FOLCO Renée, Laurence, Baptistine

Par Louis Botella, Jacques Girault, Jean-Marie Guillon

Née le 4 juin 1899 à Toulon (Var), morte le 2 août 1987 à Bargemon (Var) ; professeur de dactylographie ; militante syndicale (CFTC) du Var ; résistante.

Fille d’Hippolyte, chef armurier, et d’Alexandrine Bossavis, sans profession, Renée Folco, professeur de dactylographie dans un établissement privé de comptabilité de Toulon, était, en novembre 1938, secrétaire administrative de l’Union varoise des syndicats chrétiens et de l’Union toulonnaise des syndicats chrétiens. En février 1939, elle assumait toujours cette fonction.
Renée Folco fut recrutée en juin 1941 pour gérer l’hôtellerie de l’important site de pèlerinage et de retraite de la Sainte-Baume (Var, commune du Plan d’Aups) sous la responsabilité du prieur, le père Piprot d’Alleaume, que la province dominicaine avait chargé de réorganiser et de développer les lieux. Renée Folco était assistée de Jeanne Grimaud, elle aussi, syndicaliste CFTC de Toulon. Toutes deux aidèrent le père Piprot d’Alleaume à monter le projet d’une école d’hôtellerie sur le site. Le « Centre féminin d’apprentissage hôtelier de la Sainte-Baume », ouvert en mars 1943, servit aussitôt à abriter, au milieu des autres élèves, une douzaine de jeunes allemandes ou autrichiennes, présentées comme alsaciennes. Ces jeunes filles étaient des rescapées des rafles d’août 1942 et venaient de la région grenobloise, via Germaine Ribière et l’Amitié chrétienne. Renée Folco et Jeanne Grimaud, qui étaient parmi le petit nombre de personnes au courant de la situation réelle des jeunes filles, s’attachèrent particulièrement à elles et continuèrent à les encadrer jusqu’après la Libération alors que le père Piprot était mis en demeure par sa province de quitter la direction de l’école, étant accusé d’avoir incité ces élèves à se convertir au catholicisme. Renée Folco continua à avoir la responsabilité du groupe une fois transféré en catimini à Marseille par le père Piprot, puis jusqu’à sa dissolution en 1945 au domaine du château de Pierrefeu (Hérault) où les jeunes filles devaient servir à l’encadrement d’un centre de repos pour déportés politiques.
Pendant la guerre, Renée Folco et Jeanne Grimaud étaient restées en contact avec Gaston Havard, ancien secrétaire départemental de la CFTC, qui dirigeait l’une des branches de l’important réseau de renseignement F2 à Toulon. Elles hébergèrent plusieurs membres du réseau, dont Havard lorsqu’il dût passer dans la clandestinité en 1943, ce qui leur valut d’être homologuées par le réseau. Renée Folco était surnommée « Marianne » puisque ses initiales étaient celles de la « République française », ce qui devint son pseudonyme dans la Résistance.
Après la guerre, elle s’occupa d’un mouvement de reclassement de jeunes filles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article113533, notice FOLCO Renée, Laurence, Baptistine par Louis Botella, Jacques Girault, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 19 août 2017, dernière modification le 22 août 2017.

Par Louis Botella, Jacques Girault, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Var, 4 M 54. — Arch. mun. Toulon, 60 W 26. — Arch. de la province dominicaine de Toulouse, ADPT série II, sous-sé́rie 5, Sainte-Baume, papiers Piprot d’Alleaume. — Dossier Internet : saintmaximin2008/PAGESWEB/HISTOIRE. —Jean-Marie Guillon, « Les dominicains de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume dans les turbulences des années de guerre (1940-1945) », texte à paraître dans les actes du colloque sur les Dominicains à Saint-Maximin (2016). — Témoignage de Gaston Havard.

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