DASSÉ Amédée [DASSÉ Jean, Amédée]

Par Jean Maitron

Né le 5 janvier 1881 à Saint-Julien-en-Born (Landes) ; mort le 25 juillet 1932 ; ouvrier boulanger ; militant syndicaliste, socialiste et coopérateur de la Gironde ; secrétaire de l’UD confédérée de 1919 à 1921 et de 1928 à sa mort.

Amédée Dassé, orphelin en bas-âge, fut adopté par un ménage de résiniers, ami de la famille. Tout en fréquentant l’école communale, il apprenait le métier de ses parents adoptifs. Puis à quinze ans, il entra en apprentissage chez un boulanger ; à dix-huit ans, il vint à Bordeaux et travailla dans plusieurs boulangeries de la ville jusqu’à son service militaire. Déjà il s’intéressait au mouvement ouvrier : Bousquet et Dupan furent, entre autres, ses premiers éducateurs syndicaux. Versé dans l’infanterie coloniale, il parcourut la Cochinchine et le Siam. En 1906, de retour à Bordeaux, il adhéra au Parti socialiste, groupe « La Gerbe » et au syndicat des boulangers dont il fut élu secrétaire en 1908. Élu secrétaire de la Fédération au congrès d’Alger en 1910, il s’effaça devant Sarda. En 1912, il fut élu conseiller prud’homme.

Dassé succéda à Bardy en mai 1919 comme secrétaire de l’UD de la Gironde, Bardy conservant la direction de la clinique syndicale ouvrière dont il s’était occupé pendant la guerre. Dassé participa au titre de secrétaire de l’UD au travail du comité national de l’UD-CGT, réuni les 26 et 27 mai à Paris. Le rapport du 30 mai présentait ainsi Dassé : « C’est un syndicaliste ardent, mais assez pondéré au point de vue politique, hostile aux mesures extrêmes et aux moyens d’action violents ». Permanent, Dassé touchait 600 F par mois.

En septembre 1920, le rapport moral présenté par Dassé devant le congrès de l’UD fut adopté par 72 voix contre 3 et 7 abstentions. En avril de l’année suivante, le rapport moral, présenté à nouveau par Dassé, recueillit 56 voix et 4 avec réserve, contre 14 et 6 abstentions. En septembre, Dassé fut remplacé au secrétariat général par Lafon, élu au second tour par 41 voix contre 32 à Joseph Mourgues.

Au congrès de l’UD-CGT des 14 et 15 octobre 1922, Dassé présenta un long rapport sur les questions agraires dans lequel il réclamait, en particulier, la création d’un enseignement professionnel agricole et l’extension des lois sociales aux travailleurs de la terre ; au congrès des 1er et 2 décembre 1923, il était rapporteur à la propagande.

En tant que secrétaire du syndicat des ouvriers boulangers, Dassé intervint sur la journée de 8 heures lors de la 2e journée du congrès CGT de l’Alimentation, tenu en septembre 1924.

Au congrès de l’UD-CGT des 8 et 9 août 1925, qui groupait les délégués de la Gironde et du Lot-et-Garonne, Dassé présenta un rapport sur la nécessité d’une collaboration étroite entre l’UD et les inspecteurs du Travail en vue de l’application des lois sociales. Au mois de décembre suivant, Dassé fut réélu ainsi que Cazeneuve, secrétaire adjoint de l’UD — voir Lafaye Gabriel*. Au congrès de mars 1927, auquel assistait Jouhaux, Dassé présenta un rapport sur le chômage ; au mois de juillet suivant, lors du XIIe congrès de l’Alimentation, tenu à Paris, il fut élu délégué régional. Il était alors conseiller municipal de Bordeaux : il s’était présenté comme candidat du Parti socialiste sur la liste du Bloc des Gauches aux élections de mai 1925.

En juillet 1928, lors de la réunion du comité général de l’Union ouvrière CGT de la Gironde, il retrouva son poste de secrétaire général ; le nouveau bureau était ainsi constitué : secrétaire général, Dassé Amédée ; secrétaires adjoints, Cazeneuve Edmond du Livre et Fauchier Pierre du Gaz ; trésorier général, Carles L. employé de commerce ; trésorier adjoint, Vielle instituteur ; archiviste, Hauchecorne Henri employé de commerce. La commission exécutive comprenait : Cazeaux des Chemins de fer du Midi, Filloles Jean ouvrier sellier, Garrigou de l’Habillement, Lacassin, Lataillade des Chemins de fer du Midi, Lauga employé municipal, Maffre Louis pâtissier, conseiller municipal, Mesnard des commis et comptables, Piquemal, Pourbaix, Renou. Il y avait à cette époque 124 syndicats inscrits à l’Union. L’UD confédérée était parfois attaquée violemment par les unitaires, ainsi Leboursier*, écrivait dans le journal Le Travailleur du 25 mai 1929 : « Messieurs Dassé, Cazeneuve et Cie trahissent les travailleurs bordelais ». En octobre 1929, le bureau de l’UD fut reconduit et en avril 1931, il était ainsi modifié : Vielle devenait secrétaire adjoint à la place de Cazeneuve et Crouzillac trésorier général ; en mars 1932, Delbouys devenait trésorier adjoint.

Dassé mourut en juillet 1932, et le 8 janvier 1933, Vielle le remplaça au poste de secrétaire général de l’UD confédérée.

Dassé avait aussi joué un rôle dans le mouvement coopératif : il avait fondé en mars 1913, la Fédération coopérative Garonne et Pyrénées.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article108224, notice DASSÉ Amédée [DASSÉ Jean, Amédée] par Jean Maitron, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 12 mars 2019.

Par Jean Maitron

SOURCES : Arch. Nat. F7/12987, F7/12988, F7/12989, F7/13034, F7/13633. — Arch. Dép. Gironde, série M, police générale 1197 C. — Compère-Morel, Grand Dictionnaire socialiste, p. 192. — Le Cri populaire, 3 avril 1921. — Comptes rendus du XVe congrès national CGT, Paris, septembre 1933.

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