FARRUSSENQ Jules, Léon, Marius

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 16 novembre 1895 à Millau (Aveyron), mort le 13 octobre 1971 à Millau ; gantier ; militant communiste exclu en 1933 et syndicaliste de Millau.

Jules Farrussencq (n°11) parmi les élèves de l’école communiste de Bobigny, en 1924.
Jules Farrussencq (n°11) parmi les élèves de l’école communiste de Bobigny, en 1924.
On reconnaît à sa gauche (n°12) Albert Vassart*.
(n°17) Vandeputte*, (n°4) Fromage*, (n°19) Declercq*.

Fils d’un tanneur-corroyeur et d’une mère, fille de petits propriétaires. Le père travaillait à Montpellier puis revint à Millau. La mère, de très mauvaise santé, ne put donner tous ses soins à ses deux enfants et le père, parfois sans travail, devint amer ; bref la situation familiale rendue très critique fut, pour les enfants, particulièrement difficile et il arriva qu’ils eurent à souffrir du froid et de la faim sans parler des humiliations.

Jules suivit les cours d’une école religieuse et fut enfant de chœur ; il quitta l’école à quatorze ans et fut successivement employé dans une pharmacie pour 8 francs par mois, dans une parfumerie, dans une fabrique de gants comme apprenti tandis que son frère aîné poursuivait ses études au séminaire.

Survint la guerre de 1914. Jules Farrussenq, réformé, mais convaincu de la justesse de la cause française, s’engagea. Très vite cependant, il devint antimilitariste en même temps qu’il s’éloignait définitivement de la religion. En 1917, il fut attiré par la Révolution russe sans d’ailleurs bien comprendre son sens et sa portée.

De retour à Millau après l’armistice — invalide de guerre, semble-t-il (« la guerre capitaliste m’a rendu invalide et a détruit mon aptitude pour la propagande orale ») — il concourut à la formation d’une Union socialiste de la Jeunesse et prit une carte syndicale mais fut dégoûté momentanément par la scission syndicale de 1921 ; c’est le chômage et les grèves qui l’incitèrent ensuite à prendre une part active aux luttes syndicales en 1922. Membre du Parti communiste, il fut admis deux ans plus tard à la première École de Bobigny (19 novembre 1924-janvier 1925) où il rédigea une autobiographie de quelques pages qui sera publiée en russe par Kurella. Il concluait : « J’aurais pu donner beaucoup plus de détails car toutes les épreuves que j’ai traversées suffiraient pour écrire le texte d’un roman volumineux ; mais je présume que la biographie n’est pas une apologie et doit se limiter essentiellement à des points concrets du développement politique. »

Marié le 20 novembre 1925 à Millau, gendre de Boyer Auguste J. Farrussenq, ouvrier gantier, fut secrétaire de la cellule communiste de Millau qui aurait compté quarante adhérents en 1932 selon un rapport du 4 juillet. Il fut trois fois candidat du Parti communiste aux élections législatives : en 1924, il recueillit 968 voix sur les 104 356 inscrits soit 0,92 % des suffrages ; en mai 1928, 902 voix sur 16 783 inscrits soit 5,4 % des suffrages ; enfin en mai 1932, 486 voix sur 16 840 (ou 14 112) inscrits soit 2,89 % (ou 3,44 %) des suffrages au premier tour ; il n’y eut d’ailleurs pas de second tour.

Le 2 octobre 1933, la cellule de Millau l’exclut « pour insubordination et indiscipline ».

Il mourut à Millau le 13 octobre 1971.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article112683, notice FARRUSSENQ Jules, Léon, Marius par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 22 janvier 2013.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Jules Farrussencq (n°11) parmi les élèves de l'école communiste de Bobigny, en 1924.
Jules Farrussencq (n°11) parmi les élèves de l’école communiste de Bobigny, en 1924.
On reconnaît à sa gauche (n°12) Albert Vassart*.
(n°17) Vandeputte*, (n°4) Fromage*, (n°19) Declercq*.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13130. — G. Lachapelle, Élections législatives, op. cit. — La Voix des travailleurs, 18 novembre 1933. — La Génération léniniste du prolétariat, op. cit. [1925], autobiographie. — Liste noire, n° 3, mai 1934. — Danielle Tartakowsky, thèse, op. cit. — État civil de Millau, 9 mai 1984.

ICONOGRAPHIE : Élèves de l’École de Bobigny en 1924, hors-texte, t. 16.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément