CHAMPAGNE Marius

Par Jacques Girault

Né à Sollies-Toucas (Var), le 1er avril 1867, mort à Toulon le 15 février 1929 ; ouvrier cordonnier, puis employé de commerce ; socialiste ; adjoint au maire SFIO (1925-1929) de Toulon.

Fils d’un tanneur, Champagne habitait le quartier des Routes à Toulon où il se maria en octobre 1904. Membre du Cercle du Parti ouvrier socialiste (Ferrero), dès sa fondation, le 3 janvier 1901, il faisait partie, dans l’été 1901, de la commission exécutive du Comité d’Union socialiste qui soutenait la candidature d’Escartefigue du Parti socialiste révolutionnaire, pour le conseil général dans le premier canton. Le 1er mai 1904, il figurait sur la liste du « Comité du Bloc des gauches » pour les élections municipales. Il fut élu avec 8 184 voix. Le 20 août 1904, il intervint longuement au conseil. Les ouvriers, selon lui, ne pouvaient exercer leurs mandats correctement. Il fallait prévoir une indemnité pour couvrir les frais de tout élu. Quand Claude* démissionna le mois suivant, il ne le suivit pas et devint rapporteur des finances. Dans le conflit que traversa la section communale de la SFIO, l’année suivante, il fut le partisan d’Escartefigue. Il était le seul ouvrier du conseil comme il le rappelait dans ses interventions, quand se posa en février 1907, la question du vote d’une subvention à l’Union des Chambres syndicales du Var, concurrente de la Bourse du Travail. Escartefigue proposait de répartir la subvention proportionnellement aux effectifs. Champagne se prononça pour une subvention à l’Union sous le contrôle du conseil, selon le système habituel. Cette motion emporta la majorité.

Candidat à nouveau sur la liste Escartefigue « Comité du Bloc des gauches », il fut élu le 3 mai 1908 avec 6 510 voix sur 21 478 inscrits.

Toujours rapporteur du budget, le 21 août 1908, il fut un des trois conseillers à voter l’ordre du jour blâmant la « conduite du gouvernement » Clemenceau. Le 6 septembre 1908, lors du congrès de la Fédération SFIO du Var, il défendit Escartefigue qui n’avait pas pris position contre « le Chouan ». Il avait été un des quatre conseillers municipaux à adhérer à la section communale SFIO reconstituée le 26 octobre 1908. Pourtant, en novembre, le maire Escartefigue le faisait désigner comme délégué sénatorial.

Lors des nouvelles élections de décembre 1909, il ne fut pas candidat. Avait-il préféré ne pas choisir entre les deux camps ?

Le 30 novembre 1919, Champagne — indiqué sur la liste « courtier » ou « employé » sur les listes électorales — candidat aux élections municipales sur la liste « Bloc des gauches-Union des socialistes et des Républicains avancés » conduite par Ferrero* , obtint 4 056 voix sur 23 847 inscrits et fut élu le dimanche suivant avec 5 014 voix. Toujours membre de la commission des finances, le 11 janvier 1920, il présidait la deuxième section de vote pour les élections sénatoriales. Membre du conseil d’administration de la section SFIO, il fut délégué à la réunion du 13 mai 1923 à Saint-Raphaël où se concrétisèrent les regroupements des cercles « rouges » en vue des élections législatives.

Cette fois « employé de commerce » sur la liste du « Cartel des gauches », le 3 mai 1925, il obtint 6 343 voix sur 21 843 inscrits et fut élu le dimanche suivant avec 7 647 voix. Il devint sixième adjoint au maire, délégué aux cimetières et à l’état civil.

À la mort de Ferrero, conseiller général du premier canton, on savait qu’Escartefigue briguerait sa succession. Champagne fut alors candidat pour essayer de « réagir contre le courant de sympathie » qui se dessinait en faveur de l’ancien maire. Le 27 novembre 1927, Champagne obtenait seulement 907 voix sur 6 479 inscrits et n’empêchait pas l’élection, dès le premier tour, de son adversaire. Cette candidature fut à l’origine de divergences avec les radicaux socialistes qui durèrent jusqu’à la fin du mandat municipal.

Pour l’élection législative de 1928, il présidait le Comité central du premier canton qui soutenait le candidat de la SFIO.

Trésorier de la section socialiste SFIO depuis quelques années, il signa au début de 1929 la carte de J. Tœsca* à son arrivée à Toulon. Remarié, il habitait la vieille ville en 1929.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article104786, notice CHAMPAGNE Marius par Jacques Girault, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 4 novembre 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7 13021, 13085. — Arch. Dép. Var, 2 M 4 1 1 ; 2 M 5 2 0 0 ; 2 M 5 2 7 1 ; 2 M 5 2 7 2 ; 2 M 7 2 4 3 ; 2 M 7 30 3 ; 2 M 7 31 1 ; 8 M 16 25 ; 3 Z 2 5 ; 3 Z 2 10. — Arch. Com. Toulon. — Arch. privées J. Tœsca. — Presse locale.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément