CHERRAIN Maurice [CHERRAIN Ernest, Maurice.]

Par Antoine Olivesi

Né à Paris le 23 juillet 1907, fils d’Ernest Cherrain et de Marie-Louise Esprit, titulaire du brevet élémentaire, il commença à travailler comme employé comptable. Marié, père de deux enfants, il était trente ans plus tard représentant de commerce pour la maison Singer à Marseille. Chef placier chez Singer, il avait été renvoyé en 1936 pour ses activités syndicales. D’après la police, il appartenait au syndicat des employés de la cellule de l’Opéra. Il travailla ensuite à Menpenti dans l’entretien des machines à coudre.

Cherrain administrait la section locale de l’Amicale des volontaires de la Liberté créée à Marseille en octobre 1937. Le but de cette amicale était de venir en aide à l’Espagne républicaine et Cherrain, au cours d’une réunion, en février 1938, fit appel à des combattants volontaires. Selon les milieux de droite, cette organisation aurait constitué une formation paramilitaire du Parti communiste.

En avril 1938, il fut dénoncé par Provence Socialiste pour ses violentes attaques antisocialistes dans Rouge-Midi.

Cherrain était membre du PC depuis septembre 1934 et secrétaire adjoint de la 2e section (quartier de la Plaine) en 1939, année où il se présenta aux élections municipales complémentaires dans le 4e secteur. Il obtint 2 130 voix. C’est un « employé que le parti a formé » écrit à son sujet Rouge-Midi, le 31 janvier 1939. Il devint ensuite secrétaire titulaire de sa section.

À la fin août, Cherrain évoqua la situation financière difficile du PC, au cours d’une réunion tenue dans la soirée du 24, et ne put fournir que des réponses embarrassées aux questions qui lui furent posées sur le Pacte germano-soviétique.

Cherrain fut mobilisé en juin 1940. Le 21 août 1940, la police spéciale le présentait comme un militant « très actif » qui aurait repris la propagande après sa démobilisation ; elle proposait de l’interner. Un arrêté d’internement administratif fut signé par le préfet le 20 septembre 1940. Il fut interné le 22 septembre au camp de Chibron (commune de Signes, Var). Là, il refusa d’accepter L’Humanité clandestine en disant que la politique du parti ne l’intéressait plus. D’après la police, il s’inquiétait pour sa femme qui était de santé délicate. Le chef de la police spéciale donna un avis favorable à sa libération le 22 janvier 1941. Toujours interné à la dissolution du camp de Chibron, il fit partie du contingent d’internés dirigé sur le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), le 16 février 1941. Il signa le 2 mai 1941 l’engagement sur l’honneur qui était exigé (loyalisme à l’égard du Maréchal et du pouvoir, condamnation du Pc et du pacte germano-soviétique). Il fut libéré le 3 mai 1941. On perd ensuite sa trace.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article105547, notice CHERRAIN Maurice [CHERRAIN Ernest, Maurice.] par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 9 septembre 2021.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, VM2/290 ; M610793, rapport du 25 octobre 1937 ; M6/11246 et 11249, rapports des 28 février 1938 et 25 août 1939 ; M6 1153 B (anciennes cotes), 5 W 174 (dossier internement). — Le Petit Provençal, 6 février 1939. — Provence Socialiste, nos 115-116-117 (avril 1938). — Rouge-Midi, mars-avril 1938 et 31 janvier 1939 (photo). — Renseignements fournis par Denis Bizot et Marcel Bernard. — notes Jean-Marie Guillon.

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