CHAMPEAUX Georges

Par Maurice Moissonnier

Publiciste. Collaborateur du Merle Blanc et du Canard Enchaîné. Il a contribué à fonder le Parti communiste dans la région lyonnaise avant de le quitter en 1923.

Mutilé de guerre (blessé à une hanche, il subit encore une opération en août 1921), G. Champeaux fut membre de l’Association républicaine des anciens Combattants dès la première heure. Il était à Lyon le secrétaire du groupe « Clarté » et, membre du Parti socialiste, il mena avec vigueur la lutte en faveur de l’adhésion à la 3e Internationale. Au lendemain du congrès de Tours, il devint le secrétaire de la 5e section du PC-SFIC (ex. 5e section socialiste) et, en janvier 1921, fut élu membre du comité directeur de la Fédération communiste du Rhône. En mai 1921, on le vit, avec des militants de l’ARAC et des syndicats, s’emparer salle Oger (ex. cirque Rancy) de la tribune où le général Sarrail, à l’invitation de la Ligue des droits de l’Homme, devait parler du service militaire de dix mois et il appela à une manifestation qui se termina par un choc brutal avec la police. C’est surtout l’action journalistique qui lui convenait et, en 1922 il devint le rédacteur en chef de l’hebdomadaire de la Fédération communiste du Rhône Travail, qui succédait au Cri du Peuple du Sud-Est, journal qui représentait une sorte d’extrême gauche sentimentale. Il ne tarda pas à prendre violemment position contre le mot d’ordre de l’Internationale de Front unique sur une base nettement anarchisante. Dans le n° 8 de Travail, il écrivait à ce propos : « Allez aux masses a dit Moscou. Et tous les militants ont répété en chœur allons aux masses. Mais bien peu les ont rencontrées et il ne pouvait en être autrement. Qu’est-ce en effet que « la masse » sinon la morne cohue des indifférents, de ceux qui ne font pas de politique et ne se dérangent même pas le jour des élections. La masse, la foule... : un monstre formidable avec des pieds kilométriques et un cerveau de hanneton ; gavé de bêtise et repu de lâcheté, ce monstre dort depuis longtemps et pour toujours ».

Il fut candidat aux élections cantonales de 1922 dans le IVe arrondissement de Lyon et obtint 530 voix. Le 15 décembre 1922, il tint sans doute au cinéma Danos son dernier grand meeting public sous l’égide du PC à l’occasion de la campagne électorale en faveur de la candidature d’André Marty (qui fut élu) au conseil d’arrondissement du 5e canton de Lyon.

Au cours de l’année 1923, après les décisions du IVe congrès de l’Internationale communiste qui proclame incompatible l’adhésion au PC et à la Franc-maçonnerie, il démissionna du Parti communiste et fut remplacé à la tête de Travail par Georges Faivre*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article104797, notice CHAMPEAUX Georges par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 4 novembre 2010.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, PP 4M4/534. — Travail, année 1922. — L’Humanité 16 décembre 1922.

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