AUZANNEAU Raoul

Par Jacques Blanchard, René Crozet, Gilles Morin

Né le 23 avril 1910 à Gascougnolles, commune de Vouillé (Deux-Sèvres), mort le 17 décembre 1972 à Niort (Deux-Sèvres) ; instituteur ; militant syndicaliste, socialiste, mutualiste ; secrétaire du SNI des Deux-Sèvres, secrétaire de la fédération SFIO (1952 à 1963) ; maire adjoint de Niort (1957-1971).

Raoul Auzanneau
Raoul Auzanneau
Cliche fourni par sa fille, Colette Dutertre

Raoul Auzanneau était le fils de Constant Auzanneau et de Zélia Morin. Son père, agriculteur, président du cercle laïque et républicain de Gascougnolles, fut maire de Vouillé de 1919 à 1925. Il avait quatre autres enfants. Après avoir passé son certificat d’études, Raoul Auzanneau retourna deux ans à la ferme paternelle, puis fréquenta le cours complémentaire de Breloux-la-Crèche (Deux-Sèvres) et entra en 1927 à l’École normale d’instituteurs de Parthenay (Deux-Sèvres). Il fut instituteur dans les Deux-Sèvres à Mauzé-sur-le-Mignon (1931), Marnes (1932-1934), Préconseil-de-Chey (1934-1941), Tauché (1941-1944) puis Niort.

Dès sa sortie de l’École normale, il se syndiqua et milita toujours activement. Il fut secrétaire adjoint du Syndicat national des institutrices et instituteurs de France et des colonies fusionné des Deux-Sèvres dès janvier 1935, aux côtés de Maurice Olivier, secrétaire général, puis trésorier de la section à partir de février 1935.

Raoul Auzanneau fut aussi un militant socialiste très actif. Après avoir été membre des Jeunesses socialistes, en 1934, il se présenta sans succès aux élections cantonales à Prahecq. Il militait également à la Libre pensée.

Mobilisé le 4 septembre 1939, fait prisonnier par les Allemands en forêt de Compiègne, il fut emmené dans la Sarthe et enfermé dans une maison forestière, s’en évada et fut démobilisé, le 11 juillet 1940. Pacifiste et ennemi de la violence, mais ne supportant pas le fascisme et l’occupation nazie, il adhéra au mouvement de Résistance, Libération-nord. Après la fusion de ce dernier avec l’Organisation civile et militaire, il devint responsable du triangle 20 du secteur 4 de l’Armée secrète, sous les ordres du général Faucher. Entré dans les FFI, le 1er mars 1943, il organisa notamment un parachutage clandestin d’armes en juin 1943. Engagé volontaire au 114e régiment d’infanterie, lieutenant, faisant fonction de capitaine, à la tête de sa compagnie, il participa aux combats de Courçon, dans la poche de La Rochelle.

Militant actif du Syndicat national des instituteurs, secrétaire de la section des Deux-Sèvres en 1945-1946, puis secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale de 1947 à 1949, Raoul Auzanneau fut l’initiateur de la création de la section départementale de la MGEN (Mutuelle générale de l’éducation nationale) des Deux-Sèvres en 1947. Il la dirigea jusqu’en 1964. Cette section était aussi section interministérielle de la Sécurité sociale pour tous les fonctionnaires du département. Durant plus de dix ans, il siégea au conseil d’administration national de la MGEN dont le siège national était situé dans la capitale des Deux-Sèvres. Il fut un militant d’éducation populaire en milieu rural utilisant le théâtre et le cinéma.

Raoul Auzanneau fut élu secrétaire de la fédération SFIO, du 20 avril 1952 jusqu’en 1963. Désigné comme adjoint au maire de Niort en 1945, il fut réélu comme simple conseiller municipal le 26 avril 1953, mais redevint 1er adjoint d’ Émile Bèche après la reprise de la municipalité, exerçant du 15 juillet 1957 au 15 mars 1971. Il fut confirmé dans ces fonctions en 1959 et 1965. Il présida l’office HLM de Niort pendant 14 ans. En 1971, il espérait succéder à Émile Bèche qui ne se représentait pas à la tête de la mairie, mais la section socialiste lui préféra René Gaillard, conseiller général du premier canton. Il refusa alors de se représenter au conseil municipal.

Candidat au conseil général en avril 1955 dans le deuxième canton de Niort puis en avril 1958 dans le premier canton, il fut élu le 11 juin 1961, au second tour de scrutin, conseiller général du deuxième canton de Niort, contre le conseiller sortant indépendant, M. Charbonneau ; il fut réélu en 1967. En mars 1970, lorsqu’une majorité de gauche fut constituée au conseil général, Raoul Auzanneau, qui appartenait déjà à la commission départementale depuis plusieurs années, fut élu président de celle-ci. Il avait été par ailleurs candidat aux élections législatives de 1956 (en 2e position sur la liste socialiste), puis dans le deuxième arrondissement de Niort en novembre 1958, novembre 1962 et mars 1967, et aux sénatoriales de 1959 et 1968.

Durant son mandat de conseiller municipal et de maire adjoint de Niort, Raoul Auzanneau fut administrateur délégué puis président, en avril 1964, de l’Office de HLM qui fusionna avec l’office de Saint-Maixent en difficulté. Pendant ce mandat, furent construits les logements sociaux de la Tour Chabot, du Pontreau, des Trois Coigneaux et de la ZUP.

Il participa à la conférence des secrétaires fédéraux en octobre 1945 et fut membre de la commission de vérification des mandats aux congrès de 1957 et 1958. Il fut aussi désigné comme membre de la commission spéciale sur les finances du Parti au conseil national de décembre 1957 et membre de la commission de réintégration au congrès de 1958. Il fut délégué fédéral au congrès national SFIO de mai 1961. En 1962, il ne put mener campagne car il était malade. Le 16 mai 1966, il devint membre suppléant du Comité exécutif de la section départementale de la FGDS.

Raoul Auzanneau prit sa retraite en avril 1964. Auparavant, il avait été détaché aux fonctions de directeur de la section locale de Sécurité sociale des Fonctionnaires de Niort, au plus tard en 1956.

Il avait trois frères dont René Auzanneau et Roger Auzanneau ainsi qu’une sœur, Henriette épouse Maillet.

Il s’était marié le 29 août 1932 à Breloux-la-Crèche (Deux-Sèvres), avec Albertine Guérin, institutrice, née le 19 octobre 1912. Ils eurent trois enfants : Pierrette, institutrice ; Jean, expert ; Colette, institutrice.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10545, notice AUZANNEAU Raoul par Jacques Blanchard, René Crozet, Gilles Morin, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 19 février 2021.

Par Jacques Blanchard, René Crozet, Gilles Morin

Raoul Auzanneau
Raoul Auzanneau
Cliche fourni par sa fille, Colette Dutertre

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/316 et 703 ; CAC 19 880 280, art. 11 688. — Arch. Dép. Deux-Sèvres, 3 M 12/56. — Arch. OURS, dossiers Deux-Sèvres. — Documentation MGEN. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 108. — Bulletin du SNI des Deux-Sèvres. — Chaumet Michel et Pouplain Jean-Marie, La Résistance en Deux-Sèvres, 1940-1944, Geste éditions, 1994, 289 p. — Le Travail, organe socialiste SFIO de la Fédération des Deux-Sèvres, années 1933 à 1972. — Le Monde, 21 décembre 1972. —Revue de la MGEN, 1er trimestre 1973. — DBMOF, t. 17. — Yves Revert, "Raoul Auzanneau, l’oublié du socialisme niortais", La Nouvelle République, 18 août 2011. - Le Travail des Deux-Sèvres, organe de la Fédération départementale du Parti socialiste, décembre 1972. - Enquête auprès de la famille de l’intéressé (Colette Dutertre-Auzanneau, sa fille).


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