AYRAULT René, Marcel, Eugène

Par Claude Geslin

Né le 16 janvier 1902 à La Ferrière-en-Parthenay (Deux-Sèvres) ; ouvrier métallurgiste de Saint-Nazaire ; militant syndicaliste chrétien de Loire-Inférieure [Loire-Atlantique].

Fils de cultivateurs (fermiers), aîné d’une famille de cinq enfants, René Ayrault commença à travailler comme domestique dans une ferme en juin 1913 après son certificat d’études. Il devait le rester jusqu’en 1929 avec une interruption en 1922-1923 due au service militaire. Il se maria le 21 avril 1925 à Plassac (Charente). En 1929, René Ayrault quitta les Deux-Sèvres pour Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Sans qualification professionnelle, il fut embauché pour la construction de la forme-entrée Joubert par les chantiers navals de Penhoët où il demeura ensuite comme ouvrier métallurgiste, machiniste. En septembre 1929, il adhéra à la CFTC et prit part à sa difficile implantation. De 1932 à 1947, il fut trésorier du syndicat nazairien de la Métallurgie, dont il assuma également la présidence, en remplacement de Nestor Rombaud*, à partir de 1948 et jusqu’à 1953 minimum. Il fut élu délégué ouvrier en 1935, puis en 1946 délégué au comité d’établissement et à sa commission d’entraide jusqu’à sa retraite en mai 1964. À partir de cette date, il participa au conseil syndical des retraités de l’Union locale CFDT de Saint-Nazaire.

De 1943 à 1945, il fut correspondant des réfugiés de Sainte-Reine-de-Bretagne ; en effet, la population fut évacuée après les bombardements de 1942, des comités de sinistrés et réfugiés s’étaient formés souvent sous la direction de militants chrétiens, reconnus comme délégués des réfugiés par la Mairie de Saint-Nazaire, pour les représenter en son nom auprès de la Préfecture et des diverses administrations. Après la guerre, fondateur du Comité des sinistrés de Saint-Nazaire et Penhoët, il en assura le secrétariat de fin 1945 à fin 1948, puis la présidence. Au sein de l’Association des sinistrés, il était également chargé des œuvres sociales. En 1953, il fut décoré de l’ordre du Mérite social.

Dès 1929, il adhéra à la CFTC et fit très vite partie du conseil syndical. Plus tard et dès sa fondation, il adhéra au syndicat des retraités CFDT de Saint-Nazaire.

Candidat inamovible aux élections de délégué ouvrier pendant trente-quatre ans, il fut élu délégué suppléant pour un an en 1933 puis délégué, de la Libération à son départ en retraite en 1964. Il participa aussi à de nombreux congrès nationaux de son syndicat ; il y dénonça, en particulier en 1934, la nocivité de la soudure électrique d’après un rapport de Jean Terrien*, secrétaire du syndicat des Métallurgistes de Saint-Nazaire.

Pendant la guerre 1939-1945, il s’occupa du ravitaillement des ouvriers restés aux chantiers de Penhoët. Sapeur-pompier bénévole depuis 1930, il assura ce service particulièrement pénible pendant les bombardements américains, ce qui lui valut plus tard de nombreuses distinctions.

Evacué avec sa famille à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Inférieure) après les bombardements de novembre 1942, il créa, avec plusieurs camarades, le Comité des réfugiés de Sainte-Reine (643 réfugiés pour une population de 1 800 personnes) dont il fut aussitôt nommé secrétaire. Il participa aussi à la fondation de l’Association des sinistrés de Saint-Nazaire affiliée à l’association populaire des réfugiés ; il fut nommé vice-président aux affaires sociales et le resta de nombreuses années. De retour à Saint-Nazaire, en 1945, il fut nommé secrétaire du bureau social de Saint-Nazaire.

Il fonda également puis présida le comité des donneurs de sang de Saint-Nazaire. Il fut aussi pendant vingt ans trésorier de la Mutuelle des sapeurs-pompiers. Enfin en 1964, au moment de sa mise en pré-retraite, il accepta (il avait un fils aveugle) de regrouper les adhérents de l’Union générale des aveugles et grands infirmes ; président de la Fédération de Loire-Atlantique, il devint membre du conseil national.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10593, notice AYRAULT René, Marcel, Eugène par Claude Geslin, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 11 décembre 2008.

Par Claude Geslin

SOURCES : La Voix des Travailleurs, novembre 1953. — Renseignements recueillis auprès de René Ayrault lui-même. — Ouest-France, 7 août 1953.

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