LEFRANÇOIS Henri, Fernand

Par Yves Le Maner

Né et mort à Armentières (Nord), 27 juillet 1910-2 septembre 1944 ; professeur ; militant socialiste du Nord ; militant syndicaliste, secrétaire adjoint de la Fédération CGT de l’Enseignement.

Aîné de cinq enfants d’un coiffeur et d’une fileuse, Henri , Henri Lefrançois eut une jeunesse très difficile. Orphelin très jeune, il dut assurer la subsistance de ses frères et sœurs tout en remplissant les plus humbles tâches ménagères. Brillant élève, titulaire du baccalauréat (« série Philosophie »), il parvint, malgré la lourdeur de ses responsabilités, à obtenir une licence en droit en 1934 (certificats réussis à Paris puis à Lille). S’y ajoutèrent un diplôme d’études supérieures (économie politique) à Lille en 1935 et un certificat d’études littéraires classiques à Montpellier en 1941). Reçu au concours de chef de cabinet de préfecture, il ne fut cependant pas nommé en raison de ses opinions socialistes ouvertement affirmées.

Maître d’internat au lycée de Charleville (Ardennes) en 1928, répétiteur aux collèges municipaux de Cambrai (Nord) en 1929, d’Armentières en 1930, il effectua son service militaire en 1935-1936 et redevint répétiteur aux collèges d’Hazebrouck en 1936 puis d’Armentières en 1937. Le principal, en 1931, lui reprochait la fréquence de ses congés explicables par son militantisme actif au sein du syndicat confédéré des professeurs-adjoints, répétiteurs et répétitrices des lycées et collèges de France, aux côtés de Daniel Quenu, dont il occupa en 1934-1935 la fonction de secrétaire fédéral adjoint. Il collabora comme rédacteur, de 1931 à 1937, à l’organe du syndicat national, Le Professeur-adjoint, dont il devint le directeur en octobre 1934. Malgré les risques de révocation que comportait à cette époque une telle attitude, il prit une part active à la grève de l’enseignement de février 1934. A partir de 1937, il milita au nouveau Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire affilié à la FGE-CGT, provenant de la fusion de quatre syndicats, dont celui des professeurs-adjoints et répétiteurs ; il fut le trésorier de sa section académique de Lille. A la suite de plusieurs rapports du principal de son collège en 1938, il fut l’objet en décembre 1938 d’un avertissement « pour refus de service », sans doute lors de la grève du 30 novembre 1938. Il préparait le concours d’économat des lycées en 1936 et fut candidat au concours d’inspecteur du travail en 1937. Au début de 1938, il demanda un poste d’adjoint d’économat et l’obtint au collège d’Arras (Pas-de-Calais) à partir décembre 1938.

Propagandiste socialiste, excellent orateur, il fonda, en 1931, la section des Jeunesses socialistes SFIO d’Armentières dont il assuma le secrétariat. Membre de la Libre pensée révolutionnaire, il s’intéressa également à diverses œuvres sociales, dont les Sports ouvriers armentiérois qu’il dirigea.

Appelé sous les drapeaux en 1939 dans l’artillerie, après cinq mois de front, il fut démobilisé en août 1940 en zone libre. Le Nord étant maintenant « zone interdite », il obtint un poste de professeur adjoint au lycée de Montpellier en octobre 1940, puis au collège de Pézenas.(Hérault). Revenu à Armentières en novembre 1942, il anima et entraîna des équipes sportives du collège qui remportèrent des succès dans les compétitions régionales. il participa à la Résistance. Le 2 septembre 1944, Armentières fêtait sa libération. Juché sur une auto-chenille prise aux Allemands, pavoisée de tricolore, Henri Lefrançois parcourait les rues de la cité lorsqu’il fut atteint en plein cœur par une balle tirée depuis la mairie. Le tireur ne fut pas identifié.
SOURCE : Arch. Nat., F17 27617. – J.-C. Héras, Mémoire de Maîtrise, Lille III, 1973, op. cit.. – Notes d’Alain Dalançon et de Jacques Girault.
Yves Le Maner

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article107804, notice LEFRANÇOIS Henri, Fernand par Yves Le Maner, version mise en ligne le 14 novembre 2010, dernière modification le 22 novembre 2011.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat., F17 27617. – J.-C. Héras, Mémoire de Maîtrise, Lille III, 1973, op. cit.. - – Notes d’Alain Dalançon et de Jacques Girault.

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