CATHOMEN Alexandre [CATHOMEN Charles, Alexandre]

Par Jean Belin

Né le 12 février 1879 à Lons-le-Saulnier (Jura), mort en 1955 à Dijon (Côte-d’Or) ; Ouvrier plâtrier ; Secrétaire général du syndicat CGT du Bâtiment à Dijon (Côte-d’Or) et de la section des plâtriers de 1910 à 1914, A. Cathomen collabora, de 1912 à 1914 et en 1920, au Réveil syndical, mensuel de l’Union des syndicats ouvriers CGT de la Côte-d’Or. Il était administrateur de la Bourse du Travail et délégué de la 25e région du Bâtiment (Aube, Côte-d’Or, Haute-Marne, Yonne) à l’Union départementale des syndicats ; militant socialiste ; administrateur de l’I.C.O.

Fils de Joseph Cathomen, ouvrier crépisseur, et de Berthe Moureaux, Alexandre Cathomen était ouvrier plâtrier dans l’établissement Denis à Dijon avant son incorporation en novembre 1901. Engagé à la CGT, il était secrétaire de la section des plâtriers et du syndicat général des ouvriers du bâtiment de Dijon en 1910. Le syndicat qui déclara 86 adhérents avait son siège à la Bourse du travail. Il était partisan de la lutte des classes, mais hostile aux méthodes du syndicalisme révolutionnaire, auxquelles il opposait les vertus de l’organisation (cf. Réveil syndical, septembre 1913) : « La lutte des classes n’est pas une théorie, un dogme. Notre forme de lutte ne peut-être ni précisée à l’avance ni décidée de telle ou telle manière, par tel ou tel moyen. Elle se modifie suivant les circonstances. Pour la mener à bien, nous n’avons qu’à nous ressaisir, continuer à faire l’éducation de nos camarades et les guérir des individus. » Il avait été délégué en octobre 1910 au congrès de Toulouse de la CGT (XVIIe congrès national corporatif, 11e de la CGT) et au 12e congrès du Havre en septembre 1912.
Alexandre Cathomen qui côtoya le mouvement anarchiste, fut inscrit au carnet B avec d’autres militants dijonnais comme l’artiste peintre André Claudot, Mathieu Lespinasse… Engagé aux côtés de l’UD contre la loi des trois ans et la guerre, il fit l’objet d’une perquisition à son domicile avec d’autres militants, dont Michel Chanceaux, le 26 mai 1913. La police saisit de nombreux tracts, lettres et journaux appelant à combattre la guerre. Lors de la création de la première Union des syndicats ouvriers CGT de Dijon et de Côte-d’Or le 4 juin 1911, il fut élu membre de la commission administrative composée de Michel Chanceaux, le secrétaire général, François Veland, Charles Vaudry, Emile Jacquemier, Pierre Boissières, Gautrenet (cheminot) et Camille Jacob. Il était également membre du conseil d’administration de la Bourse du travail de Dijon.
Mobilisé à nouveau, Alexandre Cathomen fit la guerre de 1914 à 1918 comme sapeur dans un régiment du Génie. Dès novembre 1918, il publia de nombreux articles revendicatifs dans le Rappel socialiste. Il collaborait activement à la publication de l’Union Départementale CGT, Le Réveil syndical avant la guerre de 1914 et en 1920 et défendit les grévistes du rail en février-mars de cette même année. Il fut également membre du conseil d’administration de l’Imprimerie coopérative ouvrière (ICO) au cours des années 1920. Engagé politiquement, il était candidat aux élections municipales de Dijon en 1919 sur la liste socialiste conduite par Henri Barabant, mais non élu.
Par la suite, Alexandre Cathomen devint entrepreneur de maçonnerie au début des années 1930 et président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Côte-d’Or de 1946 à son décès en 1955. Il se maria à Dijon le 20 mars 1905 avec Claudine Berthier, ouvrière en robes, avec laquelle il eut une fille, Madeleine née en 1907 à Grenoble. Il était domicilié à Dijon lors de son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article104274, notice CATHOMEN Alexandre [CATHOMEN Charles, Alexandre] par Jean Belin, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 6 avril 2021.

Par Jean Belin

SOURCES : Arch. Nat. F7/13 600, rapport du 22 août 1913. — Le Réveil syndical et le Rappel socialiste. — Arch. Municipales de Dijon, sous-série F7. — Arch. Dép. de Côte-d’Or, rapport de police sur le suivi des militants anarchistes, état civil, recensement de la population. — Arch. de l’Imprimerie Coopérative Ouvrière, fonds d’Henri Silvestre. — Arch. Dép. du Jura, état civil, fiche de recrutement militaire. — La Bourse du travail de Dijon et la syndicalisme CGT en construction de 1890 à 1930, Jean Belin, novembre 2016, édition de l’IHS CGT Côte-d’Or.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément