KESSLER Joseph

Par Jacques Girault

Né et décédé à Niederbruck (Haut-Rhin), 12 mars 1895-19 juin 1981 ; professeur puis proviseur ; militant syndicaliste en Alsace.

De religion catholique, Joseph Kessler entra à l’École normale d’instituteurs de Colmar en 1912. Au début de la guerre, il revint habiter chez ses parents à Niederbruck dans la vallée de Masevaux qui restait sous autorité française. Aussi les hommes furent-ils prisonniers civils et répartis en France. Il fréquenta l’École normale d’instituteurs de Privas (Ardèche) de mars 1915 à février 1916 où il obtint le brevet supérieur puis fut nommé comme instituteur à l’école du camp des gens du voyage alsaciens et lorrains de Crest (Drôme) jusqu’en novembre 1918. Il obtint par la suite deux années de congé pour convenances personnelles afin de préparer des certificats de licence d’allemand. Il devint en octobre 1920 instituteur à Strueth. Il obtint le certificat d’aptitude au professorat des écoles primaires supérieures et des écoles normales (1923), un diplôme d’études supérieures à la Faculté des Lettres de Strasbourg et l’agrégation d’allemand (1926).

Kessler se maria en février 1923 à Mulhouse (Haut-Rhin). Le couple eut quatre enfants.

Kessler fut nommé professeur à l’école primaire supérieure de Lauterbourg (Bas-Rhin) en 1923 puis au lycée de Vesoul (Haute-Saône) à partir de 1926. Devenu censeur du lycée de Belfort en 1931, il devint proviseur du lycée La Tour d’Auvergne de Quimper (Finistère) en 1932. L’inspecteur général en 1937 indiquait qu’il faisait des « éloges interminables sur la Bretagne autonome et particulariste » mais jugeait qu’il ne fallait pas lui accorder la lycée de Colmar « pour des raisons de cet ordre, il n’est pas sûr que sa présence soit tout à fait souhaitable ».

Lieutenant de réserve interprète, mobilisé à l’État-major, Kessler fut fait prisonnier de guerre, le 19 juin 1940. Détenu au camp des officiers de Châteaubriant, il fut envoyé en captivité en Allemagne (Oflag XIII B) jusqu’au 15 août 1941. Libéré, il fut nommé proviseur du lycée Michel de Montaigne à Bordeaux en octobre 1942 puis du lycée Condorcet à Paris en avril 1944, sa famille restant à Bazas (Gironde).

A la Libération, le cas de Kessler fut jugé par la commission d’épuration. Il aurait soutenu projet de collaboration franco-allemande, en captivité, refusé de reconnaître qu’il était Alsacien pro-allemand, montré son admiration pour la culture allemande, pour le maréchal, dîné à Bordeaux « cent fois » avec le directeur de l’institut allemand, donné raison à un professeur qui avait déposé une plainte contre deux élèves qui avaient remplacé le portrait de Pétain par celui de Lénine, soutenu les exclusions du lycée de ces élèves. Devant l’étonnement du comité d’épuration du lycée de Bordeaux, il fut pourtant nommé proviseur du lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg en décembre 1944. Il l’ouvrit en janvier 1945 et le dirigea jusqu’à sa retraite en avril 1960, mais fut en congés de maladie à partir de 1956.

Kessler fut jusqu’au milieu des années 1950 membre de la commission exécutive nationale du syndicat de la Fédération de l’Éducation nationale qui regroupaient les chefs d’établissements.

Kessler, après sa retraite, habita Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article107840, notice KESSLER Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 novembre 2010, dernière modification le 18 novembre 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 27301. – Presse syndicale.

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