AZÉMA Pierre

Par Jean Sagnes

Né et mort à Montpellier (Hérault) : 3 janvier 1891-20 janvier 1967 ; félibre ; militant du Sillon puis de la Jeune République de Montpellier.

Issu d’une famille de jardiniers-maraîchers, P. Azéma fit de brèves études primaires chez les Frères des Écoles chrétiennes et, de 1895 à 1915, fut employé à la Compagnie des Mines de Graissessac. Durant cette période, il participa au mouvement du Sillon et fut un des fondateurs du Cercle Lamartine « groupe républicain démocratique » proche de la tendance réformiste de la Bourse du Travail de Montpellier. En 1909, il adhéra au groupe des Félibres du « Parage » dont il fut membre jusqu’à sa mort et « cabiscol » (responsable) pendant une quinzaine d’années avant et après 1940. En 1912, il créa également une troupe de théâtre d’oc.
Mobilisé en 1915, il fut envoyé au front où il fut peu après gravement blessé à la tête. Trépané, il fut réformé. De retour à Montpellier, il créa la première association de mutilés de guerre de la ville et devint rédacteur du journal Lou Gal (le Coq) qui défendait l’honneur des soldats du Midi et les idées fédéralistes. Après l’armistice, il devint secrétaire général de l’Office départemental des pupilles de la Nation puis secrétaire général de l’Office des mutilés, combattants et victimes de guerre jusqu’en 1955, date de sa retraite. Militant actif des associations d’anciens combattants, il était, en 1953, vice-président national de la Fédération des trépanés et blessés de la tête.
Après avoir été durant quelques mois, en 1919, conseiller municipal de Montpellier, il participa, de 1930 à 1933, à l’expérience du quotidien Le Sud de Montpellier, journal républicain du centre qui entendait briser le monopole des deux autres quotidiens régionaux Le Petit Méridional radical et L’Eclair catholique et royaliste. Dans les colonnes du Sud, P. Azéma se prononçait pour des réformes parce qu’elles étaient l’antidote du communisme. En 1934, il s’engagea plus nettement au plan politique et se marqua à gauche par son adhésion à la Jeune République. Aux élections municipales de 1935, il fut élu sur la liste du Rassemblement républicain et socialiste que dirigeait Paul Boulet* autre militant de la Jeune République. Adjoint au maire, il fut particulièrement actif dans le domaine culturel.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il militait toujours dans le mouvement occitan : il était félibre mainteneur depuis 1909, syndic de la Maintenance du Languedoc depuis 1929, Majoral du Félibrige depuis 1929. Il participa aux activités de l’Institut d’Études Occitanes dont il fut le président en 1954. Au plan politique, il milita à l’Union de la gauche socialiste (UGS).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10601, notice AZÉMA Pierre par Jean Sagnes, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 10 octobre 2008.

Par Jean Sagnes

ŒUVRE : Nombreux articles dans La Campana de Magalouna (1911-1912), Lou Gal (1915-1921), Oc (1927-1929), Le Sud (1930-1933), Calendau (1933-1942). — Ouvrages : La Religion de Calendau  ; Mistral poète épique  ; Mistral et le Languedoc  ; Politique félibréenne  ; Lou Ciclope.

SOURCES : Le Sud. — P. Couttenier, Religion et politique à Montpellier, 1934-1935, mémoire de maîtrise d’histoire, 1974. — Notice biographique remise par son fils, l’abbé Xavier Azéma, le 18 juillet 1978.

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