DEREUSE Eugène, Henri

Par Justinien Raymond

Né le 13 mai 1872 à Lille (Nord), mort à Lomme (Nord) le 8 février 1953 ; cafetier ; militant socialiste du Nord.

Eugène Dereuse* était le fils d’un fileur de coton ; il poursuivit néanmoins ses études jusqu’au Brevet élémentaire. Il exerça divers métiers, travailla notamment chez Kuhlmann. Renvoyé de plusieurs usines, il reprit à Lomme le café de ses beaux-parents, y ajouta un bureau de tabac et une distribution de journaux. La section socialiste de Lomme, dont il était le créateur et le secrétaire, siégeait en ce lieu. Il fut délégué au congrès national du POF qui se tint à Lille en 1896, au congrès de Paris l’année suivante (son nom est orthographié Dereuze), au congrès tenu à Roubaix en 1901. De 1900 à 1904, il fut conseiller municipal de Lomme.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il combattit à Verdun, puis revint travailler à Fives, près de Lille. Fin 1916, il évacua la région avec sa femme et ses deux filles, pour se fixer à Givors-Canal (Rhône) où il forma une section syndicale.

À son retour, en 1919, il fut élu maire de Lomme à la place de l’industriel Louis Nicolle : il occupa cette fonction jusqu’en 1944 étant demeuré avec la majorité de sa section à la SFIO après le congrès de Tours. Le canton d’Haubourdin l’envoya au conseil d’arrondissement de 1913 à 1919, puis de 1925 à 1934, date à laquelle il fut élu au conseil général, après deux échecs en 1922 et en 1928.

Aux élections législatives de 1928 et de 1932, il échoua dans la 5e circ. de Lille, battu par le candidat de droite, Des Rotours, au 2e tour de scrutin. En 1928, il passa de 6 431 voix à 7 898, Des Rotours, de 8 465 à 9 401, le candidat communiste Lenain en conservant 1 260. En 1932, sur 21 439 inscrits, Dereuse passa de 7 385 à 8 723, Des Rotours de 9 197 à 9 818, Hallart, PC, de 2 337 à 1 123. En 1936, alors qu’il était membre de la Commission administrative permanente (CAP) du Parti socialiste, Dereuse enleva ce siège. Sur 22 451 inscrits, il recueillit 7 306 voix contre 8 225 à Brasme, républicain indépendant, 3 297 à Patinniez, communiste, 880 à Rullier, radical indépendant, 246 à Malle, franciste et 120 à Deboeys, Unité ouvrière. Bénéficiant de la discipline du Front populaire, Dereuse battit Brasme par 11 070 voix contre 9 294. Il siégea à la commission du travail. Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vota pour l’octroi des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. La Libération venue, il renonça à toute action politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article109615, notice DEREUSE Eugène, Henri par Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 19 avril 2020.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 35/8. M 37/90b. M 37/94. M 154/191. — Nord-Matin, 10 février 1953. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — Les Cahiers d’Information du militant, op. cit., n° 16, mai 1936. — La République libre, n° 202, 27 février 1953. — J. Jolly, Dictionnaire des Parlementaires. — Renseignements fournis par Madame Levêque, fille d’Eugène Dereuse*, à Jean Piat.

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