CHAUSSÉ Abel, Émile

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

Né le 17 janvier 1894 à Saint-Éulalie (Lozère) ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste à Bourges (Cher) et en région parisienne ; rallié à Vichy pendant l’Occupation.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale aux Établissements militaires de Bourges (Cher), Abel Chaussé était en 1918, trésorier adjoint du syndicat des métallurgistes de Bourges, (dit syndicat Van Gysel). Après les grèves du 1er Mai, il fut muté à l’Atelier de fabrication de Besançon (Doubs). Une lettre saisie par le contrôle postal permet de suivre la continuité de son action : Besançon, le ? juin 1918 « Camarade Vollet. Je suis en exil à Besançon après les derniers événements de Bourges et de la Loire. J’ai été déplacé deux jours après l’arrestation de Canet et Caillaut (Charles Cauët et Raphaël Caillaux). Ici le mouvement est mort »... « Dimanche, j’ai été délégué au congrès du Doubs à Montbéliard. J’ai développé notre thèse, elle a été adoptée de suite. Les nouveaux tarifs acquis, la lutte pour la paix doit commencer. J’ai fait appel au CDS (Comité de défense du syndicalisme), il me faudrait quelques rapports, si tu peux m’en envoyer, fais-le ». Le 17 mai 1920, il fut arrêté pour entrave à la liberté du travail et outrages.

Membre actif de l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie de la Région parisienne en 1924, il fut secrétaire du groupe d’études syndicales et sociales d’Asnières.

Vénérable de la loge La Clarté du GOF en 1928 (son nom fut publié au JO du 25 août 1941), il était repéré par la police comme membre du 7e rayon du PCF en 1931 (ce qui paraît contradictoire avec l’appartenance à la franc-maçonnerie), puis comme abonné du Libertaire en 1938, résidant 21 rue Émile Zola à Asnières depuis 1933, il était alors employé de l’Union des coopérateurs, 29 boulevard Bourbon à Paris. Il fut à partir de mars 1940 chef de service aux établissements Ciné-Tirage. 

Durant l’Occupation, Abel Chaussé se rallia au régime vichyste et, bien que signalé comme franc-maçon, entra dans diverses structures officielles. Il fut nommé inspecteur général adjoint à l’Office des comités sociaux, puis fut chargé de mission au ministère du Travail. Le 29 octobre 1943, il reçut un petit paquet postal contenant une maquette de cercueil sur laquelle était inscrit : « Ci-gît Chaussé ! ». Il expliqua alors à la police d’Asnières ne pas faire de politique et ajouta : « J’applique simplement les décisions du gouvernement ». Membre de la Commission exécutive du syndicat des métaux et parties similaires de la région parisienne en mars 1944, il obtint une carte officielle d’identité au nom du COSI en février 1944. 

Chaussé avait épousé à Bourges (Cher) Marguerite Brient, née le 10 juin 1897 à Guigamp (Côtes-du-Nord). Ils eurent un fils, Marcel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article105313, notice CHAUSSÉ Abel, Émile par Gilles Morin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 18 juillet 2013.

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

SOURCE : Arch. Nat. F7/13357 ; F7/13358 ; F/7/14901. — Arch. PPo, 77/W/124 ; 1W0923/42890. — Notice du DBMOF, tome 22, par Claude Pennetier.

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