargemon et avec son automobile, vendait des chaussures dans les foires de la région. Socialiste SFIO, membre du cercle des Travailleurs, élu conseiller municipal de Bargemon sur la liste « d’union républicaine socialiste », le 30 novembre 1919 avec 221 voix sur 374 inscrits, il participa aux commissions des écoles et de l’hygiène. Partisan de l’adhésion à la Troisième Internationale, il quitta la SFIO et ne se représenta pas par la suite. Il fut un des premiers communistes de la commune mais nous ignorons son activité entre les deux guerres. Il cessa son métier pour devenir artisan-cordonnier.

Veuf, non mobilisé en 1939, Camille Aubin, dans sa profession de foi en 1949 indiquait avoir été arrêté en 1941. Ouvrier cordonnier à Bargemon, président de la cellule communiste à la Libération, membre du Comité de Libération nationale, à partir du 15 août 1944 et de sa commission d’entraide et de ramassage créée le 19 août, il était responsable du blé, la farine et des légumes secs. Désigné à la tête de la délégation municipale mise en place par le comité départemental de Libération, le 28 octobre 1944, il présidait aussi le Comité local de Libération.

Élu maire en mai 1945, réélu en octobre 1947, Camille Aubin fut le seul élu communiste en 1953. Devenu représentant d’une maison de textiles (Linvosges), il effectuait des tournées de plusieurs jours. Il fut élu conseiller général du canton de Callas, le 23 septembre 1945. Rouge-Midi, le 20 septembre 1945, indiquait comme profession « artisan cordonnier ». Dans l’assemblée départementale, il fit partie de la commission des affaires économiques et du ravitaillement, de la troisième commission (Agriculture, Instruction publique, vœux), des commissions des transports, de visite des bâtiments départementaux, d’électrification des campagnes. Candidat URR, le 20 mars 1949, il arrivait en tête au premier tour. Il fut battu au deuxième tour par le candidat socialiste André Delpui, qui enleva aussi la mairie, quatre ans plus tard.

Le 17 avril 1955, candidat aux élections cantonales, il arrivait en troisième position avec 339 voix sur 1 856 inscrits. Il se retira. Selon des témoignages, il pensait que ses électeurs ne voteraient pas pour le candidat socialiste sortant. Aussi la fédération communiste désigna-t-elle le dracénois Pierre Cance comme candidat communiste au deuxième tour. Ce dernier affirmait dans sa profession de foi, « Placé par les suffrages des électeurs en dernière position, notre camarade ne se représente plus pour des raisons personnelles ». Aubin avait renoncé à se battre sur les positions du Parti communiste français qui refusait tout accord de désistement avec le Parti socialiste qui n’était pas demandeur. Les électeurs tranchèrent et, dans leur majorité, apportèrent, au deuxième tour, leurs suffrages au candidat de droite battant Delpui.

Ces épisodes provoquèrent une importante crise dans le PCF du Nord du département que les rapports de police qualifiait de « dissidences » Aubin cessa de militer tout en conservant sa carte. Il fut enterré civilement. A la fin des années 1970, la cellule du PCF de Bargemon portait son nom.

Plusieurs Aubin, ouvriers cordonniers, siégèrent au conseil municipal de Bargemon :
-  Aubin Barthélémy, en 1912, était aussi délégué à la commission locale des retraites ouvrières et paysannes ;
-  Aubin Émile, en 1933, fut désigné comme membre de la caisse de chômage chargée de répartir les indemnités ;
-  Aubin Baptistin fut désigné à la Libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10373, notice AUBIN Camille [AUBIN Joseph, Camille] par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 27 février 2019.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F7/15371. — Arch. Dép. Var, 2 M 7 24 1, 35 4 ; 18 M 13 ; 3 Z 2 10, 23. — Arch. Com. Bargemon. — Arch. Jean Charlot (Centre d’histoire sociale du XXeme siècle. Université de Paris I). — Sources orales.— Renseignements fournis par sa nièce Madame J. Deville. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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