CUISSOT Maurice, Marie, Albert

Par Jean-Luc Pinol, Laurent Dingli

Né le 10 février 1899 à Paris (IVe arr.), mort le 17 août 1984 à Cherbourg (Manche) ; ajusteur outilleur ; syndicaliste CGT de la métallurgie parisienne.

Fils de Albert,Jules Cuissot, employé à la Compagnie des chemins de fer d’Ouest et de Marie Joséphine Sicot, ménagère. Maurice Cuissot s’était marié le 7 juillet 1921 avec Germaine, Emilienne dont il divorça le 7 juillet 1943. Il se remaria avec Madeleine Berthelot.
Incorporé à compter du 19 avril 1918 au 34e Régiment d’aviation d’observation, il rejoignit l’école d’aviation de Châteauroux, le 17 juin suivant, avant d’être dirigé sur le Service des entrepôts généraux de l’aviation (SEGA) à Nanterre, le 27 juin 1919. Il fut enfin affecté à l’Atelier de constructions de Puteaux, le 15 juin 1938 comme mécanicien à l’Aviation et contrôle des instruments. [ADP - Registre matricules du recrutement (1887-1921) - Matricule 1359 - D4R1 2144]

Ajusteur-outilleur, militant syndicaliste parisien, Maurice Cuissot fut membre de la commission exécutive de la Fédération confédérée des Métaux de 1927 à 1936. voir Chrestien, Couveigne et Marcel Dupont. La commission exécutive dont il fit partie, en 1931, comprenait Bouyer, Chrestien, Doublet, Dubreuil, Dupont, Dupuis, Gillet, Gobet, Guigui, Guillot, Guttin, Henri Heckenmeyer, Lenoir, Lerou, Moulin, Ozanon et Potignon.

En 1935, Cuissot était secrétaire de l’Union des ouvriers mécaniciens de la Seine qui regroupait 1 000 adhérents.

Après la réunification syndicale, il fut membre du comité exécutif de la Fédération des Métaux jusqu’à la guerre. voir Borne, Alfred Carn et Castanier et de la CE de l’Union des syndicats de la Région parisienne. En 1936, il était secrétaire du syndicat des mécaniciens. Il décrivit dans Le Peuple du 29 mai 1936 le début de la grève aux usines Simca. Il était encore secrétaire à la propagande des Amicales socialistes de la Métallurgie en janvier et décembre 1937. En décembre 1939, il assurait avec J. Dupaquier le secrétaire du syndicat des Métaux de la région parisienne. Nommé membre du Conseil national économique en 1936 (12e section, devenue 14e section -sous-section de la chaudronnerie, fonderie, construction métallique, mécanique et électrique), démissionnaire, il fut remplacé le 24 mars 1939.
Il était ajusteur outilleur à l’Association des ouvriers en instruments de précision (AOIP), 8 à 14, rue Charles-Fourier Paris XIIIe arr. où travaillaient de nombreux militants.

Sous l’Occupation, exerça son mandat de conseiller Prud’homme et fut élu membre du bureau de l’UD de la RP en mars 1940. Il fut nommé conseiller prud’homme après le 25 juin 1940.

Le 24 janvier 1944, Cuissot fut nommé administrateur du Syndicat unique des ouvriers de la famille de la transformation des métaux de la Seine, par arrêté de Bichelonne, secrétaire d’État au Travail par interim. En fait, en 1943, il rejoignit le groupe de résistants qui s’est constitué au sein de la Prud’homie sous la direction de Jean Kréher, avocat à la cour, qui fut par la suite déporté à Buchenwald. Dès son retour d’Alger, le bureau fédéral l’accusa d’être le collaborateur direct de Marcel Roy*. Aux membres du comité d’épuration de l’AOIP venus enquêter sur son cas auprès des secrétaires fédéraux, il leur fut répondu : "Si Chevalme (qui était secrétaire fédéral avant 1941) avait présenté Cuissot parmi les quatre membres de sa tendance pour reconstituer la CE, il n’y aurait pas de cas Cuissot". L’inculpé répondit sur ce point : "Je n’avais aucune raison particulière de suivre Chevalme car il avait quitté la direction fédérale pour prendre une place importante dans le secours national du maréchal Pétain". Maurice Cuissot se défendit de manière très argumentée, souligna les nombreuses erreurs de l’acte d’accusation tout en dénonçant une cabale. Le 24 avril 1945, Portet, secrétaire administratif du syndicat de la métallurgie parisienne le disculpa dans une lettre adressée à M. Muninger de la section syndicale AOIP : "Cher camarade, Après avoir examiné les cas de nos camarades Cuissot et Roger, qui n’ont été pendant l’Occupation que conseillers Prud’hommes, ne relevant contre eux aucune erreur d’idée sociale, nous les considérons dignes de rester dans notre mouvement syndical. Bien fraternellement". Les 20 novembre 1945 et 29 janvier 1946, la 3e section (mécanique) et le comité régional interprofessionnel dans les entreprise (CRIEE) proposèrent la relaxe qui fut notifiée le jour même à l’intéressé
À la Libération, il résidait 3, rue Pradier à Paris XIXe arr.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article107601, notice CUISSOT Maurice, Marie, Albert par Jean-Luc Pinol, Laurent Dingli, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 17 octobre 2019.

Par Jean-Luc Pinol, Laurent Dingli

SOURCES : Arch. PPo. Paris, Ba/1686, 1932 ; PPo. 300, rapport de février 1935, ADP 102 W 61 Dossier Maurice Cuissot. — Arch. OURS, fonds PS-SFIO 10-1-20. — Arch. CGT, fonds Jayat, boîte n° 1. — Le Travailleur parisien, janvier-mars 1936. — Comptes rendus des congrès fédéraux 1929, 1931, 1933, 1935, 1936 et 1938. — G. Lefranc, Le Mouvement syndical sous la troisième République, p. 337. — Laurent Dingli, Jacky Ehrhardt, L’industrie en guerre (1936-1947), à paraître. — Notes de Gilles Morin.

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