DAVIDOVITS André. Pseudonyme : DANÉS Edmond

Par René Lemarquis

Né le 28 mars 1912 à Oradea (Autriche-Hongrie puis Roumanie) ; étudiant-maître d’internat ; militant dans l’émigration hongroise à Paris en 1932-1933.

André Davidovits était le fils d’un vendeur de fripes et d’une journalière. Dès l’âge de douze ans, il travaillait, pendant les vacances, successivement dans une épicerie, chez un tailleur et dans une fabrique de toile. La famille vivait ainsi en partie grâce à l’aide des enfants et, un certain temps, de l’argent envoyé d’Amérique d’autres parents. Il poursuivit des études qui le menèrent à la Faculté de Droit.

André Davidovits devint membre des Jeunesses communistes de Roumanie (il n’indique pas à quel âge dans son autobiographie), d’où il fut envoyé, pour faire du travail fractionnel, chez les boy-scouts sionistes, mais il en fut rapidement exclu « à cause des mauvaises informations qu’ils ont reçu[es] ». Il milita de 1926 à 1929 dans le mouvement communiste comme « commandant de groupe » (selon sa traduction !). Il fut obligé d’interrompre ses études de droit ayant été exclu de l’Université, décision parue dans le Journal officiel du 7 juin 1932. Cette sanction faisait suite à deux arrestations en août 1931 et en 1932 pour son activité communiste. Il fut incarcéré une dizaine de jours avec six autres étudiants, mais les parents des détenus parvinrent à corrompre le chef de la sûreté roumaine, lequel ne transmit pas les documents compromettants au parquet ce qui permit leur libération.

André Davidovits vint à Paris cette année 1932 où il avait pour compagne Friedrieck Schwartz, couturière par intermittence, qui travaillait au Proletkult et adhérait au syndicat de l’habillement. Elle était la fille d’un employé de commerce du même pays d’origine. Davidovits se déclarait en 1933, étudiant, vendeur du Bulletin du groupe d’études philosophiques de la faculté des Lettres de la Sorbonne et maître d’internat. Il habitait 76 rue Saint-Louis-en-l’Ile. Son activité politique s’exerçait « dans les organisations de masse et le Comité intersyndical de langues ». Il était membre du Comité hongrois et directeur de son journal de langue. D’autre part, il faisait partie de la fraction communiste de l’Union fédérale des étudiants et participa à une grève (à la faculté de Philosophie) en 1932.

Le récit de son arrestation de 1932 alerta la commission des cadres qui procéda à un « interrogatoire » (terme employé) le 30 novembre 1933. André Davidovits, dans ses réponses, précisa alors le rôle d’un cousin de sa mère, journaliste reporter de police qui avait été à l’origine de la corruption du fonctionnaire de la sûreté, et il ajouta que sa famille utilisait encore ses services lorsqu’elle pouvait avoir des démêlés avec la police (exemple : la faillite d’un oncle). Tout en affirmant que Davidovits « militait bien et avait une bonne position », la commission proposait de « l’éliminer de tout travail dans les mouvements de langue et d’action envers le pays d’origine ». Une décision du comité central du Parti communiste en date du 8 décembre 1933 adoptait cette proposition. Éliminé du groupe de langue hongroise, interdit d’activité dans l’immigration et de s’occuper des problèmes politiques et d’organisation relatifs à la Hongrie, le militant devait, en conclusion, être « particulièrement contrôlé par sa cellule ». On peut noter que cette décision du CC figurait sur un formulaire dactylographié où une ligne vierge était réservée à l’inscription du nom de l’intéressé, ce qui prouve qu’André Davidovits ne fut pas le seul militant de langue hongroise dans ce cas à cette époque.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article108407, notice DAVIDOVITS André. Pseudonyme : DANÉS Edmond par René Lemarquis, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par René Lemarquis

SOURCE : RGASPI : 495.270.1098 : Autobiographie du 2 mars 1933. Interrogation et décision du Comité central du PCF.

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