CAROL Étienne [CAROL Hermin, Bonaventure, Étienne]

Par Justinien Raymond, Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 26 avril 1878 à Verniolle (Ariège), mort le 6 novembre 1938 à Foix (Ariège) ; instituteur ; secrétaire de la Fédération socialiste puis communiste de l’Ariège.

Fils de Pierre Carol, négociant, et de Joséphine Courtin, Étienne Carol devint instituteur. Il fut un des principaux militants de la Fédération socialiste de l’Ariège avant 1914, agent de recrutement, fondateur de sections (comme à Pailhès le 22 juin 1905 et à Montferrier en août), orateur dans les campagnes électorales (comme dans l’arrondissement de Pamiers en 1910) ou dans les réunions publiques, journaliste de doctrine et de combat, organisateur enfin.

Il épousa le 20 septembre 1900 à Ax-les-Thermes, Elisabeth Monde, institutrice, avec laquelle il eut une fille. Ils enseignaient à Varilhes (Ariège) depuis octobre 1911, puis il fut directeur d’école depuis octobre 1926.

Le 18 novembre 1906, à Pailhès, Carol fut nommé secrétaire fédéral par la poignée des quatorze militants restés fidèles au mouvement socialiste et désireux de ranimer une Fédération moribonde. Il mena à bien la tâche qu’on lui avait confiée. En 1910, la Fédération recréée comptait quatorze sections soit autant que de militants sûrs quatre ans plus tôt. En 1907 à Nancy et en 1913 à Brest, Étienne Carol représenta l’Ariège aux congrès nationaux du Parti socialiste.

La guerre interrompit son œuvre ; il fut mobilisé dans le service auxiliaire puis classé dans le service armé et envoyé pendant quarante et un mois au front comme soldat de deuxième classe. Il en revint blessé.

Étienne Carol reprit le secrétariat fédéral en 1919 et participa au congrès national d’avril. Candidat aux élections législatives de novembre, il recueillit 4 846 voix sur 65 992 inscrits et 39 881 votants. Ses colistiers socialistes étaient Bergère et Subra. Le mois suivant, il se présenta sans succès au conseil général dans le canton de Varilhes. É. Carol était très lié à Paul Vaillant-Couturier*, originaire de Sainte-Croix-Volvestre (Ariège). C’est peut-être sous son influence qu’il se rallia très tôt aux partisans de l’adhésion à la IIIe Internationale et entraîna avec lui la quasi-totalité des cinq cent quatre militants socialistes de l’Ariège en décembre 1920. Au congrès départemental du 12 décembre 1920, la Fédération donna 52 voix à la motion Cachin*-Frossard*, 2 à celle de Longuet et 4 à celle de Blum. É. Carol, responsable de la section de Foix, resta secrétaire de la Fédération communiste qui avait gardé tous les groupes socialistes. Il représenta l’Ariège à la conférence interfédérale de Toulouse (Haute-Garonne), le 16 janvier 1921. Il conserva le secrétariat fédéral et, de 1920 à 1924, fut « l’âme du Parti communiste dans la région » (F7/13749). En 1922, il fut candidat au conseil général dans le canton de Varilhes. Mais il se montra en désaccord avec le Parti lorsqu’il fut question en 1924-1925 de l’implanter sur la base des usines. Il était cependant secrétaire de la commission paysanne régionale en 1926 et secrétaire de la région Ariège en janvier 1928. Finalement, en août 1928, il démissionna. Si, aux élections législatives d’avril 1928, il soutint la candidature de R. Garmy, lors des élections cantonales, il observa une certaine neutralité mais il aurait engagé en fait ses amis à voter contre Garmy, pour J. Siret, maire de Varilhes, qui avait quitté le Parti vers 1925 et se disait républicain socialiste. Lui-même se présenta sur la liste de Siret aux élections municipales de mai 1929.

Sur le plan professionnel, Étienne Carol était considéré comme « excellent instituteur » ayant « toujours observé la plus grande neutralité au cours de son enseignement scolaire ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article103853, notice CAROL Étienne [CAROL Hermin, Bonaventure, Étienne] par Justinien Raymond, Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 8 juin 2017, dernière modification le 6 janvier 2022.

Par Justinien Raymond, Jean Maitron et Claude Pennetier

ŒUVRE : Carol assura la chronique « Socialisme agraire, sous le pseudonyme « Le Socio » dans les quelques numéros hebdomadaires de l’Avant-garde ariégeoise en 1905. Il continua son action dans La Tribune ariégeoise, organe radical où il avait toute liberté d’exposer la doctrine socialiste.

SOURCES : Arch. Nat. F7/12973 et 13749. — I.M.Th., bobine 156, 9 septembre 1926. — Comptes rendus des congrès socialistes de Nancy et de Brest. — Le Travailleur socialiste, 1919-1921. — L’Ordre nouveau, 1921. — L’Ordre communiste, 1922-1923. — Hubert Rouger, Les Fédérations socialistes I, pp. 114 à 120, passim. — Biographie t. 11 revue et complétée. — Etat civil.

ICONOGRAPHIE : Hubert Rouger, op. cit., p. 119.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément