AUROUX Louis, Henri

Par Paul Boulland, Claude Pennetier

Né le 29 août 1902 à Châteauroux (Indre), mort le 2 novembre 1973 à Montreuil (Seine-Saint-Denis) ; mécanicien, blanchisseur puis ajusteur outilleur ; militant communiste ; conseiller municipal de Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne).

Le père de Louis Auroux avait été militant socialiste avant 1914 mais de 1920 à son décès en 1933, il cessa toute activité du fait de son état de santé. Il travailla comme cordonnier puis comme cheminot et fut révoqué par deux fois pour son activité syndicale, en 1910 et 1920. Sa mère était couturière. Louis Auroux était titulaire du certificat d’études primaires.

En avril 1922, Louis Auroux adhéra aux Jeunesses communistes. Appelé comme 2e Classe au 22e BOA le 13 novembre suivant, il fut constamment surveillé lors de son service militaire, car la liste des adhérents des JC avait été trouvée lors d’une perquisition chez le secrétaire local. Il participa toutefois à la diffusion de La Caserne.
En 1924, marié à Montreuil, il exerçait la profession de mécanicien aux établissements militaires de Vincennes. C’est là qu’il adhéra, en août 1924, à la CGTU et au PCF, où il devint rapidement trésorier de la cellule 1201.

Lors des campagnes électorales de 1928 et 1932 il fut chargé par le sous-rayon de Nogent-Le Perreux du collage et de la surveillance des affiches et intervint à plusieurs reprises en tant que secrétaire du Secours Rouge du Perreux. A cette époque, il fut également délégué d’atelier et membre de la section syndicale CGTU. En 1930, révoqué du Parc d’artillerie régional pour activité communiste, il bénéficia dans l’Humanité d’une campagne de soutien qui resta sans effet. Contraint à une longue période de chômage, il abandonna son métier pour trouver un emploi de laveur dans la blanchisserie Gaveau (rue éponyme à Fontenay-sous-Bois) où il travailla jusqu’en 1952.

En 1934, Louis Auroux s’était établi à Fontenay-sous-Bois où il créa une cellule de quartier en 1935 puis un comité d’intérêts généraux de quartier qui s’opposa activement à la municipalité. Il fut membre de la commission de contrôle financier de la section Fontenay-Vincennes puis participa au bureau de la section Fontenay-sous-Bois, créée en 1939.
Mobilisé à Verdun au 160e RAF, il fut interrogé par la police au cours d’une permission, au mois de mars 1940. De retour dans son régiment, il mena une propagande active parmi les soldats, faisant même flotter le drapeau rouge sur le fort le 1er mai 1940. Fait prisonnier le 22 juin 1940, à Saint-Dié, il fut envoyé à Nuremberg, au stalag XIII D, en juillet 1940. En novembre 1940, il fut affecté dans une usine fabriquant des mines, des bombes et des bobines téléphoniques pour l’armée allemande. Aidé d’autres militants communistes, il rencontra certains succès dans le ralentissement et le sabotage de la production. Tombé malade en mars 1944, il rentra à Fontenay-sous-Bois le 14 juillet 1944, et retrouva immédiatement le contact avec ses anciens camarades qui le firent entrer au Front national. Il participa aux combats pour la libération de la ville le 25 août 1944, et gagna le grade de sergent FFI.

Louis Auroux s’attela alors à l’organisation de l’activité locale. Il recréa la cellule de son quartier ainsi que le comité d’intérêts généraux et organisa la formation d’une garde civique républicaine dont il fut chef de secteur. Il animait également des réunions publiques et diffusait l’Humanité-Dimanche. Délégué à la conférence de la section Fontenay il fut désigné responsable aux cadres pour la section.

Entre 1946 et 1952, Louis Auroux fut secrétaire de cellule et délégué du personnel dans l’usine Gaveau et membre du Comité de section de Fontenay-sous-Bois. Sa santé s’était dégradée et il était pensionné de guerre pour insuffisance pulmonaire. Devenu ajusteur à Montreuil, il abandonna ses responsabilités mais maintint une activité locale, dans sa cellule de Fontenay et surtout à la municipalité.

Louis Auroux fut élu conseiller municipal communiste de Fontenay-sous-Bois le 13 mai 1945 en 17e position sur 30. Il fut réélu le 19 octobre 1947, le 30 novembre 1953 (en remplacement de Louis Leclerc) puis le 13 juin 1954. Son mandat prit fin en 1959. La première magistrature municipale était occupée par André Laurent, par Aimé Febvre (RPF) puis par Georges Baehr (RPF).

Louis Bayeurte écrivit : « Il déployait une activité à tel point inlassable en faveur de son quartier, que le maire de droite lui-même l’avait surnommé le “Maire des Alouettes”. Un rue de Fontenay-sous-Bois porte d’ailleurs aujourd’hui son nom » (Louis Bayeurte, Mémoires rebelles, Fontenay-sous-Bois, 2005, p. 33). La municipalité fut conquise par un liste d’union de la gauche à direction communiste (Louis Bayeurte) en 1965.

Louis Auroux s’était marié à Montreuil en juillet 1922 avec Jeanne Quemener. Ils eurent une fille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10516, notice AUROUX Louis, Henri par Paul Boulland, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 26 octobre 2009.

Par Paul Boulland, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426. — Arch. Com. Fontenay-sous-Bois, série K (liste électorale). — Arch. de la fédération communiste du Val-de-Marne. — Louis Bayeurte, Mémoires rebelles, Fontenay-sous-Bois, 2005. — Notes d’Emmanuel Hagen. — État civil de Châteauroux, 27 février 2003.

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