FALGUÈRES Ferdinand

Par André Balent

Né et mort à Fillols (Pyrénées-Orientales) : 20 février 1891-28 novembre 1967. Fils de Pierre Falguères et de Magdeleine Sercas. Mineur à Fillols. Militant communiste. Maire de Fillols (1935-1940).

Mineur — il occupait entre 1932 et 1939 les fonctions de chef de poste — dans son village natal, commune minière du Conflent (bassin du Canigou) il était marié et avait un fils qui, en 1939, était instituteur dans la Principauté d’Andorre.

En juin 1932, Ferdinand Falguères* était secrétaire de la cellule de Fillols du Parti communiste. Celle-ci, rattachée d’abord au rayon de Villefranche-de-Conflent (Voir Contié Étienne*, Durand Clair*) ne groupait à cette date que quatre adhérents. Plus tard (1935 ou début 1936) elle fut rattachée au rayon de Prades après que le rayon de Villefranche-de-Conflent eut été fractionné du fait de son étendue géographique et de la progression des effectifs du PC.

En décembre 1934, Ferdinand Falguères* était toujours secrétaire de la cellule de Fillols dont les effectifs demeuraient inchangés.

Ferdinand Falguères* fut élu maire de Fillols le 15 décembre 1935 à l’issue d’une élection partielle (8 décembre 1935) provoquée par la démission du maire socialiste SFIO, Michel Barande (Voir Calvet Henri*). Après cette élection, l’administration préfectorale classa Ferdinand Falguères* comme socialiste SFIO. Elle fit sans doute erreur, car l’activité de Ferdinand Falguères* en tant que militant communiste est attestée à de multiples reprises avant et après l’élection de décembre 1935. D’ailleurs pour la préfecture des Pyrénées-Orientales, la composition politique du conseil municipal de Fillols, après le scrutin de décembre 1935, était de six socialistes SFIO et de quatre communistes.

Au cours de son mandat de maire, Ferdinand Falguères* prit une initiative qui fit beaucoup de bruit à Fillols et en Conflent. Le 20 septembre 1937, il expulsa de son presbytère le curé de la paroisse, G. Tronel et évacua avec l’aide d’un forgeron tout le mobilier en possession de cet ecclésiastique. Il convient de souligner ici que à Fillols, village minier où la SFIO et le PC étaient majoritaires, les antagonismes politiques étaient exacerbés. Le curé qui se qualifiait d’« ancien combattant volontaire et mutilé » était le chef de la minorité de droite de la commune. Depuis 1928, il dirigeait une petite publication, L’Écho du Canigou (organe des paroisses de Corneille-de-Conflent et de Fillols) qui était en fait un organe local de la droite. G. Tronel, adversaire politique irréductible de la municipalité présidée par F. Falguères, y publiait de violents articles contre le Front populaire et les républicains espagnols (au moment même où le maire organisait une collecte pour la République voisine en lutte contre Franco, collecte qui rapporta 141,50 francs). Ce fait divers retentissant illustre bien le climat politique qui régnait alors dans une petite commune conflentaise, climat très tendu que l’on retrouvait alors dans d’autres communes des Pyrénées-Orientales où les événements de la guerre civile espagnole interféraient avec les questions sociales et politiques de la France du Front populaire.

En novembre 1939, F. Falguères fut inscrit sur la liste des « suspects du point de vue national » avec la mention de « communiste très militant ». Le 20 mars 1940, il fut déchu de son mandat de maire de Fillols, en exécution de la loi du 20 janvier 1940. Avec lui étaient déchus Jean Sicard, mineur ; Adrien Saliès, mineur ; Taurinya Pierre, agriculteur, les mêmes, semble-t-il, que les quatre élus communistes de 1935.

D’après une monographie locale publiée (1981) par des habitants de Fillols, Ferdinand Falguères* (ainsi d’ailleurs que Jean Sicard et Pierre Taurinya, dit « Paretes », deux des élus communistes de 1935) fut arrêté par la gendarmerie et déporté par la suite en Allemagne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article112592, notice FALGUÈRES Ferdinand par André Balent, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 25 novembre 2010.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, versement du cabinet du préfet (13 septembre 1951), liasse 64 (PC et CGTU, 1932-1933) annexe au rapport du préfet au ministre de l’Intérieur (21 juin 1932) ; liasse 177 (PC et SFIO, 1934-1936), annexe au rapport du préfet au ministre de l’Intérieur, 28 décembre 1934 ; liasse 169 (dissolution du Parti communiste), liste des suspects du « point de vue national » (novembre 1939) et rapport du préfet au ministre de l’Intérieur, 23 mars 1940 (déchéance des élus du Parti communiste. — Le Travailleur Catalan, hebdomadaire de la Région catalane du Parti communiste. — Dans mon village... Fillols (monographie rédigée collectivement par des habitants de Fillols, rédacteurs de la revue locale La Chipotera) p. 64 (épisode de l’expulsion du curé ; L’écho du Canigou de G. Tronel y est cité, notamment le numéro d’octobre 1937) et p. 82, éd. Foyer laïque de Fillols, Fillols, 1981. — Conversation avec M. Boher, maire communiste de Fillols, 21 janvier 1983. — Lettre de M. Margail, adjoint au maire de Fillols.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément