CASTILLON

Par Jacques Girault

Les Castillon ont été des militants communistes varois.

Castillon Léon, Louis, né à Villecroze (Var), le 8 mars 1899, fils d’un artisan cordonnier, d’opinions de gauche, eut un de ses deux frères, mort à la guerre. Il effectua son service militaire dans la Marine et se maria à Trigance (Var) en juillet 1921. Les deux premiers enfants du premier mariage reçurent les sacrements catholiques. Ses deux enfants du deuxième mariage ne reçurent pas de sacrements. Facteur — receveur à Trigance, à La Bastide, puis à Saint-Aygulf, il était le secrétaire de la cellule communiste dans cette commune en 1937. Chargé par le Parti communiste et le Secours populaire, d’assurer l’accueil des Républicains espagnols au château de Villepey, il fut déplacé, à la suite de diverses pressions des milieux de droite, à la fin de 1938 — sans doute aussi après la grève du 30 novembre —, à Bretteville (Seine-Inférieure). Non mobilisé, à la suite des bombardements, il fut envoyé à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne) en mars 1940. Il démissionna de l’administration en septembre 1940 et regagna Saint-Aygulf. En raison de ses activités communistes clandestines, il fut interné au Centre de séjour surveillé de Chibron près de Signes (Var) le 27 novembre 1940, puis transféré au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), le 15 février 1941. Finalement, il fut transféré à Compiègne puis déporté à Büchenwald où il fit partie de la Brigade française d’action libératrice.

Le 12 mai 1945, La Lutte patriotique annonçait son retour. Castillon reprit son emploi à la poste de Draguignan (Var) où il participa à la création de la coopérative des PTT. Fondateur de la section de la FNDIRP, il fut le premier président de l’UJRF. Après une grève en 1949, il fut déplacé dans les Hautes-Alpes. Il refusa cette sanction et devint receveur à Flayosc, puis à Agay. Toujours communiste, il mourut à Fréjus, le 29 juillet 1963 et fut enterré à Villecroze, civilement. Une rue à Saint-Aygulf porte son nom.

Son fils Castillon Louis, Dominique, né à Trigance, le 9 août 1922, élève de l’École primaire supérieure de Lorgues, partit en Allemagne dans le cadre du STO avec le deuxième contingent de la classe 1942. Il travailla dans une usine de Magdebourg. Malade, il ne put être rapatrié avec ses camarades et y mourut, le 25 mai 1945. Reconnu « mort pour la France », il fut inhumé à Villecroze.

Son épouse, née Rossello Antoinette, Geneviève, à Grasse (Alpes-Maritimes), le 3 janvier 1903, d’une famille communiste, brodeuse-lingère, avait perdu son frère lors de la guerre de 1914-1918. À la Libération, elle fut une des fondatrices de l’Union des femmes françaises à Draguignan, et fut candidate aux élections municipales sur la liste, présentée par le Parti communiste, en avril 1945. Elle mourut à Saint-Aygulf, le 5 avril 1977 et fut inhumée à Villecroze.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article104236, notice CASTILLON par Jacques Girault, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 9 mai 2022.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 4 M 47, 4 M 291. — Presse locale. — P. Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Paris, Éditions sociales, 1977. — Renseignements fournis par Monsieur A. Sicard, gendre de l’intéressé, par Monsieur Pittavino, par J.-M. Guillon. — Sources orales.

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