AURIN Louis [AURIN Joseph, Léon, Samuel, dit Louis.]

Par Claude Pennetier

Né le 19 juin 1899 à Condom (Gers), mort le 5 juillet 1987 à Agen (Lot-et-Garonne) ; ouvrier des lignes PTT ; militant syndical et communiste du Lot-et-Garonne, de l’Indre, du Cher, du Tarn-et-Garonne ; député communiste d’Issoudun (Indre) en 1928, aussitôt démissionnaire ; secrétaire de l’Union départementale CGTU puis CGT du Lot-et-Garonne ; dirigeant de Force ouvrière dans le Lot-et-Garonne.

Louis Aurin
Louis Aurin

Louis Aurin naquit dans une famille de rouliers pauvres ne possédant pas même leurs attelages. En juin 1911, il débuta dans cette profession à Condom (Gers) puis travailla à Agen (Lot-et-Garonne), mais au chômage en 1916, il entra comme auxiliaire aux services des lignes téléphoniques et télégraphiques du Lot-et-Garonne. Le syndicalisme très actif des « lignards » l’attira aussitôt ; cependant la politique ne l’intéressa guère avant 1923. Engagé dans l’armée pour quatre ans en février 1918, Louis Aurin fut incorporé au 8e régiment du génie à Angoulême (Charente). Fin mai il arriva sur le front à Noyon. Après l’armistice, il partit en occupation à Mayence (Allemagne), puis fut envoyé en Afrique du Nord jusqu’à sa démobilisation en 1922. Louis Aurin affirmait dans une lettre de juin 1976 « ce n’est pas mon passage au régiment qui a modifié ou éveillé ma compréhension sociale et politique » d’ailleurs ajoutait-il « je n’ai jamais été antimilitariste »... « Reprendre l’Alsace et la Lorraine était le pain moral quotidien de la masse des Français, seuls les anarchistes, et encore pas tous, traitaient cela avec colère et mépris ».

L’ouvrier Aurin semble donc avoir mieux accepté l’Union sacrée et les contraintes de la guerre que les paysans socialistes du Lot-et-Garonne ralliés aux thèses « minoritaires ». Faut-il en voir l’explication dans son affectation aux lignes téléphoniques militaires qui, même sur le front, le plaçait dans une situation privilégiée par rapport aux poilus. Ce n’est pas la guerre, mais l’après-guerre, les grèves de mai 1920 qui politiquement marquèrent le plus Louis Aurin : « Les échos nous en venaient du Maroc »... « c’est à cette époque que commence pour moi la réflexion politique ».

Louis Aurin revint en février 1922 dans le Lot-et-Garonne où les mouvements ouvriers et paysans, marqués par la personnalité de Renaud Jean*, avaient rallié avec enthousiasme le Parti communiste et la CGTU. Réembauché comme auxiliaire des PTT il reprit sa place dans son syndicat affilié à la CGTU, en août 1922. En février 1923, il entrait au Parti communiste. Avec le recul des années, Louis Aurin interprétait en 1976 son adhésion comme la réaction d’un travailleur appartenant à un métier en voie de disparition : les chemins de fer remplaçaient les chevaux « j’étais donc un homme sans qualification, écrit-il. J’étais manoeuvre ou manouvrier, donc au bas de l’échelle sociale. J’en étais très affecté dans ma dignité et dans ma condition matérielle ». Ses qualités d’animateur et son tempérament combatif le firent accéder rapidement au secrétariat du syndicat unitaire des ouvriers de lignes des PTT du Lot-et-Garonne. Membre du comité national de la Fédération unitaire des PTT dès 1924, l’ouvrier gascon fut pressenti pour « monter à la Fédération », Aurin raconte qu’il répondit « je préfère être le premier à Agen que le centième à Paris ». Il anima l’Union départementale CGTU jusqu’à son départ pour l’Indre le 30 avril 1926.

Pour obtenir sa titularisation dans les PTT, Louis Aurin dut quitter Agen. Il arriva dans un département à faible implantation communiste et où l’Union départementale des syndicats avait refusé la scission : syndicats unitaires, confédérés, autonomes payaient la moitié de leurs timbres à l’UD, l’autre à leur Fédération. Cette situation n’avait pas manqué d’influer sur les rapports entre socialistes et communistes. Dès le 1er mai 1926, lendemain de son installation Aurin affirma l’existence d’un courant « unitaire » qui voulait vivre, se développer, avoir sa place propre à la Bourse du Travail de Châteauroux. Des protestations s’élevèrent contre « l’intrus » mais la minorité communiste se réjouit d’être renforcée par un dirigeant de valeur. Dès lors, Louis Aurin se consacra à l’implantation du syndicalisme unitaire dans l’Indre et assura le secrétariat du syndicat départemental des ouvriers des lignes PTT. L’unité était condamnée, en 1927 la CGT obligea ses syndicats à former une UD distincte. Pourtant les trois tendances continuèrent à vivre côte à côte à la Bourse du Travail. Les confédérés se réunissaient dans la salle Jean-Jaurès, les unitaires dans la salle Lénine et les autonomes dans la salle Francisco-Ferrer. Ils possédaient en commun le mobilier et la bibliothèque.

Louis Aurin lui-même fut influencé par les aspirations à l’unité du mouvement ouvrier de l’Indre. « L’affaire Aurin », qui éclata au lendemain des élections législatives d’avril 1928, doit être située dans ce contexte départemental. Voici les faits : Aurin, désigné comme candidat communiste dans la circonscription d’Issoudun, mena au premier tour une campagne conforme à la ligne politique du Parti. Très bon orateur, il porta une contradiction sans concession à ses concurrents de gauche et refusa même de leur serrer la main. À la surprise générale, le jeune ouvrier des PTT, avec 17,6 % des voix des électeurs inscrits, devança le député socialiste sortant Héliès. Un socialiste était en bonne position pour gagner la 2e circonscription de Châteauroux (Hymans), la 1re pouvait être conservée par un radical et à Issoudun, le communiste Aurin avait quelques chances de l’emporter, aussi la tentation était forte de réaliser un accord des forces de gauche. Socialistes et radicaux firent savoir qu’ils y étaient favorables. Les communistes avaient pour consigne d’appliquer la tactique électorale « classe contre classe » et de se maintenir partout. Le bureau du rayon de l’Indre passa outre. Une délégation conduite par Marius Olivier négocia des retraits réciproques avec les dirigeants radicaux et socialistes. Officiellement tous les candidats communistes furent maintenus, en réalité seul Louis Aurin fit campagne. Bénéficiant du désistement socialiste, il gagna le siège mais de justesse, avec seulement 30,2 % des voix des électeurs inscrits. Le comité départemental communiste cacha à la direction du Parti les contacts avec les autres candidats : « Nous devons dire que les attitudes de ces citoyens (Héliès, Liaumont, Dumont) ont été déterminées par eux seuls, et que en aucun cas, le Parti ne leur a demandé, après le 22 avril, quoi que ce soit de ce genre. C’est le Parti socialiste qui, de lui-même, nous a informés le lundi 23 du désistement d’Héliès, sans rien nous demander en échange » (I. M. Th., bobine 204). Les dirigeants du rayon communiste de l’Indre et spécialement Aurin avaient incontestablement violé la discipline du Parti. Curieusement le bureau régional ne réagit pas entre les deux tours, peut-être pour ne pas compromettre l’élection de G. Cornavin à Vierzon. Après le deuxième tour, l’ancien député communiste de Vierzon saisit le bureau politique d’un rapport sur l’élection d’Issoudun. La conférence de la région du Centre réunie le 3 juin 1928 proposa : « à la Conférence nationale la remise du mandat de député du communiste Aurin, élu par suite de combinaisons avec des adversaires du Parti, qu’en cas de refus du communiste Aurin de se plier à la discipline du Parti, de demander l’exclusion de Aurin et des membres du Parti qui se solidariseront avec lui » (I. M. Th., bobine 204). La direction nationale voulait faire un exemple : elle décida d’engager une procédure d’exclusion contre Aurin. Celui-ci devança la sanction en abandonnant son mandat de député mais il refusa d’introduire une autocritique dans sa lettre de démission. Aurin redevenait un simple militant ouvrier du parti et, malgré les critiques publiques du BP, son autorité en sortait grandie. Son geste fut ressenti par les communistes de base comme un exemple de dévouement et de désintéressement : « J’avais été l’erreur, la compromission, le déshonneur du Parti, je redevenais la pureté » (lettre de juin 1976).

L’attitude d’Aurin, d’Olivier et des autres dirigeants de l’Indre illustrait l’existence dans les départements ruraux d’une forte résistance à la tactique « classe contre classe ». Y voir le seul intérêt électoral serait injuste. En fait, ils craignaient surtout de s’isoler des socialistes et des nombreux militants ouvriers qui ne se reconnaissaient pas entièrement dans le PC. La présence dans l’Indre, d’un fort courant syndicaliste révolutionnaire animé par l’instituteur Georges Thomas, rendait dangereuse sinon suicidaire une politique sectaire. Pourtant la discipline du parti l’emporta mais non sans dégâts ; Paul Combette, secrétaire de l’Union locale CGTU de Châteauroux et candidat dans la 1re circonscription de Châteauroux, quitta le PC pour devenir syndicaliste révolutionnaire. Le rayon sortit très affaibli de cette épreuve.

L’administration des PTT jugea prudent de muter Louis Aurin dans son département d’origine. Il milita à Agen de décembre 1928 à 1930 et assura le secrétariat de l’Union locale unitaire. Les socialistes du Lot-et-Garonne l’accusèrent publiquement de s’être fait mettre en congé le 1er août 1929 au lieu de se déclarer gréviste (lettre de Barbariche à J. Zyromski, 28 juillet 1930). Reçu au concours de chef d’équipe, il suivit des cours à Paris en septembre et octobre 1930. Pendant ce séjour dans la capitale, la Fédération postale unitaire utilisa au maximum ses qualités de propagandiste. Au moment de choisir un poste, Aurin encore marqué par sa « blessure berrichonne » accepta une place à Bourges (Cher), aucun poste n’était libre dans le Sud-Ouest. Il adhéra à la cellule n° 4 (employés) mais n’eut aucun contact avec le rayon : « la direction régionale du Parti, donc Cornavin, qui avait procédé à mon exécution deux ans et demi avant à Issoudun, m’ignorait totalement ». Aurin se consacra uniquement à l’action syndicale. Dans les PTT du Cher, les confédérés dominaient. Il les obligea à organiser une réunion des ouvriers des lignes où Charles Moreau, secrétaire général, vint en personne tenter de contrebalancer l’influence du syndicaliste unitaire. Ne restant qu’une année à Bourges, l’ouvrier gascon n’eut pas le temps de recueillir les fruits de sa propagande.

En 1932, l’autorité de Maurice Thorez s’était affirmée à la direction du parti. Le nouveau secrétaire général « manifestait une sympathie certaine » pour Aurin (lettre juin 1976). Soucieux de corriger les « erreurs » de ses prédécesseurs, il décida de l’investir pour les élections législatives de mai 1932 dans la circonscription d’Issoudun. Laissons l’intéressé rapporter les propos de Thorez : « En 1928, vous avez commis des erreurs dans l’Indre, mais vous vous étiez bien battus pendant le premier tour, toi surtout. Ce fut une erreur plus grande de te pousser à la démission de ton mandat. Il faut profiter des élections législatives prochaines pour corriger tout à la fois. Tu dois être candidat. Nous allons réaliser un matériel particulier pour toi (tracts et affiches). De plus Jacques Doriot viendra assurer deux meetings, un à Vatan, l’autre à Issoudun. Puisque le renégat Chasseigne est candidat, ce sera l’occasion pour Doriot de faire la preuve de la pureté de ses intentions vis-à-vis de la direction du Parti. La direction régionale sera mise en demeure de soutenir la décision que prend le secrétariat du Parti. J’y veillerai, aie confiance ». En fait le matériel de propagande rappela simplement qu’Aurin avait démissionné par discipline mais sans analyser l’élection. Quant à Doriot il ne vint pas. Chasseigne, rendant hommage à Aurin et le plaignant, put affirmer que le député de Saint-Denis était en désaccord avec la ligne du Parti. Pour Aurin la campagne fut « difficile et pénible », les militants de base étaient désorientés. Il recueillit au premier tour 10 % des voix des électeurs inscrits. Son score tomba à 3,6 % au second tour, tandis que Chasseigne du Parti d’unité prolétarienne était élu.

Dès le 12 mai 1932, Aurin obtenait sa mutation pour Montauban (Tarn-et-Garonne). Le PC y était embryonnaire, la CGTU également. Aussitôt l’ouvrier des PTT prit en main la cellule, affirma la présence des unitaires à la Maison du Peuple. En octobre 1932, il devint secrétaire de la 14e région unitaire des PTT groupant Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne, Lot, Tarn, Hautes-Pyrénées et Ariège. L’élection législative partielle du 22 octobre 1933 lui permit de mener une propagande communiste active. Une nouvelle fois Thorez était intervenu personnellement pour lui donner l’investiture. Pour la première fois les communistes n’étaient pas de simples figurants dans le jeu politique départemental. Les interventions d’Aurin dans les réunions socialistes rencontrèrent un certain écho : il parlait des dangers de guerre (il avait été délégué l’année précédente au congrès d’Amsterdam contre la guerre), du fascisme et de la nécessité d’une riposte commune des communistes, des socialistes et même des radicaux. Avec 935 voix il doublait le score de Granier, candidat communiste de mai 1932. Malgré une invite de la préfecture, son nom fut maintenu au second tour contre le radical qui lui reprit les deux tiers de ses voix. Le bilan restait cependant positif. Les effectifs communistes avaient augmenté et le thème de l’unité d’action contre le fascisme avait fait son chemin chez les militants de la SFIO. Aurin fut tête de liste aux élections municipales complémentaires d’avril 1934, puis se présenta aux élections cantonales d’octobre 1934 avant de quitter le Tarn-et-Garonne, en novembre 1935.

Dès son retour à Agen (Lot-et-Garonne), Aurin prit le secrétariat de l’Union départementale unitaire. Il avait toujours été avant tout un syndicaliste. Dans son département natal cette préférence s’accentua. Des circonstances particulières le confirmèrent dans son militantisme essentiellement syndical. La direction communiste régionale lui avait proposé d’être candidat aux élections législatives d’avril 1936 dans la circonscription de Nérac. En fait, il s’agissait d’opposer à l’instituteur Labrunie, porte-drapeau en 1932 mais hostile au tournant politique du Parti, un militant « discipliné ». Aurin refusa par amitié pour Labrunie. Il demanda à continuer la propagande qu’il avait menée pendant trois ans dans le Tarn-et-Garonne. On lui répondit : Nérac ou nulle part ! Ce fut nulle part.

Le 2 février 1936, confédérés et unitaires fusionnèrent leurs UD Aurin fut élu secrétaire général contre André Lescorat secrétaire du syndicat du Livre confédéré. Il conserva cette fonction bénévole jusqu’à la guerre. Les effectifs de départ étaient faibles : 25 syndicats groupant 2 500 membres, en janvier 1937 l’UD atteignait 106 syndicats, 9 000 adhérents et en septembre 120 syndicats, 11 500 membres. À la tête de l’UD Aurin s’affirma comme un organisateur « responsable » refusant les débordements. Il était en cela en accord avec les consignes du PC mais aussi avec son tempérament. Ainsi dès son retour dans le Lot-et-Garonne en novembre 1935, il critiqua sévèrement les communistes qui avaient mis en grève un millier de métallurgistes à Agen, sans réelle possibilité de victoire. Il provoqua l’arrêt de la grève. Pendant le Front populaire, il se félicita que les syndicats soient « des éléments d’ordre et de paix sociale refusant de se laisser provoquer aussi bien par le patronat que par les éléments troubles du trotskisme » (Le Travailleur du Sud-Ouest, 18 septembre 1937). Sa tâche de modération ne fut pas facile « Nous avons eu à réagir contre la passivité, quelquefois, mais le plus souvent contre le gauchisme de camarades qui avaient peine à comprendre et à admettre les nécessités de la politique du Front populaire » (2 octobre 1937). Interrogé sur les manifestations de ce « gauchisme », Aurin confirmait dans une lettre de juin 1976, la présence à Agen d’éléments trotstkystes et anarchistes, mais surtout les « nouveaux venus au syndicalisme ne comprenant pas que le gouvernement de Front populaire fut de si courte durée, que la réaction syndicale ne soit pas plus forte ».

Au titre de secrétaire général de l’UD-CGT, Aurin était membre de l’Office départemental du blé. Il en fut élu vice-président et put ainsi renforcer l’influence du mouvement syndical dans les milieux paysans.

Aurin n’avait manifesté, depuis 1928, aucun désaccord avec la politique du PC. Brusquement la signature, en août 1939, du pacte germano-soviétique et son approbation par le Parti bouleversèrent ses références politiques : ce « fut pour moi un coup formidable, il est difficile de trouver l’expression juste pour dire mon accablement. J’ai eu le temps en prison, dans les camps, de réfléchir longuement à cet acte de politique internationale germano-russe. Je me suis rendu compte que j’étais Français avant d’être communiste »... « J’ai donc repoussé, répudié le pacte germano-russe et au-delà, à l’armée, en prison, dans les camps, je me suis éloigné tous les jours, davantage, du Parti et de ceux qui lui restaient fidèles malgré et contre tout. Je devenais tous les jours, de plus en plus, le transfuge, le traître » (lettre de juin 1976).
Mobilisé le 8 septembre 1939 et affecté spécial au service téléphonique des armées, Aurin fut arrêté en mai à Beaume-les-Dames (Doubs) en application de la circulaire Daladier. Il s’évada de la prison militaire de Besançon le 11 septembre 1940 et rejoignit Agen où il fut appréhendé le 26 septembre. Il séjourna aux camps de Buzet-sur-Baïse (Lot-et-Garonne), Gurs (Pyrénées-Atlantiques), Nexon (Haute-Vienne) avant d’être déporté en Algérie (camp de Djelfa dans le sud algérois puis Bossuet dans le sud oranais). Fin septembre 1941, Aurin comparut devant le tribunal militaire d’Oran. Acquitté, il retourna au camp de Bossuet. Libéré en mars 1943, il fut mobilisé dans les transmissions.

De retour à Agen en juin 1945, il reprit son travail aux PTT et demanda à retrouver ses responsabilités syndicales d’avant-guerre. La direction communiste de l’UD l’accusa d’avoir, dans une lettre à son frère, approuvé la « Charte du Travail » du gouvernement de Vichy, « ce qui bien entendu était faux » affirme Aurin dans sa lettre de juin 1976. Une « commission d’épuration », sans entendre l’intéressé, l’exclut le 18 décembre 1945 de la CGT pour dix ans. Son syndicat, par la voix de Marcel Verdier, secrétaire de la section du Lot-et-Garonne, protesta avec véhémence.

Le Réveil socialiste, organe de la Fédération SFIO écrivit dans son numéro du 30 décembre 1945 : « Ce camarade a été entendu par le congrès départemental et aucun des membres présents n’a pu dire : il est coupable. Seuls ses adversaires au sein du PC, pour obéir à la consigne reçue, n’ont pas voulu l’absoudre ». Il est vrai qu’Aurin avait été inscrit sur la « liste noire » des anciens militants communistes à écarter des organisations ouvrières.

Aurin n’adhéra à aucun parti après la Libération. En 1947, il se situait parmi les confédérés. Il participa à la création - le 3 janvier 1948 avec notamment Denis Ginestet - de l’Union départementale Force ouvrière du Lot et Garonne dont il devint le secrétaire général le 23 décembre 1948 ; il le resta jusqu’au 12 avril 1964 ; il fut alors remplacé par Francis Laffargue (Communaux). Aurin était devenu président de l’UD.

De 1950 (ou 1956) à 1966 ou 1969, selon les sources, Louis Aurin appartint également à la commission exécutive confédérale de Force ouvrière.

En 1976, il présidait de nombreux organismes sociaux du Lot-et-Garonne et siégeait au conseil économique et régional d’Aquitaine.

Marié le 25 avril 1922 à Bazens (Lot-et-Garonne) avec Jeanne, Gabrielle Lavayssière et le 3 juin 1952 avec Marie-Jeanne Dufraisse à Agen, Joseph Aurin y mourut le 5 juillet 1987.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10504, notice AURIN Louis [AURIN Joseph, Léon, Samuel, dit Louis.] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 29 août 2012.

Par Claude Pennetier

Louis Aurin
Louis Aurin

ŒUVRE : En 1986, il publia ses mémoires sous le titre : Soixante ans de vie militante.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13082, F7/13113, F7/13125. — Arch. Dép. Lot-et-Garonne, cabinet du préfet. — Arch. Dép. Indre 3 M 1419. — Arch. Dép. Cher, 25 M. I.M. Th., bobine 204 (Jacques Girault). — Presse communiste du Lot-et-Garonne. — Le Travailleur, du Tarn-et-Garonne. — La Voix des Travailleurs, du Cher et de l’Indre. — L’Émancipateur. — Le Réveil socialiste, 1945. — Maurice Boin, Comment et pourquoi j’ai été exclu du Parti communiste. — Lettre de l’intéressé, juin 1976, 37 pages dactylographiées. — Gérard Adam, op. cit. — Force ouvrière hebdo, , 22 avril 1964, 29 avril 1966, 2 avril 1969, 16 septembre 1987. — Comptes rendus des congrès confédéraux de Force Ouvrière de 1948 à 1969. —Arch. Dép. Lot-et-Garonne, 1958 W 31. — Notes de Michel Dreyfus et Louis Botella.

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