FETZ Georges

Par Justinien Raymond

Né et mort à La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie) : 28 février 1883-7 octobre 1968 ; imprimeur ; militant communiste.

Fils d’imprimeur et père d’imprimeur, Georges Fetz a été pendant plus d’un demi-siècle la figure la plus originale de La Roche-sur-Foron et, dans la politique locale et départementale, un animateur de premier ordre. Il avait hérité de son père la connaissance, les moyens et l’amour du métier qu’il pratiqua toute sa vie et légua à son fils.

Il se consacra dans sa ville et autour d’elle aux organisations mutuelles, philanthropiques, musicales et sportives. Artisan, il s’efforça toute sa vie d’aider à l’organisation de syndicats ouvriers. Il poussa les paysans savoyards organisés en fromageries appelées « fruitières », à leur donner la forme véritable de coopératives à gestion directe. Par ses conférences et ses écrits, il servit l’histoire locale, la culture et les idées d’avant-garde. Son arme de prédilection fut son journal, le journal familial, Le Rochois créé par son père, que lui-même saborda sous l’Occupation et qui reparu à la Libération sous le titre Journal du Mont-Blanc. Georges Fetz y révélait son talent de polémiste et l’ardeur de ses convictions pour lesquelles, par deux fois au cours des deux guerres, il fut privé de liberté. Sous Vichy et les occupations italienne et allemande, il connut cinq arrestations, trois perquisitions domiciliaires, deux mois de prison au secret, trois mois d’observation dans un asile d’aliénés et douze mois d’internement dans divers camps. À l’automne 1940, il était interné administratif au camp de Chibron (commune de Signes, Var). Il ne s’y trouvait plus lorsque le camp ferma à la mi-février 1941. À soixante et un ans, en 1944, il rejoignit le maquis pour six mois.

Socialiste dès avant l’unité de 1905, Georges Fetz adhéra au Parti communiste naissant dès la scission de décembre 1920. Il fut pratiquement le secrétaire permanent de la cellule de La Roche-sur-Foron qui luttait dans un milieu difficile. Il ne renia jamais les espoirs qu’il mit d’emblée dans la révolution d’Octobre. Il visita l’URSS et fut notamment délégué au douzième anniversaire, en octobre 1929, partant d’Ostende à bord du Roudzoutakle 31 octobre 1929 et revenant fin novembre.

En 1937, il consacra à l’Union soviétique un ouvrage de 460 pages, écrit et imprimé par lui, intitulé Léningrad et Moscou. Mais G. Fetz préconisa toujours l’union des forces d’extrême gauche et, en 1936, il fut un des artisans de la victoire du Front populaire sur le nom de son ami Amédée Guy* , élu député du Faucigny. Son combat fut toujours désintéressé : ce n’est pas l’ambition mais le désir de combattre un radicalisme pâlissant qui fit de lui un candidat communiste aux élections sénatoriales de 1935. Succès d’estime, il glana 15 voix parmi les délégués sénatoriaux.

Fidèle à ses convictions Georges Fetz fut enterré civilement à La Roche, le 9 octobre 1968, sans aucune pompe si ce n’est le long cortège témoignant de l’estime que lui portaient ses concitoyens. Son avis de décès portait cette proclamation : « Après avoir, ma vie durant, critiqué ou contredit ceux qui n’ont jamais rien osé tenter pour améliorer l’humanité, j’ai toujours été prêt à affronter, celui qui, prétend-on, aurait fait le monde, si mal. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article113218, notice FETZ Georges par Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 9 septembre 2021.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : Léningrad et Moscou., imprimé par lui, 460 p.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13134. — Arch. dép. Var 4 M 291. — L’Appel des Soviets, n° 14, novembre 1929. — Le Progrès de la Haute-Savoie, 11 octobre 1968. — Souvenirs personnels.— note Jean-Marie Guillon.

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