DULCÈRE Pierre, André, Simon

Par André Balent

Né le 19 février 1869 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), mort le 5 mai 1952 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), mécanicien à Perpignan ; militant du Parti socialiste SFIO.

Pierre Dulcère était le fils d’un cordonnier perpignanais, Nicolas Dulcère né en 1841 et de Dolorès Mir née en 1845. Le 22 mai 1895, il épousa Brigitte, Marthe Dalbiez.

Il milita très certainement dans les cercles radicaux avant de passer au socialisme, suivant en cela une évolution commune à de nombreux militants catalans. Il fut un des fondateurs de la Fédération socialiste des Pyrénées-Orientales dont la réunion constitutive se tint le 21 juillet 1895 au café Masvezy à Perpignan. La Fédération donna son adhésion au POF en 1896. En mai 1898 eut lieu la première scission des socialistes roussillonnais, entre les deux tours de l’élection législative à laquelle participait le socialiste Justin Alavaill. Pierre Dulcère fut parmi ceux qui n’admirent pas le maintien d’Alavaill au second tour de scrutin, prétextant que ce maintien constituait un manquement à la « discipline républicaine » (Justin Alavaill s’était maintenu contre le radical bien que tout danger réactionnaire ait été écarté mais il ne faisait que suivre en cela la discipline électorale du POF). En 1899 Pierre Dulcère et ceux qui quittèrent la Fédération guesdiste en mai 1898 fondèrent l’Union socialiste des Pyrénées-Orientales qui s’affilia au PSF. L’Union socialiste défendait le principe de la collaboration inconditionnelle avec les radicaux et approuva la participation de Millerand au cabinet de « défense républicaine » (ministère Waldeck-Rousseau, juin 1899 — juin 1902). Pierre Dulcère fut élu conseiller municipal de Perpignan au second tour des élections de mai 1900. Il était un des candidats de l’Union socialiste qui avait fait liste commune avec les radicaux.

En 1905, Pierre Dulcère fut favorable à l’Unité socialiste. Le congrès d’unification entre la Fédération socialiste (PS de F.) et l’Union socialiste (PSF) qui se tenait à Estagel le 11 juin 1905 l’élut à la commission exécutive fédérale de la Fédération unifiée. Il fut réélu par les congrès fédéraux de Perpignan (1906), de Maury (1907), de Saint-Estève (1908), d’Espira de l’Agly (1909), de Prades (1911). Il occupa pendant plusieurs années la charge de trésorier fédéral.

Pendant la crise de la Fédération, en 1909, il soutint Deslinières contre Manalt (Deslinières finit par éliminer de la Fédération Manalt et la tendance de gauche de la Fédération socialiste). Au congrès fédéral de Saint-Paul-de-Fenouillet, le 11 janvier 1914, Pierre Dulcère soutint Jean Payra* contre Lucien Deslinières*. Administrateur du Socialiste des Pyrénées-Orientales, il refusa de reconnaître la commission administrative fédérale élue par le congrès et, en conséquence, de lui remettre les annonces, le titre et la liste des abonnés.

Pierre Dulcère fut avec François Batllo* et Alfred Soubielle* un des plus fidèles « lieutenants » de Jean Payra dont il suivit l’évolution pendant la Première Guerre mondiale.

Lorsque fut réorganisée la section socialiste de Perpignan, le 30 octobre 1918, après que Jean Payra eût triomphé de Lucien Deslinières*, Pierre Dulcère en fut élu secrétaire adjoint. Le 3 janvier 1920, il fut élu trésorier de la section socialiste SFIO de Perpignan. Il fut réélu à ce poste le 15 avril 1922.

Secrétaire du congrès de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales réuni le 13 avril 1919, il fut, ce même jour, élu délégué au congrès national du Parti, à la CAF et au poste de trésorier fédéral.

Pierre Dulcère fut sans interruption trésorier de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales jusqu’en 1935. Au début des années 1930, il cumula les fonctions de trésorier fédéral avec celles de trésorier de la section de Perpignan : celle-ci, en décembre 1934, groupait d’après la police, environ huit cents adhérents (y compris les Jeunesses socialistes) alors que les effectifs de l’ensemble de la Fédération, (y compris les sympathisants proches) se chiffraient à environ 10 500 personnes.

En 1932 (congrès fédéral extraordinaire du 30 octobre) la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales groupait 1 716 cotisants.

Au sein de la Fédération des Pyrénées-Orientales, Pierre Dulcère, qui joua un rôle relativement effacé, soutint constamment son ami Jean Payra.

Au congrès fédéral du 8 septembre 1935, il fut réélu à la CAF (mais non trésorier) sur la motion présentée aux débats par la Fédération du Nord. Il y siégea jusqu’au congrès fédéral du 24 mai 1936.

Pierre Dulcère adhérait également à la Ligue des droits de l’Homme (dont il fut élu trésorier en avril 1918) et à la Libre Pensée (dont il était le président en 1918).

Il était enfin franc-maçon.

Pierre Dulcère adhéra à un éphémère syndicat confédéré de la « Presse républicaine départementale ». Il fut délégué titulaire de ce syndicat (avec Émile Garidou) au Comité général de la Bourse du Travail de Perpignan en 1921. Le 21 janvier 1921 il fut élu pour un an à la commission de contrôle de la Bourse du Travail de Perpignan.

Nous ignorons s’il eut une activité politique après la Seconde Guerre mondiale. D’après divers témoignages, il serait resté fidèle à la SFIO.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article111237, notice DULCÈRE Pierre, André, Simon par André Balent, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 19 septembre 2022.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, Versement du cabinet du préfet (13 septembre 1951), liasse 177 (PC et SFIO, 1934-1936), rapport du préfet des Pyrénées-Orientales au ministre de l’Intérieur (et annexes) ; 28 décembre 1934. — Le Républicain des Pyrénées-Orientales (années 1895-1902). — Le Cri socialiste, hebdomadaire de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales, 5 novembre 1932, 20 janvier 1934, 14 septembre 1935 — Témoignage de M. Marcel Maynéris, ancien secrétaire fédéral administratif de la SFIO (Perpignan, 10 juillet 1983). — Le Socialiste des Pyrénées-Orientales (années 1902-1919). — Le Cri Catalan (années 1918-1930). — Horace Chauvet, La Politique roussillonnaise (de 1870 à nos jours), Perpignan, 1934. — L’Action syndicale, mensuel des syndicats confédérés de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, février 1921. — Compère-Morel*, Encyclopédie socialiste, tome II, Les Fédérations socialistes, Paris, 1913. — Témoignages de M. M. Fernand Cortale* et Vigué, de Perpignan.

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