EYCHENNE Marius, Dominique

Par Antoine Olivesi

Né le 15 août 1902 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 6 novembre 1995 à Marseille ; ouvrier métallurgiste puis cantonnier municipal à Marseille depuis 1925 ; militant syndicaliste et communiste dans cette ville ; secrétaire régional du Parti communiste en 1937, et secrétaire adjoint en 1939.

Marius Eychenne participa aux grèves de 1919-1920, en tant qu’ouvrier métallurgiste. Devenu cantonnier municipal en 1925, il adhéra aussitôt au syndicat CGT des municipaux et devint secrétaire adjoint du syndicat des cantonniers. À la suite d’un conflit au sein de la CGT, entre partisans et adversaires de l’unité, il passa à la CGTU dont il devint membre du bureau de l’UR tout en demeurant secrétaire de la section des cantonniers. En 1934-1935, Eychenne écrivait des articles favorables à l’unité syndicale dans Rouge-Midi et dans Le Cantonnier, bulletin du syndicat unitaire des cantonniers de Marseille. Au congrès de fusion de janvier 1936, il fut élu membre de la CA de l’UD-CGT et participa aux grèves de 1936, notamment en faveur des journaliers.

Il avait adhéré au Parti communiste en 1933 et était sorti premier, en 1935, de l’école nationale du Parti. Membre du comité régional du PC en 1936, suppléant au bureau régional, chargé de l’éducation, il fut élu, en janvier 1937, avec Cristofol, Labro et Billoux, secrétaire régional, fonction qu’il exerça, pendant le séjour de ce dernier en Espagne, à la direction du Parti avec Cristos. Il demanda un congé sans solde pour assumer cette tâche. En 1937, il prévoyait de faire un séjour de six mois en URSS pour parfaire son éducation politique, mais finalement ce projet ne se réalisa pas..

En août 1937, dans une réunion privée des responsables du PC, il préconisa de poursuivre la campagne pour la fusion des Partis socialiste et communiste, malgré l’hostilité de certains chefs SFIO marseillais. En octobre 1937, il fut le candidat du PC dans le 11e canton de Marseille pour le conseil d’arrondissement. Il obtint 2 094 voix au premier tour sur 12 963 électeurs inscrits et se retira, au second, en faveur du socialiste Fernand Arnaud. Après l’échec relatif des candidats communistes aux élections cantonales d’octobre 1937, Billoux renvoya Eychenne à « l’école permanente de six mois », où il enseignait, en fait, en mars 1938.

En juillet 1938, Eychenne donna des consignes précises aux syndicats des dockers et des cheminots pour boycotter les marchandises allemandes et italiennes sur les navires et les wagons ferroviaires de transit à Marseille.

Après la grève du 30 novembre 1938, il essaya d’en minimiser l’échec relatif à Marseille. Au début de l’année 1939, Eychenne était de nouveau secrétaire régional adjoint du PC. Dans une conférence d’information du 31 janvier, il déclara que la vente de Rouge-Midi laissait beaucoup à désirer, que le tirage du journal était en baisse, qu’il fallait entretenir de meilleurs rapports avec les socialistes, surtout après la condamnation de Munich par Blum, qu’il fallait élargir la propagande dans les AIL, les quartiers, auprès des Croix de Feu et des catholiques, « tout en demeurant toujours laïques et athées », qu’il fallait mieux lutter contre les bandes sabianistes, et reconstituer enfin les cellules d’entreprise désorganisées par la répression antisyndicale.

En août 1939, Eychenne était, avec Pauriol, le seul permanent appointé du PC à Marseille. Il participa à la campagne contre le licenciement des employés municipaux de la ville. Lors de la signature du Pacte germano-soviétique, alors qu’il était secrétaire adjoint du Parti, il tenta de rassurer les militants désemparés au cours d’une réunion. « C’est un petit mauvais moment à passer, déclara-t-il, mais par la suite l’opinion publique réagira et donnera raison au parti » (rapport de police du 29 août 1939). En mars 1940, un rapport de l’administrateur de la ville de Marseille au préfet, dépeint Eychenne, comme un « militant actif et intelligent ». Il aurait toutefois quitté un temps le Parti quitte à y revenir par la suite mais sans fonctions politiques.
Il a été incarcéré durant 27 mois au fort Saint Jean (Marseille) puis à la maison d’arrêt de Nîmes.
Lorsqu’il fut libéré (mai ou juin 1942 ?) , il revint brièvement à Marseille puis il rejoignit l’Ariège où il travailla (La Bastide-de-Sérou), puis il intégra un réseau FTPF. A la Libération, il se trouvait à Toulouse, dans ce réseau.
Selon son petit-fils, il n’a jamais quitté le PCF, mais n’avait plus de responsabilité après la guerre. Il est aussi demeuré fidèle à la CGT, notamment à la Ville de Marseille où il combattit combattu Gaston Defferre. Il fut aussi été un des fondateurs de la Mutuelle des municipaux de Marseille.
Il mourut le 6 novembre 1995.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article112373, notice EYCHENNE Marius, Dominique par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 10 avril 2020.

Par Antoine Olivesi

ŒUVRE : Articles dans Le Midi syndicaliste, 15 mars, 1er avril, 1er mai, 1er juin 1936 et dans Rouge-Midi entre 1934 et 1939.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône III, M 53 (profession de foi et présentation du candidat pour les élections cantonales rédigée par F. Billoux avec photo) et III M 54 ; M 6/10793, rapport secret du 23 juillet 1938 ; M 6/10809, rapports des 15 mars 1938, 4 janvier et 1er février 1939 ; M 6/10846 et 10874 ; M 6/10933, rapport du 2 octobre 1939 ; M 6/11243, rapport du 30 juillet 1939 ; M 6/11246, rapports des 9, 12, 13 et 15 juillet 1940 ; M 6/11249, rapport du 25 août 1939 ; M 6/11379 ; M 6/11778, rapport cité du 22 mars 1940 ; XIVM 25/133, rapport du 2 décembre 1938. — Le Midi syndicaliste, 1936. — Le Petit Provençal, 11 et 13 octobre 1937. — Rouge-Midi, 17, 20 et 27 janvier, 29 décembre 1934, 19 mars et 17 octobre 1937, etc. — Témoignage de Francis Roux-Zola. — Témoignage de son petit-fils, Denis Eychenne, avril 2020.

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