CATONE Joseph

Par Jean-Marie Guillon

Né le 7 juin 1907 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; ajusteur-mécanicien ; militant de la Jeunesse communiste et du Parti communiste des Bouches-du-Rhône.

Fils de Prosper Catone et d’Anne-Marie Raffaela, marié le 1er décembre 1934 avec Clotilde Martinucci, cet ajusteur mécanicien habitait chemin du Rouet à Marseille. Il fut le responsable de la JC de ce quartier ouvrier avant de passer au parti en 1937. D’après la police, il aurait été un des responsables les plus écoutés de la JC et proche de David Bonfils qui l’avait représentée à New York en 1938. En 1939, il était secrétaire de la cellule Véran dans la 10e section. Membre du syndicat des métaux de 1937 à 1939, il avait faite la grève du 30 novembre 1938 alors qu’il travaillait aux Aciéries du Nord. Mobilisé au Ve Dépôt des équipages à Toulon (Var) le 2 septembre 1939, puis au 155e dépôt d’infanterie à Avignon (Vaucluse) le 20 mars 1940, il fut libéré le 25 juillet. Participant à la reconstruction clandestine du parti, il fut signalé par un indicateur comme distributeur de tracts ; militant dans la section des chômeurs, il en serait devenu le responsable. Il était considéré par la Police spéciale comme l’un des militants les plus en vue de la 10e section. C’est pourquoi il fut proposé à l’internement. L’arrêté d’internement administratif l’envoyant au camp de Chibron (commune de Signes, Var) fut signé le 27 novembre 1940. Il fut arrêté le 30 comme plusieurs autres communistes marseillais. Il fut transféré au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) lorsque Chibron fut dissous en février 1941. La Police spéciale donna un avis défavorable à sa libération le 2 mai 1941, mais il serait « revenu de ses erreurs » et aurait « une conduite digne d’éloge » d’après les Renseignements généraux qui donnèrent, le 14 janvier 1942, un avis favorable à sa libération si cela était avéré. Or, interrogé au camp le 27 janvier, il reconnut avoir été membre du PC, mais sans aucune responsabilité ; il reconnut la vente des journaux du parti dont L’Humanité, ajoutant qu’il avait vendu aussi le très modéré Radical quand il était au chômage. Surtout, il assuma avoir été hostile aux déportations d’internés en Afrique du Nord et avoir participé à la protestation du 2 avril 1941, ajoutant qu’il était solidaire de ses « meneurs ». Il refusa de signer l’acte de loyalisme au gouvernement sous prétexte que s’il changeait, il risquerait d’être de nouveau interné... Le chef de camp donna évidemment un avis défavorable à sa libération. Un an plus tard, le 20 mars 1943, il refusa encore de signer l’engagement de loyalisme mais il s’engageait à abandonner la politique et à continuer à faire « son devoir de Français comme il l’a toujours fait ». Le chef de camp resta sur son avis défavorable. Son dossier de Résistance conservé au SHD le fait apparaître comme membre du Front national, ce qui recouvre le plus souvent un engagement dans le PC clandestin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article104280, notice CATONE Joseph par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 24 février 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/11152 B et M6/11246, rapport du 14 décembre 1939.5 W 172 (dossier internement). — Arch. Dép. Var 4 M 292. — Site internet Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 111964 (,c). — état civil.

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