FÉLIX Firmin, Joseph

Par Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon

Né le 23 juillet 1900 à Die (Drôme) ; artisan taxi ; militant communiste et responsable syndical des Bouches-du-Rhône.

Fils d’Adolphe Félix et de Marie Thiers, Firmin Félix fit son service militaire au Ve Dépôt des équipages à Toulon (Var) jusqu’au 24 août 1921. Séparé de sa première épouse et élevant l’enfant qui était issu de cette union, il vivait depuis 1928 avec Léontine Soulier qui travaillait dans un magasin de couture et avec laquelle il se maria le 3 octobre 1939. Habitant rue Sainte, il s’était établi comme artisan taxi à Marseille (Bouches-du-Rhône) en février 1927. Il est dit également entrepreneur de voitures sur les listes électorales de l’époque. Militant communiste, il fut le candidat du PC dans le 10e canton de Marseille au conseil général en octobre 1934 ; il s’y présenta de nouveau à l’élection complémentaire du 2 décembre suivant pour le conseil d’arrondissement et obtint 1 030 voix au premier tour sur 15 437 électeurs inscrits. « Animateur très actif de la coopérative des Taxi-Union, il a fait une belle campagne dans le 10e canton en octobre 1934 », aux élections pour le conseil général et « son désistement loyal » a permis au candidat socialiste Giraud de reprendre ce canton à la droite écrit, à son sujet, Le Petit Provençal du 30 avril 1935 à une époque où ce quotidien ouvrait ses colonnes aux communiqués du PC. Effectivement, Firmin Félix participa aux divers mouvements d’unité d’action avec les socialistes à l’automne 1934 dans le quartier ouvrier du Rouet. L’année suivante, il se présenta aux élections municipales sur la liste communiste dans la 5e section et recueillit 3 809 suffrages sur 34 799 inscrits. Au cours des années 1933-1935, il fit partie de l’Association des Travailleurs sans Dieu d’inspiration communiste et fit de nombreuses conférences à Marseille dans le cadre de cet organisme avec Jean Cristofol. Condamné en juin 1927 pour recel de linge et vêtements, il fut de nouveau condamné pour outrage à agent, cette fois, à 50 francs d’amende en octobre 1936. Pendant la guerre d’Espagne, il fit plusieurs déplacements jusqu’à la frontière et fut contrôlé avec quatre Espagnols sans papiers d’identité le 2 mars 1939.
En février 1938, il présidait un comité de protestation contre l’augmentation des taxes, droits et impôts qui venait d’être créé à Marseille. Il était, à cette époque, secrétaire du syndicat des Taximètres marseillais dont le siège était 8 boulevard de Paris. Elle supervisait deux filiales : un poste d’essence, boulevard de Paris, et une coopérative d’assurances, La Fraternelle de Marseille. Surveillé par la police en octobre 1939, il fit l’objet d’une dénonciation émanant de syndicats de taxis rivaux qui voulurent profiter du climat de répression anticommuniste de l’époque. La Fraternelle dont il était le gérant fut perquisitionnée le 23 novembre 1939. Mobilisé en septembre 1939 au 141e régiment d’infanterie à Marseille, Firmin Félix fut réformé temporaire à la fin de l’année. Le 13 décembre 1939, le commissaire Gaubert, chef de la Police spéciale fit un rapport sur le syndicat des taximètres qu’il appelait le syndicat des petits propriétaires de taxis. Il avait convoqué Félix pour qu’il fasse prendre position à son organisation sur le pacte germano-soviétique et sur le texte que la Fédération nationale des moyens de transports avait adressé. Félix s’engagea à réunir son conseil et les délégués des stations pour prendre position sur les résolutions des 18 et 25 septembre de la CGT. Gaubert ne cachait pas qu’il ne lui faisait aucune confiance. Cependant, le 18 décembre, le conseil syndical approuva la résolution du Comité national de la Fédération des moyens de transports CGT. En la transmettant le 21 décembre, Félix demanda – en vain - l’annulation de la dissolution de son groupement professionnel puisque celui-ci avait été dissous le 23 novembre. Le vice-amiral, commandant la circonscription maritime de Marseille, intervint en janvier 1940 auprès de la Police spéciale au sujet de ses activités et, le 15 février, le commissaire central, chef de la police d’État, proposa son internement administratif. L’arrêté d’internement fut signé le 26 mars 1940 et il fut envoyé au camp de Chabanet dans l’Ardèche. Il fut transféré en juin dans celui de Chibron (commune de Signes, Var) qui venait d’ouvrir, puis à la dissolution de ce dernier en février 1941, à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Il écrivit à de nombreuses reprises aux autorités pour réclamer sa libération. Celle-ci fut refusée le 15 juillet 1941. Il réclama au préfet régional une mesure de clémence en sa faveur le 16 septembre 1941 en l’assurant qu’il s’était rallié à la politique nationale du Maréchal. Il fut libéré conditionnellement pour trois mois, le 23 avril 1942. Son dossier de Résistance déposé au SHD de Vincennes le fait apparaître comme membre du Front national. Cette étiquette recouvre souvent un engagement dans le PC clandestin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article112987, notice FÉLIX Firmin, Joseph par Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 février 2021.

Par Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, III M/54 et 56 ; V M 2/283 ; M 6/10802, 10933 (rapport du 2 octobre 1939), M 10/11 249 (rapport du 25 octobre 1939) ; M 6/11793 (rapport du 12 juillet 1940) ; XIV M 24/62 (rapport du 15 mars 1938 ; 5 W 183 (dossier d’internement) ; 76 W 111. — Arch. Com. Marseille, série K, listes électorales de 1935. — Site internet Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 220094 (nc). — Rouge-Midi 15 septembre et 8 décembre 1934, avril 1935 (photo). — Le Petit Provençal 9 octobre, 7 et 21 novembre 1934, 6 janvier et 30 avril 1935.

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