AURIAU Jacques, René, Henri

Par Gérard Bourdin, René Crozet, Jacques Girault

Né le 30 janvier 1913 à La Roche-sur-Yon (Vendée), mort le 28 mars 1999 à Alençon (Orne) ; instituteur puis principal de CEG ; secrétaire de la section de l’Orne du SNI ; militant mutualiste (MGEN) et coopérateur.

Jacques Auriau
Jacques Auriau
L’Orne Hebdo, 5 décembre 2006

Fils d’un horloger-bijoutier installé à Sées (Orne), Jacques Auriau (parfois écrit Auriaux) reçut les premiers sacrements catholiques. Élève boursier au collège d’Argentan (Orne) où il fut marqué par son professeur de philosophie, Yves Silvestre, futur maire socialiste de la ville, il obtint le baccalauréat philosophie en 1931. Il enseigna toujours les disciplines littéraires et l’anglais dans des classes de cours complémentaires, Sées (1932-1935), Argentan (1936-1938), Laigle (1938-1939), puis Alençon où il devint professeur d’enseignement général de collège puis principal d’un collège d’enseignement général.

Jacques Auriau se maria religieusement en juillet 1938 avec Suzanne Guichard, fille d’instituteurs, institutrice intérimaire à Sées, future professeure d’enseignement général après la guerre. Leurs deux enfants ne reçurent aucun sacrement religieux.

Adhérent du Syndicat national des instituteurs dès son début dans l’enseignement, partisan des accords de Munich, gréviste le 30 novembre 1938, Jacques Auriau fut élu au conseil syndical de la section départementale en 1938 et en devint immédiatement le secrétaire adjoint. Les précédents responsables, hostiles à la grève, avaient démissionné. Il fut alors encouragé par le secrétaire général du SNI pour accepter ces responsabilités. Il affirmait alors son accord avec les analyses majoritaires concernant la lutte pour la paix. Il anima l’accueil des réfugiés espagnols. Il participait aussi aux activités culturelles en direction des enseignants et des auberges de jeunesse.

Jacques Auriau adhéra au Parti socialiste SFIO en 1936 au retour du service militaire. Il milita aussi au sein du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Mobilisé à la fin août 1939 à l’État-major de la 5eme division d’infanterie, fait prisonnier à Dunkerque, il fut envoyé en captivité en Silésie, puis évacué sanitaire en septembre 1943.

Jacques Auriau renoua des contacts avec ses collègues syndicalistes et participa à la reconstitution de la section départementale du SNI dont il devint le secrétaire général jusqu’en 1952. Il demeura membre du bureau départemental du syndicat et représenta les personnels dans les conseils d’administration des établissements ou dans la commission administrative paritaire. Élu au Conseil départemental de l’enseignement primaire, il en démissionna à la fin de 1953 à la demande du SNI pour protester contre la politique gouvernementale répressive et antilaïque. Il fut réélu en janvier 1954.

Auriau participa aux réunions nationales des instances du SNI et fut désigné à la rentrée scolaire de 1947 comme adjoint au comité permanent d’études pédagogiques qui tenait lieu de commission pédagogique. Lors des réunions du conseil national du SNI, les 27 décembre 1949 et 27 décembre 1951, il figura comme suppléant dans la commission des conflits. Il intervint lors du congrès du SNI, le 17 juillet 1952 à propos du recrutement des écoles normales
Mais dans les années 1950, en désaccord avec le SNI, il devint membre du bureau national de l’Association des professeurs d’enseignement général de collège. Intégré dans l’équipe qui présenta un rapport sur les travaux dirigés et les travaux expérimentaux et d’observation des enfants aux CEG aux journées nationales d’études du SNI (16-18 février 1961), il se chargea des travaux dirigés d‘anglais.

Jacques Auriau participa en 1947 à la création de la section de l’Orne de la MGEN. Élu au conseil d’administration de cette section, il en assura la présidence de 1961 à 1984.

Président, de 1945 à 1970, des sections locales des Coopérateurs de Normandie, Jacques Auriau fut nommé en 1970 membre du conseil d’administration des Coopérateurs de Normandie, et en assura la présidence de 1983 à 1985 (3 300 employés). Il les représenta dans la Société de courtage pour les assurances des sociétés coopératives. Il fut membre du Comité national puis du Conseil central de la Fédération nationale des coopératives de consommation. Il siégea en 1982-1983 au Conseil économique et social de la Région de Haute-Normandie.

Jacques Auriau exerça aussi diverses responsabilités dans des associations départementales : vice-président de l’Amicale des anciens combattants et prisonniers de guerre, président-fondateur de la section locale interministérielle des Mutuelles de fonctionnaires. Administrateur de l’union mutualiste départementale, il en fut le vice-président jusqu’en juin 1986 puis l’administrateur honoraire.

Toujours membre du parti socialiste SFIO, Auriau soutint par la suite les analyses de François Mitterrand dans le Parti socialiste. Responsable pendant les neuf premières années de l’antenne d’Alençon de l’Université du troisième âge, il fut enterré civilement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10497, notice AURIAU Jacques, René, Henri par Gérard Bourdin, René Crozet, Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 21 septembre 2021.

Par Gérard Bourdin, René Crozet, Jacques Girault

Jacques Auriau
Jacques Auriau
L’Orne Hebdo, 5 décembre 2006

SOURCES : Arch. Dép. Orne, 348 W 354. — Archives de la Fédération socialiste de l’Orne. — Documentation de la MGEN. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé et par sa veuve.

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