AZÉMIA Augustin

Par Gilles Morin

Né le 27 décembre 1894 à Vernon (Eure), mort le 10 août 1977 à Évreux (Eure) ; instituteur ; militant syndicaliste du SNI ; militant socialiste SFIO de l’Eure ; conseiller général d’Évreux (1945-1951, 1958-1976), député de l’Eure (octobre 1945-juin 1946), maire d’Évreux (1971-1977).

Augustin Azémia naquit dans une famille modeste, orientée à gauche. Son père, sabotier, était un militant radical socialiste. Combattant de la Grande Guerre, Augustin fut décoré de la Croix de guerre avec palmes et de la Médaille militaire. Instituteur à Vernon, il était, en 1931, trésorier de la section locale SFIO, qui groupait alors une vingtaine de membres. Il fut, par la suite, directeur de l’école d’application annexée à l’École normale d’instituteurs d’Évreux. Militant du Syndicat national des instituteurs (SNI), dont il était le secrétaire départemental en 1935, il siégeait aussi en 1938 au Conseil départemental de l’enseignement primaire. Il était également l’un des responsables de la Ligue de l’enseignement dans l’Eure au début des années trente. En 1937, il fut candidat au conseil général d’Évreux.

Sous l’Occupation, Azémia milita dans le mouvement de Résistance Libération-Nord, qui comprenait de nombreux syndicalistes et socialistes en ses rangs, et qu’il anima dans l’Eure. Il était également responsable de la fédération de la CGT et secrétaire adjoint de celle de la SFIO dans la clandestinité. Au titre de la CGT, il fut membre du Comité départemental de la Libération clandestin, et le demeura à la Libération. Il fut décoré de la médaille de la Résistance et de la Croix de guerre 1939-1945 pour son action. Secrétaire du SNI et secrétaire adjoint de l’Union départementale des syndicats confédérés, il fut désigné à la commission départementale de reconstitution des organisations syndicales de travailleurs, chargée de l’épuration (CAC, 199 110 807-8). Il était aussi secrétaire du cartel des services publics du département. Directeur d’école à Evreux, il appartenait au Comité départemental de Libération au titre de la CGT et du Parti socialiste SFIO.

Désigné comme membre de la délégation municipale provisoire d’Évreux en 1944, il fut élu conseiller municipal en avril 1945 sur la liste radicale-socialiste de M. Chauvin. Il fut réélu en 1947 et en 1953, date à laquelle il devint premier adjoint au maire.

À la SFIO, Augustin Azémia fut l’un des trois délégués de la fédération de l’Eure au congrès national de novembre 1944 qui vit la reconstitution du parti rénové. Secrétaire fédéral adjoint depuis 1944, il devint secrétaire fédéral et le demeura au moins jusqu’en 1967. Il était aussi directeur du journal socialiste Évreux-Hebdo, mais qui cessa de paraître en mai 1949.

En octobre 1945, il fut élu à la première Assemblée nationale constituante avec 25 244 voix, et siégea au sein du groupe socialiste. En juin 1946, il fut battu par un communiste, n’obtenant que 21 781 voix, et vit ses suffrages reculer encore avec seulement 16 784 voix en novembre 1946. D’après les Renseignements généraux, on lui reprochait une baisse de son activité et « d’être resté, depuis la scission intervenue dans la CGT, presque totalement en dehors des organismes syndicaux ». Il fut pourtant secrétaire adjoint de l’Union départementale des syndicats confédérés FO de l’Eure. Régulièrement candidat à toutes les élections nationales à l’Assemblée (1951 et 1956) et au Conseil de la République (décembre 1946, 1948 et 1955) il ne put jamais retrouver son siège sous la IVe République. À nouveau candidat aux premières législatives de la Ve République, puis aux sénatoriales de 1959 et 1962, il fut encore battu.

En revanche, Azémia fut élu conseiller général de l’Eure en septembre 1945. Conseiller général d’Évreux-Sud de 1945 à 1951, puis de 1958 à 1976, il fut vice-président de l’Assemblée départementale de 1945 à 1947 et rapporteur du budget. Dans une note, le préfet jugeait qu’il fournissait « un travail considérable », mais qu’il ne savait pas mettre en avant tous les services qu’il rendait à la collectivité. « Sa modestie, qui le rend sympathique à ses proches, le dessert au point de vue politique, car la grande masse n’est pas suffisamment avertie de son activité », concluait-il (rapport du 21 septembre 1951, F/1cII/290).

Il demeura au Parti socialiste après le congrès d’Épinay et était membre de la tendance « Bataille socialiste ». À soixante-dix-sept ans, il emporta, pour le PS, la mairie d’Évreux en mars 1971, à la tête d’une liste comprenant 10 socialistes, 10 radicaux, 2 CIR, 1 divers gauche. Mais il ne fut pas réélu en mars 1977, et devait décéder six mois plus tard.

Directeur d’école honoraire, chevalier de la Légion d’honneur, Augustin Azémia mourut le 10 août 1977, et fut enterré civilement à Évreux. Divorcé, il s’était remarié et était père d’un enfant.

Combattant des deux guerres, il présida l’Union française des anciens combattants et l’Amicale « Ceux de Verdun » et « Sidi Brahim ».

Son frère, Georges Azémia fut un dirigeant socialiste de l’Eure.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10603, notice AZÉMIA Augustin par Gilles Morin, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 25 novembre 2018.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., CAC, 19800280, article 5280. — Arch. Nat. F7/13081, rapport du 30 janvier 1931. F/1cII/111/B. F/1cII/117. F/1cII/290. F/1cII/319, F1a 3240. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. — Arch. OURS, correspondance fédérale de l’Eure. — Arch. Daniel Mayer, 3 MA 28. — Arch. Claude Fuzier, fichier « Bataille socialiste ». — Le Monde, 13 août 1977 — Noëlline Castagnez, Socialistes en République. Les parlementaires SFIO de la IVe République, Presses universitaires de Rennes, 2004. — DPF 1940-1968, op. cit., t. 1. — Notice DBMOF par Jean Maitron et Claude Pennetier. — Notes de Jacques Girault.

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