DUBUS Hermin

Par Jean Maitron

Né le 6 mars 1875 à Brombos, canton de Grandvilliers (Oise), mort le 1er décembre 1973 à Paris ; instituteur, chansonnier de l’enfance.

Fils d’un instituteur et d’une mère prénommée Erminie (d’où son propre prénom), Hermin Dubus fut boursier d’État au lycée de Beauvais puis au lycée Lakanal où, après de brillantes études, il devait préparer le concours d’entrée à l’École normale supérieure. Ses études ayant été interrompues par la maladie, il revint dans l’Oise chez son père, directeur d’école à Marissel, et fit son service militaire. Il hésita un temps dans la recherche d’un métier, épousa en 1899 une institutrice dont il eut trois enfants : un fils et deux filles dont l’une, prénommée Luce, épousa André Langevin, fils de Paul. Après un stage d’un an comme éducateur à Cempuis, dans l’Orphelinat dirigé par l’anarchiste Paul, Charles, Louis Robin, il devint instituteur laïque dans l’Oise, se mêla hardiment aux luttes ouvrières, à la propagande socialiste sans toutefois adhérer à un Parti.

Son action fut surtout culturelle mais laïque et, dirait-on aujourd’hui, « progressiste ». Il publia beaucoup : livres de morale, livres de lecture, voire d’arithmétique en collaboration avec sa femme, mais surtout des chansons et saynètes destinées aux enfants des écoles (voir œuvre). Il a ainsi défini son but : « J’ai voulu chanter, dans ses aspects divers, la joie de vivre, la douceur d’aimer, le délice d’admirer. J’ai cherché à faire sentir à l’enfant la beauté pittoresque de la nature, la tendresse éparse des choses » (cité dans La République de l’Oise, 4-6 juin 1922).

Nommé dans la Seine, Hermin Dubus demeura deux ans à Beauvais puis, en 1911, vint habiter Paris, dans le XIIIe arr. Mobilisé en 1914, il fut envoyé sur le front, blessé en Argonne et replié en Bretagne. La faillite des espérances sociales sur le plan français et international, le toucha profondément et, si son attachement à un idéal de justice et à la cause laïque n’en fut point affecté, sa combativité n’en fut pas moins atteinte et il se consacra dès lors exclusivement à l’enfance. Il participait volontiers aux congrès d’instituteurs et il y faisait entendre quelques-uns de ses couplets joyeux ou satiriques.

Hermin Dubus vécut presque centenaire, acceptant avec philosophie la fin d’une vie qu’il considérait « belle comme une chanson vécue ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article110958, notice DUBUS Hermin par Jean Maitron, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 9 août 2022.

Par Jean Maitron

ŒUVRE : H. Dubus a publié des centaines de chansons, saynètes, livres de lecture pour les enfants. On en trouvera la liste à la Bibliothèque nationale. Elles ont par ailleurs été publiées par différentes maisons d’édition, notamment Nathan, 18, rue Monsieur-le-Prince, VIe arr.

SOURCE : Notes remises par Luce Langevin.

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