DEMOULIN Albert

Par Henri Manceau, Justinien Raymond

Né le 30 août 1863 à Escombres-et-le-Chesnois (Ardennes), mort le 13 août 1946 à Barbonne-Fayel (Marne) ; ouvrier mécanicien ; militant syndicaliste et socialiste ; député.

Albert Demoulin
Albert Demoulin
Encyclopédie socialiste, p. 17

Fils de Nicolas, Victor, artisan charpentier, Albert Demoulin, devenu ouvrier mécanicien, entra jeune dans l’action syndicale à Nouzonville (Ardennes) où il travaillait chez Hardy-Capitaine. Secrétaire du syndicat des métaux qui groupait 1 500 ouvriers, il ne tarda pas à être renvoyé par son patron qu’il qualifia de « requin » et de « loup » dans la feuille socialiste ardennaise l’Émancipation.

Il n’avait pas vingt ans quand il adhéra à la fédération départementale affiliée depuis 1890 au POSR. En 1895, lors des élections municipales, Demoulin eut pour principe : « faire au mieux des intérêts de la localité » et se détacha de l’action syndicale. S’il soutint encore les ardoisiers de Rimogne en 1901, ceux de Revin ensuite, c’est que les premiers notamment étaient adhérents de la fédération socialiste. En 1898, il se lança dans l’anticléricalisme et s’attacha avant tout à la campagne en faveur des enterrements civils. L’affaire Millerand en 1899 l’inclina à l’opportunisme. En 1906, Demoulin travaillait à l’ardoiserie coopérative de Rimogne et appartenait à son conseil d’administration. Hostile au syndicalisme révolutionnaire — encore que partisan de la grève du 1er mai 1906 — il écrivait en 1909 : « L’action syndicale est essentiellement réformiste pendant que seule l’action politique est révolutionnaire ».

C’est à la propagande socialiste qu’il se consacra essentiellement. La fédération, affiliée au POSR, entra en 1902 au PSF puis, en 1905, constitua la fédération socialiste SFIO des Ardennes.

Demoulin fut délégué au congrès de Lyon (1901) et aux congrès nationaux de la SFIO à Limoges (1906), Nancy (1907), Toulouse (1908), et Saint-Étienne (1909). Il fut, après 1894, un des principaux lieutenants d’Albert Poulain, un propagandiste actif, notamment dans l’arr. difficile de Rocroi où il batailla longtemps avant d’y être élu député.

Aux élections législatives de 1902, il y recueillit 2 269 voix. En 1906, il s’éleva à 3 893 et, au scrutin de ballottage, talonna l’élu modéré avec 4 664 voix contre 4 797. L’année suivante, il réunit 574 électeurs comme candidat au conseil d’arr. dans le canton de Rocroi. Aux élections législatives de 1910, Demoulin recueillit 3 703 voix et 5 427 au second tour, tout près du député sortant réélu, Dumaine, qu’il battit en 1914 par 5 752 voix contre 5 675 au scrutin de ballottage, sur 14 093 inscrits. Depuis 1910, Demoulin était conseiller municipal de Rimogne.

Pendant la guerre, de 1914 à 1918, A. Demoulin s’efforça de maintenir une liaison entre les militants dispersés par la guerre et l’invasion. En 1919, le nombre des électeurs ardennais tomba de près de 72 000 en 1914 à 57 389. Aux élections du 16 novembre, le Bloc national enleva tous les sièges. Demoulin, troisième sur la liste des six candidats, fut battu avec 19 622 voix sur une moyenne de 19 886 à la liste socialiste.

Il devait survivre plus de vingt ans à la fin de sa brève carrière parlementaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article109442, notice DEMOULIN Albert par Henri Manceau, Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 30 avril 2013.

Par Henri Manceau, Justinien Raymond

Albert Demoulin
Albert Demoulin
Encyclopédie socialiste, p. 17

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 13 à 25, passim. Comptes rendus des congrès nationaux du Parti socialiste.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, op. cit., p. 17.

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