CORMON Édouard, Ernest, dit JACQUES, dit Jacques PÉRAUD

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 6 décembre 1903 à Paris (VIe arr.) ; secrétaire de la Région communiste d’Algérie ; administrateur de l’Humanité (1929-1931) ; exclu du Parti communiste en 1931.

Titulaire de la première partie du baccalauréat, employé de banque, Édouard Cormon créa le groupe des Jeunesses communistes d’Antony (Seine). La police l’interpella le 8 octobre 1921 dans cette ville alors qu’il apposait des affiches pour la défense de Sacco et Vanzetti. Quelques jours plus tard la presse annonça qu’il avait été blessé par un éclat de grenade à l’entrée d’un meeting communiste, tenu à Paris, salle Wagram, le 21 octobre. Le directeur du personnel de la Société générale apprit ainsi ses activités et le révoqua. Cormon avait suivi les cours de l’École de propagandiste de la Seine, et les rapports de police le présentaient comme un orateur « incisif ». Il fut incorporé le 14 novembre 1923 au 8e régiment de Génie puis libéré le 28 avril 1925.

Après son service militaire, il fit de longs et fréquents voyages à l’étranger, en particulier en Suisse pendant l’année 1926. La direction du Parti communiste l’envoya ensuite en Afrique du Nord comme secrétaire de la section algérienne des Jeunesses communistes. Il devint, en 1929, secrétaire du comité de la Région communiste d’Algérie et gérant de La Lutte sociale où il écrivait sous le pseudonyme de Jacques. De retour à Paris, Cormon fut permanent au siège du PC et collaborateur de la rubrique « marins et soldats » de l’Humanité, avant d’être chargé de la rubrique « colonies ». Il était responsable de la liaison entre la section coloniale et le secrétariat du Parti. Le Comité central le chargea de présenter la résolution de la commission coloniale au congrès de Saint-Denis (31 mars-7 avril 1929). Candidat au conseil général dans la 2e circonscription de Sceaux le 26 mai 1929, il recueillit 989 voix. Il fut désigné en août-septembre 1929 comme administrateur de l’Humanité. Le conseil d’administration comprenait alors Cachin, Cormon, Jacquet, Cicol, Mauguin, Capron, Brout, R. Lozeray, Thomas, Marrane et Dutilleul. Un rapport de police de janvier 1930 affirmait : « ses méthodes brutales mais toujours adaptées aux nécessités du jour, laissent présager son ascension à des postes élevés dans l’appareil dirigeant du PC » (Arch. PPo Ba/1715). C’est lui qui fit le rapport sur les difficultés financières de l’Humanité à la conférence nationale de la Bellevilloise le 12 mars 1930. Mais, Cormon entra en conflit avec la direction communiste qui le chassa de l’Humanité et du Parti, pour « malversations financières », en février 1931.

Cormon vivait avec Emma Voller (née le 1er mars 1908 à Alger) dont il eut un enfant vers 1927. Après son exclusion du Parti communiste, il fut colon à Staouëli près d’Alger. Il était alors le beau-frère de Garaud* qui fut aussi membre du secrétariat de la Région communiste. Cormon vivait en République Centre africaine en 1982.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article106748, notice CORMON Édouard, Ernest, dit JACQUES, dit Jacques PÉRAUD par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 11 juillet 2019.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

ŒUVRE : « La 5e conférence nord-africaine de Rabat », Cahiers du Bolchevisme, juillet 1928. — Collaboration à l’Humanité et à La lutte sociale.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13660. — Arch. PPo Ba/1715-1717. — Arch. d’Outre-Mer, 9 H 42. — L’Humanité, 26-28 mai 1929. — Albert Vassart*, Mémoires, op. cit. — Interview de N. Zannettacci par J.-L. Planche, 1976-1977.

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