DELCLUZE Alfred [DELCLUZE Marc, Louis, Alfred.]

Par Justinien Raymond

Né le 18 janvier 1857 aux Attaques (Pas-de-Calais) ; mort le 22 juin 1923 à Calais ; employé, puis cabaretier ; militant du POF calaisien.

Né de parents cultivateurs, Alfred Delcluze, frère de Clément, fréquenta l’école jusqu’à l’âge de douze ans. À dix-huit ans, il s’engagea pour cinq ans afin de dispenser son frère aîné du service actif. Employé chez un négociant en tulle à Calais, il fut congédié en 1884 pour activité politique et syndicale et ouvrit un cabaret. Deux ans auparavant, il avait contribué à fonder le Parti ouvrier calaisien, l’Union française des ouvriers tullistes et plusieurs autres syndicats. En 1887, à l’occasion d’une grève des tullistes, il fut condamné et emprisonné à Béthune, puis à Boulogne-sur-Mer. En 1890, il devint à la fois secrétaire de la section calaisienne du POF et, pour deux ans, secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats. On le trouve aux congrès de cette dernière en 1890 (Calais), 1892 (Marseille) et 1894 (Nantes). Il participa à tous les congrès nationaux du POF, de 1890 à 1900, à l’exception de celui de 1895. Il fut également délégué aux congrès internationaux de Paris (1889), de Bruxelles (1891) et de Londres (1896), ainsi qu’aux deux congrès généraux des organisations socialistes françaises à Paris, salle Japy (1899) et salle Wagram (1900). Il prit la parole lors des Premiers Mai de 1893 et 1894. Délégué à Londres pour le 1er mai 1891 et reçu chez Engels, il chanta L’Internationale qui n’était alors guère connue que dans le Nord. Charles Bonnier le décrit « petit, ramassé, plein d’énergie, avec une sorte de gaieté cordiale qui le rendait populaire dans la masse ouvrière de Calais ».
Conseiller municipal de Calais de 1888 à 1904, A. Delcluze fut élu conseiller général en 1890 et réélu jusqu’en 1919. Il fut candidat malheureux aux élections législatives dans la deuxième circonscription de Boulogne en 1889, 1893, 1898 et 1902. En 1898, à la suite de dissensions locales, Delcluze remplaça le socialiste Émile Salembier comme maire de Calais, pour deux ans. Absorbé par ce conflit, que décrit amèrement Bonnier, à qui Jules Guesde aurait confié en plaisantant à moitié que comme pour Marie Tudor, « si on lui ouvrait le cœur, on y trouverait écrit le nom de Calais », ayant pris parti pour la défense républicaine et la participation ministérielle, il prit ses distances avec le POF. Il adhéra cependant à l’unité en 1905, mais, dès 1906, rompit avec la SFIO et posa sa candidature aux élections législatives contre le candidat officiel du parti, Edmond Degay : il n’obtint que 2 466 voix et se désista en la faveur de Degay, battu au second tour. Mais, le 9 mai 1909, bénéficiant à son tour du désistement du socialiste Degay arrivé derrière lui, il fut envoyé à la Chambre à la mort du libéral Dussausoy. En 1910, il fut réélu comme socialiste indépendant dans cette deuxième circonscription de Boulogne à l’issue d’une quadrangulaire. S’il fut des 30 députés qui élaborèrent la déclaration de principes du 7 juin 1910 pour constituer au mois de juillet le groupe républicain socialiste, il s’était éloigné de ce dernier dès l’année suivante. Siégeant alors comme non-inscrit, il votait à l’accoutumée avec les socialistes. Il siégeait dans le groupe républicain-socialiste mais votait à l’accoutumée avec les socialistes. Son rival de toujours Salembier le remplaça en 1914. Après la guerre et la mort de Salembier, A. Delcluze rejoignit le Parti socialiste SFIO et demeura en son sein lors de la scission de Tours (1920).
ŒUVRE : Secrétaire en 1890-1892, du Bulletin mensuel de la Fédération nationale des syndicats : 6 numéros de janvier 1891 à avril 1892.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article109031, notice DELCLUZE Alfred [DELCLUZE Marc, Louis, Alfred.] par Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 30 juin 2021.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : Secrétaire en 1890-1892, du Bulletin mensuel de la Fédération nationale des syndicats : 6 numéros de janvier 1891 à avril 1892.

SOURCES : Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 963, M 964, M 1733, M 1735, M 1736, M 2111, M 4863. — Comptes rendus des congrès socialistes. — Le Petit Calaisien, 25 et 26 juin 1923. — Le Télégramme, 7 juillet 1923. — Nord-Littoral, 24 décembre 1958. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, II, op. cit., pp. 425 à 453, passim. — Cl. Willard, Les Guesdistes, op. cit., pp. 615-616. — B. Tavernier, H. Chatillon, F. Delacourt, Le Socialisme calaisien de 1880 à 1900, Mémoire de Maîtrise, Lille III, juin 1971 . Les souvenirs de Charles Bonnier, Un intellectuel socialiste européen à la Belle Époque, éd. Gilles Candar, préface de Madeleine Rebérioux, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion. — Yves Billard, Le Parti républicain-socialiste de 1911 à 1934, thèse, histoire, Paris 4, 1993. — Notes de Gilles Candar.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, {op. cit.}, p. 425.

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