CHARBONNIER [ouvrier du bâtiment]

Par Jean-Luc Pinol

Mort en mai 1932 ; ouvrier du bâtiment ; syndicaliste CGT ; trésorier de la Fédération du Bâtiment.

Il assista comme délégué au XVIe congrès national corporatif - 10e de la CGT - et à la IIIe conférence des Bourses du Travail tenus à Marseille du 5 au 12 octobre 1908. Il y représentait divers syndicats du Bâtiment.

Trésorier de la Fédération du Bâtiment aux côtés de Moulinier en 1912, Charbonnier, pendant la Première Guerre mondiale, défendit l’Union sacrée. Trésorier de la Fédération du Bâtiment, il exerçait également les fonctions de secrétaire du syndicat des plombiers-couvreurs-zingueurs de Paris. Lors du congrès fédéral de juillet 1918, il dut faire face, avec Paul Chanvin, à l’hostilité des minoritaires. Il défendit vigoureusement ses idées et l’action de la Fédération. À propos de la déclaration de guerre, il expliqua : « Nous avions la partie belle pour engager nos camarades à ne pas répondre à l’ordre d’appel ; mais en faisant fusiller ceux qui se seraient rangés à notre avis, nous aurions été de véritables bandits ». Et le rapport de police de commenter : « Toujours maître de la salle, Charbonnier fait le procès de ceux qui répandent la calomnie ». Pour lui, les minoritaires ont tué Moulinier (mort en 1915), « homme au caractère probe et à la conscience droite qui s’est affecté des imbécillités qui ont été répandues sur son compte ». Accusant toujours les minoritaires, il termina son discours en les raillant : « Vous voulez changer radicalement la société et vous vous refusez à en connaître les rouages ! Quand vous parlerez à vos mandants, ils vous riront au nez ». Les partisans de Chanvin et de Charbonnier conservèrent la majorité ; en décembre 1918, les deux hommes furent reconduits dans leur fonction de secrétaire et de trésorier. En mai 1921, au congrès fédéral de Dijon, les minoritaires l’emportèrent.

Après la scission syndicale, Charbonnier fut trésorier de la Fédération confédérée du Bâtiment dont Constant était le secrétaire général. Les unitaires critiquèrent âprement le trésorier dans leurs bulletins.

À partir de 1925, Charbonnier n’exerça plus de fonctions syndicales. Il mourut en mai 1932.

Voir Nicolet Jules.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article104982, notice CHARBONNIER [ouvrier du bâtiment] par Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 13 novembre 2022.

Par Jean-Luc Pinol

SOURCES : Arch. Nat. F7/13618, F7/13647, F7/13649, F7/13650, F7/13651 et F7/13652. — Compte rendu du congrès CGT de Marseille, 1908, et du VIe congrès de la Fédération du Bâtiment, 1918. — La CGT, op. cit., 1925. — Jean-Louis Robert, Les ouvriers, la Patrie et la Révolution. Paris 1914-1919, Annales littéraires de l’Université de Besançon, 1995.

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